Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Il dit : « Chaque fois que tu approfondis ta réflexion dans le miroir du repentir, la laideur répugnante du péché se révélera à toi. »

Il écrivit à ath-Thawri : « Celui qui sait ce qu’il recherche ne s’embarrasse pas de ce qu’il sacrifie ; celui qui laisse son regard vagabonder aura un long regret ; celui qui laisse son espoir démesuré corrompra ses actes ; et celui qui se laisse aller aux paroles causera sa propre perte. »

Quelqu’un parmi les gouverneurs (1) l’interrogea : « D’où provient ta subsistance ? » Il répondit en récitant :

« Nous rapiéçons notre monde en déchirant notre religion,
Alors ni notre religion ne subsiste, ni ce que nous tentons de colmater. »

Il citait souvent ces vers :

« À cause des maux dont le monde nous menace,
L’enfant pleure l’instant même où il est déposé (à la naissance).
Autrement, qu’aurait-il à pleurer de ce monde,
Qui est pourtant plus vaste et plus agréable que l’endroit où il se trouvait ?
À peine voit-il le monde qu’il s’écrie, comme s’il
Apercevait le mal qui l’attend et l’entendait déjà. » (2)

Il récitait également ces vers :

« J’ai vu que les péchés font mourir les cœurs,
Et que les fréquenter leur lègue l’humiliation.
Quitter les péchés redonne vie aux cœurs,
Se rebeller contre eux est le meilleur choix pour toi.
Rien n’a corrompu la religion si ce n’est les rois,
Les savants du mal et leurs moines.
Ils ont vendu leurs âmes sans en tirer profit,
Et la vente n’en a pas augmenté la valeur.
En vérité, ce peuple s’est repu d’une charogne,
Dont la puanteur est évidente pour toute personne sensée. » (3)

Il dit encore : « La véritable piété consiste à égaliser toutes les créatures dans ton cœur et à te détourner de leurs défauts pour t’occuper des tiens. Tu dois t’exprimer avec de belles paroles, issues d’un cœur humble devant un Seigneur majestueux. Réfléchis à ton propre péché et repens-toi auprès de ton Seigneur ; alors la piété germera dans ton cœur. Coupe toute convoitise hormis celle qui est placée en ton Seigneur. »

Il dit : « Ce n’est pas un signe d’amour que d’aimer ce que ton Bien-Aimé déteste. Notre Maître a blâmé ce monde, et pourtant nous l’avons loué ; Il l’a détesté… »

(1) Il s'agit d'Abū Jaʿfar al-Mansūr, comme indiqué dans Ḥilyat al-Awliyāʾ (8/10). La maison est attribuée à ʿAbd Allāh ibn al-Mubārak, et dans son dīwān, page 86, il y a les vers suivants : « Chaque jour, il te commence par une grâce… de lui, et toi, tu gaspilles la gratitude pour cela. » (2) Les vers sont de Ibn al-Rūmī et figurent dans son dīwān avec des termes proches, page 392. Il a aussi des vers avec la rime en -dāl, page 373 : « Lorsque le monde annonce ses épreuves… le bébé pleure à l’heure de sa naissance. Sinon, rien ne le ferait pleurer, et pourtant elle (la vie) est plus vaste que ce qu’il a connu et plus confortable. Quand il aperçoit le monde, il commence comme s’il… était menacé par ce qu’il va y rencontrer comme mal.» (3) Les vers sont de ʿAbd Allāh ibn al-Mubārak et figurent dans son dīwān, page 66.
وقال: إنَّك كلَّما أمعنتَ النظرَ في مرآةِ التَّوبة بانَ لك قُبْحُ شَيْنِ المعْصِيَة. وكتب إلى الثَّوْريّ: منْ عرَف ما يطلُب هانَ عليه ما يَبْذُل؛ ومنْ أطلَقَ بصرَهُ طالَ أسَفُه، ومن أطلَقَ أمَلَه ساء عمَلُه، ومن أطلق لسانَه قتَلَ نفسَه. وسأله بعضُ الولاة (١) : من أين مَعِيشتُك؟ فأنشأ يقول: نُرَقِّعُ دنيانا بتَمْزيقِ ديننا … فلا دِينُنا يَبْقَى ولا مَا نُرَقِّعُ وكان كثيرًا ما يتمَثَّلُ بهذه الأبيات: لِمَا تُوعِدُ الدُّنيا به من شُرورِها … يكونُ بكاءُ الطفلِ ساعةَ يوضَعُ وإلَّا فما يبكيهِ منها وإنَّها … لأرْوَحُ ممَّا كان فيه وأوْسَعُ إذا أبصرَ الدُّنيا استهلَّ كأنما … يرى ما سَيَلْقى من أذاها ويَسْمعُ (٢) وكان يتمثَّل أيضًا: رأيتُ الذنوبَ تُميتُ القلوبَ … ويُورِثُها الذُّلَّ إدْمَانُها وتركُ الذنوبِ حياةُ القلوبِ … وخيرٌ لنفسِكَ عِصْيَانُها وما أفسدَ الدينَ إلا الملوكُ … وأحْبَارُ سَوْءٍ ورُهْبانُها وباعوا النفوسَ فلم يَرْبَحوا … ولم تَغْلُ بالبيعِ أثْمَانُها لقد رَتَعَ القومُ في جيفةٍ … يبينُ لِذِي اللُّبِّ إنتانُها (٣) وقال: إنما الورعُ بتَسْويةِ كُلِّ الخلقِ في قلبِك، والاشتغال عن عُيوبِهم بذنبِك، وعليك باللَّفْظِ الجميل من قلبٍ ذَليل، لِرَبٍّ جَليل؛ فكرْ في ذنبِك وتُبْ إلى ربِّك، يَنْبُتِ الورَعُ في قلبِك؛ واقْطَعِ الطمعَ إلَّا من ربِّك. وقال: ليس من أعلامِ الحُبِّ أنْ تُحبَّ ما يُبْغضُهُ حَبيبُك؛ ذمَّ مولانا الدُّنيا فمَدَحْناها، وأبغَضَها
(١) هو أبو جعفر المنصور كما في حلية الأولياء (٨/ ١٠). وينسب البيت لعبد اللَّه بن المبارك، وهو في ديوانه ص (٨٦) وبعده: ففي كلِّ يوم يَبْتَديك بنعمةٍ … منه وأنت لشُّكْرِ ذاك مُضَيِّعُ (٢) الأبيات لابن الرومي وهي في ديوانه بألفاظ مقاربة ص (٣٩٢)، وله أيضًا بقافية الدال ص (٣٧٣): لمَا تُؤذن الدنيا به من صروفها … يكون بكاءُ الطفل ساعةَ يُولدُ وإلا فما يبكيه منها وإنها … لأفْسَحُ ممَّا كان فيه وأرْغَدُ إذا أبصرَ الدنيا اسْتَهلَّ كأنه … بما سوف يلقى من أذاها يُهدَّدُ (٣) الأبيات لعبد اللَّه بن المبارك وهي في ديوانه ص (٦٦).

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