‘Abd ar-Razzâq (1) rapporta : « Ma‘mar nous transmit d’après az-Zuhrî, d’après Sinân ad-Dîlî (2), d’après Abû Wâqid al-Laythî qui a dit : “Nous sommes partis avec le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue) avant la bataille de Hunayn. Nous passâmes alors près d’un jujubier (sidra) (3), et nous dîmes : ‘Ô Messager de Dieu, désigne-nous une “Dhât Anwât”, comme les mécréants ont la leur.’ Or, les mécréants avaient l’habitude d’y suspendre leurs armes et de s’y regrouper en acte de dévotion.” » Le Prophète (que Dieu le bénisse et le salue) déclara alors : « Dieu est plus grand ! Voilà qui rappelle la parole des Enfants d’Israël à Moïse : “Fais-nous une divinité, comme ils ont des divinités” (Coran 7:138). Vous marchez assurément dans les traces de ceux qui vous ont précédés ! »
An-Nasâ’î (3) l’a également rapporté, selon la chaîne de transmission de Muhammad ibn Râfi‘ d’après ‘Abd ar-Razzâq (4), tandis qu’at-Tirmidhî (5) le tient de Sa‘îd ibn ‘Abd ar-Rahmân al-Makhzûmî, d’après Sufyân ibn ‘Uyaynah, d’après az-Zuhrî, selon la même autorité. At-Tirmidhî conclut : « Ce hadith est bon et authentique. »
Ibn Jarîr (6) l’a également rapporté selon le hadith de Muhammad ibn Ishâq, de Ma‘mar et de ‘Uqayl, d’après az-Zuhrî, d’après Sinân ibn Abî Sinân, d’après Abû Wâqid al-Laythî : « Lorsque nous sortîmes de La Mecque pour aller à Hunayn avec le Messager de Dieu (que Dieu le bénisse et le salue), nous savions que les mécréants détenaient un jujubier autour duquel ils se rassemblaient et sur lequel ils suspendaient leurs armes, qu’ils appelaient “Dhât Anwât”. Nous passâmes donc près d’un jujubier imposant et verdoyant, et nous dîmes : “Ô Messager de Dieu, désigne-nous une ‘Dhât Anwât’, comme ils en ont une.” » Le Prophète (que Dieu le bénisse et le salue) répondit : « Par Celui qui détient mon âme dans Sa main, vous venez de dire la même chose que ce qu’avait dit le peuple de Moïse à son égard : “Fais-nous une divinité, comme ils ont des divinités.” » Puis il cita le passage coranique : « (Moïse) dit : “Vous êtes assurément des gens dans l’ignorance. Tout ce qu’ils font est voué à la ruine, et ce qu’ils font est nul et non avenu” » (Coran 7:138).
L’idée à souligner est que, lorsque Moïse (sur lui la paix) quitta l’Égypte et se dirigea vers la Terre sainte, il y trouva des peuples parmi les géants hittites, fizarites, cananéens et autres. Il demanda alors à ses gens de pénétrer ces territoires, de combattre leurs habitants et de les en chasser, car Dieu avait décrété que cette terre leur reviendrait. Il leur en avait fait la promesse par la voix d’Ibrahim l’Ami (Khalîl) et de Moïse le noble confident (Kalîm). Cependant, ils refusèrent et se dérobèrent du combat. Dieu leur infligea donc la peur et les laissa errer dans le désert, allant et venant, s’installant et repartant, pendant de longues années, au nombre de quarante. C’est ce que suggère la parole divine : « (Et rappelle-toi) lorsque Moïse dit à son peuple : “Ô mon peuple, rappelez-vous la grâce de Dieu envers vous, quand Il a placé parmi vous des prophètes, fait de vous des rois et vous a accordé ce qu’Il n’a accordé à nul autre dans tout l’univers. Ô mon peuple, entrez dans la Terre sainte que Dieu vous a prescrite et ne faites pas marche arrière, sinon vous seriez perdants.” Ils dirent : “Ô Moïse, voici qu’un peuple de géants l’habite ! Nous n’y entrerons pas tant qu’ils n’en seront pas sortis. S’ils en sortent, alors nous y entrerons.” Deux hommes d’entre ceux qui… » (Coran 5:20-22).