Il dit : « Chaque fois que tu approfondis ta réflexion dans le miroir du repentir, la laideur répugnante du péché se révélera à toi. »
Il écrivit à ath-Thawri : « Celui qui sait ce qu’il recherche ne s’embarrasse pas de ce qu’il sacrifie ; celui qui laisse son regard vagabonder aura un long regret ; celui qui laisse son espoir démesuré corrompra ses actes ; et celui qui se laisse aller aux paroles causera sa propre perte. »
Quelqu’un parmi les gouverneurs (1) l’interrogea : « D’où provient ta subsistance ? » Il répondit en récitant :
« Nous rapiéçons notre monde en déchirant notre religion,
Alors ni notre religion ne subsiste, ni ce que nous tentons de colmater. »
Il citait souvent ces vers :
« À cause des maux dont le monde nous menace,
L’enfant pleure l’instant même où il est déposé (à la naissance).
Autrement, qu’aurait-il à pleurer de ce monde,
Qui est pourtant plus vaste et plus agréable que l’endroit où il se trouvait ?
À peine voit-il le monde qu’il s’écrie, comme s’il
Apercevait le mal qui l’attend et l’entendait déjà. » (2)
Il récitait également ces vers :
« J’ai vu que les péchés font mourir les cœurs,
Et que les fréquenter leur lègue l’humiliation.
Quitter les péchés redonne vie aux cœurs,
Se rebeller contre eux est le meilleur choix pour toi.
Rien n’a corrompu la religion si ce n’est les rois,
Les savants du mal et leurs moines.
Ils ont vendu leurs âmes sans en tirer profit,
Et la vente n’en a pas augmenté la valeur.
En vérité, ce peuple s’est repu d’une charogne,
Dont la puanteur est évidente pour toute personne sensée. » (3)
Il dit encore : « La véritable piété consiste à égaliser toutes les créatures dans ton cœur et à te détourner de leurs défauts pour t’occuper des tiens. Tu dois t’exprimer avec de belles paroles, issues d’un cœur humble devant un Seigneur majestueux. Réfléchis à ton propre péché et repens-toi auprès de ton Seigneur ; alors la piété germera dans ton cœur. Coupe toute convoitise hormis celle qui est placée en ton Seigneur. »
Il dit : « Ce n’est pas un signe d’amour que d’aimer ce que ton Bien-Aimé déteste. Notre Maître a blâmé ce monde, et pourtant nous l’avons loué ; Il l’a détesté… »