Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Un homme vint lui dire : « Heureux es-tu ! Tu as consacré ta vie à l’adoration, délaissant ce monde et les épouses ! » Il lui répondit : « As-tu une famille ? » L’autre répliqua : « Oui. » Alors il dit : « Il arrive parfois qu’un homme s’inquiète pour les siens face à la pauvreté ; cette frayeur, dans certaines situations, est préférable à des années et des années d’adoration. »

Al-Awza‘î le vit un jour à Beyrouth, portant sur son cou un fagot de bois. Il lui dit : « Ô Abû Ishâq, tes frères peuvent bien faire cela à ta place. » Ibrahim lui répondit : « Tais-toi, ô Abû ‘Amr ! En effet, j’ai appris que si un homme endure l’humiliation en s’efforçant de gagner licitement sa subsistance, le Paradis lui devient assuré. »

Ibrahim Ibn Adham quitta Bayt al-Maqdis (Jérusalem) et emprunta une route où une patrouille le saisit. Ses membres lui demandèrent : « Es-tu un esclave ? » Il dit : « Oui. » Ils ajoutèrent : « Esclave en fuite ? » Il dit : « Oui. » Ils l’emprisonnèrent. Mais la nouvelle parvint aux habitants de Jérusalem, qui vinrent en groupe se plaindre au représentant de Tibériade : « Pourquoi avoir emprisonné Ibrahim Ibn Adham ? » Celui-ci répondit : « Je ne l’ai pas emprisonné. » Ils dirent : « Pourtant, il est bien dans ta prison. » Le représentant le convoqua et lui demanda : « Pourquoi t’a-t-on mis en prison ? » Ibrahim répondit : « Demandez à la patrouille. » Les gardes reprirent : « Es-tu un esclave ? » Il répondit : « Oui, je suis l’esclave de Dieu. » Ils poursuivirent : « En fuite ? » Il répondit : « Oui, je fuis mes péchés. » Alors on le relâcha.

On rapporte encore qu’il voyageait un jour avec un groupe lorsque, soudain, un lion se dressa sur leur chemin. Ibrahim s’avança vers lui et déclara : « Ô lion, si tu as reçu un ordre divin à notre encontre, exécute-le ; sinon, retourne d’où tu viens. » On raconte que la bête se détourna aussitôt, la queue battant l’air, puis Ibrahim se tourna vers nous et dit : « Dites : “Ô Dieu, garde-nous sous Ton Regard qui ne dort point, abrite-nous sous Ta protection contre laquelle nul ne peut rien, traite-nous avec miséricorde selon Ton pouvoir sur nous : en Toi est notre espérance et nous ne saurions périr alors que nous nous en remettons à Toi. Ô Dieu, ô Dieu, ô Dieu.” » Khalaf Ibn Tamîm raconta : « Depuis que j’ai entendu cette prière, je ne cesse de la répéter et aucun voleur ni autre malfaiteur ne m’a plus jamais agressé. » De nombreux témoignages appuient d’ailleurs ce récit.

Il est également rapporté qu’une nuit, alors qu’Ibrahim priait, trois lions s’approchèrent de lui. L’un vint flairer ses vêtements puis s’en retourna se coucher à proximité, le second fit de même, puis le troisième, tandis qu’Ibrahim poursuivait sa prière. À l’approche de l’aube, il leur dit : « Si vous avez reçu un ordre à mon sujet, exécutez-le, sinon éloignez-vous. » Alors ils partirent.

Un jour, il gravit la montagne de La Mecque accompagné de quelques personnes. Il leur déclara : « Si l’un des amis de Dieu ordonnait à la montagne de se mouvoir, elle se déplacerait. » Aussitôt, la montagne (Abû Qubays) se mit à trembler. Il la frappa du pied en disant : « Calme-toi, je n’ai fait que donner un exemple à mes compagnons. »

Autrefois, il monta à bord d’un navire pris dans la tourmente des vagues qui s’élevaient de toutes parts. Ibrahim se couvrit la tête de son manteau et s’allongea, tandis que les autres se mirent à implorer Dieu en s’écriant. Ils le réveillèrent : « Ne vois-tu pas la détresse où nous sommes ? » Il répondit : « Ce n’est pas là la vraie détresse. La véritable détresse, c’est la dépendance à l’égard des gens. » Puis il invoqua : « Ô Dieu, Tu nous as montré Ta puissance, montre-nous donc Ton pardon. » Aussitôt, la mer devint calme comme un bol d’huile.

