L’imam ash-Shâfi‘î déclara : « Sans lui, on n’aurait pas connu le ḥadîth en Irak. »
L’imam Aḥmad affirma : « Il était une communauté à lui seul dans ce domaine, et nul ne lui ressemblait à son époque. »
Muḥammad ibn Saʿd dit : « Il était fiable, digne de confiance, un argument faisant autorité, et un spécialiste du ḥadîth. »
Wakîʿ commenta : « J’espère qu’Allāh élèvera le rang de Shuʿbah au paradis en récompense de sa défense du ḥadîth du Messager d’Allāh (ﷺ). »
Ṣāliḥ ibn Muḥammad Jazara dit : « Shuʿbah fut le premier à s’être exprimé à propos des rapporteurs (des ḥadîth) ; il fut suivi par Yaḥyā al-Qaṭṭān, puis Aḥmad et Ibn Maʿīn. »
Ibn al-Mahdī dit : « Je n’ai jamais vu plus sensé que Mālik, plus austère que Shuʿbah, plus sincère envers la communauté qu’Ibn al-Mubārak, ni plus grand mémorisateur du ḥadîth que ath-Thawrī. »
Muslim ibn Ibrāhīm témoigna : « Je n’entrai jamais chez Shuʿbah à l’heure de la prière sans le trouver en train de prier ; il était tel un père pour les pauvres, et une mère aussi. »
An-Naḍr ibn Shumayl déclara : « Je n’ai jamais vu quelqu’un de plus compatissant envers le misérable que lui. Lorsqu’il apercevait un pauvre, il ne le quittait pas des yeux avant qu’il eût disparu. »
D’autres dirent : « Je n’ai jamais vu quelqu’un de plus pieux que lui ! Il a tellement adoré Allāh que sa peau semblait collée à ses os. »
Yaḥyā al-Qaṭṭān raconta : « Je n’ai jamais vu plus tendre envers l’humble que lui ! Le pauvre entrait chez lui, et il lui donnait tout ce qu’il pouvait. »
Muḥammad ibn Saʿd et d’autres racontent qu’il mourut au début de l’an 160 de l’Hégire à Baṣra, à l’âge de soixante-dix-huit ans.
[Ensuite vint l’an 161 de l’Hégire]
Cette année-là, Thumāma ibn al-Walīd partit en expédition de ṣāʾifa, descendit à Dābiq, et les Byzantins se soulevèrent contre lui ; les musulmans ne purent donc y pénétrer.
Cette même année, le calife al-Mahdī ordonna de creuser des puits, de construire des réservoirs, ainsi que des châteaux sur la route de la Mecque. Il chargea Yaqṭīn ibn Mūsā de cette mission ; celui-ci continua son travail jusqu’en l’an 171 de l’Hégire, durant près de dix ans, si bien que la route du Hijāz au départ de l’Irak devint l’une des plus praticables, des plus sûres et des plus agréables.
La même année, al-Mahdī agrandit la grande mosquée de Baṣra du côté de la Qibla et de l’ouest. Il adressa par ailleurs des ordres à tous les territoires exigeant qu’il ne subsiste aucune « maqṣūra » dans une mosquée où l’on accomplit la prière en congrégation, et qu’on raccourcisse les chaires (minbars) à la mesure de la chaire du Messager d’Allāh (ﷺ). Il en fut ainsi dans toutes les cités. Au cours de cette même année, la position d’Abū ʿUbayd Allāh, le vizir d’al-Mahdī, déclina ; on découvrit sa trahison, et al-Mahdī lui adjoignit quelqu’un chargé de sa surveillance.