Le propriétaire du navire le pressa de payer deux dinars pour la traversée. Ibrahim lui dit : « Suis-moi et je te les donnerai. » Ils abordèrent sur une île. Ibrahim fit ses ablutions, accomplit deux unités de prière et implora Dieu. Alors l’endroit tout autour de lui se remplit de dinars. Il dit au propriétaire : « Prends ce qui t’est dû, sans rien ajouter, et ne révèle ce fait à personne. »

وقال له رجل: طوبَى لك! أفنيتَ عُمرَك في العبادة، وتركتَ الدنيا والزوجات! فقال: ألَكَ عِيَال؟ قال: نعم. فقال: لَرَوْعةُ الرجلِ بِعِيَالِه -يعني في بعض الأحيان- من الفاقَةِ أفضلُ من عبادةِ كذا وكذا سنة. ورآهُ الأوزاعيُّ ببيروت وعلى عُنقه حُزْمةُ حطَب، فقال: يا أبا إسحاق، إنَّ إخوانَكَ يَكْفُونَك هذا. فقال له: اسكُتْ يا أبا عمرو، فقد بلَغَني أنه إذا وُقف الرجلُ موقفَ مَذَلَّةٍ في طَلَبِ الحلال وجَبَتْ له الجنَّة. وخرج ابنُ أدهمَ من بيتِ المقدس، فمرَّ بطريق، فأخذَتْهُ المَسْلَحةُ في الطريق، فقالوا: أنتَ عبد؟ قال: نعم. قالوا: آبق؟ قال: نعم. فسَجَنوه، فبلَغَ أهلَ بيتِ المقدس خبَرُه، فجاؤوا بِرُمَّتِهمْ إلى نائبِ طَبَريَّة فقالوا: علامَ سجنتَ إبراهيم بن أدهم؟ قال: ما سَجَنْتُهُ. قالوا: بلَى، هو في سِجْنِك. فاستحضره، فقال: عَلامَ سُجنتَ؟ فقال: سَلِ الْمَسْلَحَة. قالوا: أنتَ عَبْد؟ قلت: نعم وأنا عبدُ اللَّه. قالوا: آبق؟ قلتُ: نعم، وأنا عبدٌ آبقٌ من ذنوبي. فخَلَّى سَبِيلَه. وذكروا أنَّهُ مَرَّ مع رُفْقَةٍ، فإذا الأسَدُ على الطريق، فتقدَّمَ إليه إبراهيمُ بن أدهم، فقال له: يا قَسْوَرَة، إنْ كنتَ أُمِرْتَ فينا بشيءٍ فامضِ لِمَا أُمِرْتَ به، وإلَّا فَعَوْدُكَ على بَدْئك. قالوا: فولَّى السَّبُعُ ذاهبًا يَضْربُ بذَنَبه؛ ثم أقبلَ علينا إبراهيمُ فقال: قولوا اللهمَّ راعِنا بِعَيْنكَ التي لا تَنَام، واكْنُفْنا بكَنَفِكَ الذي لا يُرام، وارْحَمْنَا بقُدْرَتِكَ علينا، ولا نَهْلِكُ وأنتَ رجاؤنا، يا اللَّه، يا اللَّه، يا اللَّه. قال خلفُ بنُ تَميم: فما زلتُ أقولُها منذُ سمعتُها، فما عَرضَ لي لِصٌّ ولا غيرُه. وقد رُوي لهذا شواهدُ من وجوهٍ أُخَر. ورُوي أنه كان يصلِّي ذاتَ ليلة، فجاءه أُسْدٌ ثلاثة، فتقدَّم إليه أحدُهم، فشَمَّ ثيابَهُ ثم ذهبَ فرَبَضَ قريبًا منه، وجاء الثاني ففعَلَ مثلَ ذلك، وجاء الثالثُ ففعل مثلَ ذلك، واستمرَّ إبراهيمُ في صلاتِه، فلمَّا كان وقتُ السَّحَر قال لهم: إنْ كنتُم أُمِرْتُمْ بشيء فهَلُمُّوا، وإلَّا فانصرِفوا. فانصرَفوا. وصَعِدَ مرَّةً جبلًا بمكَّة ومعه جماعة، فقال لهم لو أنَّ وليًّا من أولياءِ اللَّه قالَ لِجَبَل: زُلْ لَزالَ. فتحرَّك الجبلُ تحتَهُ، فوَكَزهُ بِرجْلِه وقال: اسْكُنْ، فإنَّما ضرَبْتُكَ مثلًا لأصحابي. وكان الجبلُ أبا قُبَيس. وركب مرَّة سفينةً، فأخذهُمُ الموجُ من كلِّ مكان، فلَفَّ إبراهيمُ رأسَهُ بكِسَالهِ واضْطَجَع، وعَجَّ أصحابُ السفينةِ بالضَّجيجِ والدُّعاء، وأيقظوه وقالوا: ألا تَرَى ما نحنُ فيه من الشِّدَّة؟ ! فقال: ليس هذه شِدَّة، وإنما الشِّدَّةُ الحاجةُ إلى الناس. ثم قال: اللهمَّ أرَيْتَنَا قُدْرَتَك، فأرِنَا عَفْوك. فصار البحرُ كأنه قدَحُ زَيْت. وكان قد طالبه صاحبُ السفينةِ بأُجْرَةِ حَمْلِهِ دينارَيْن، وألَحَّ عليه، فقال له: اذهَبْ معي حتى أعطيَكَ دينارَيْك. فأتى إلى جزيرةٍ في البحر، فتوضَّأ إبراهيمُ وصلَّى ركعتَيْن، ودَعَا، وإذا ما حَوْلهُ قد مُلئ دنانير، فقال له: خُذْ حَقَّك ولا تَزِدْ، ولا تذكُرْ هذا لأحد.

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies