Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Tous, vous avancez à pas lents… tous, vous cherchez une proie, sauf ‘Amr ibn ‘Ubayd.

On rapporte qu’Amr ibn ‘Ubayd récita au calife al-Mansur une poésie pour l’exhorter, où il disait :

« Ô toi que l’espoir a trompé ! Entre ce à quoi tu aspires, il y a la contrariété et l’échéance de la mort.
Ne vois-tu pas que ce bas monde et ses ornements ressemblent à l’escale d’une caravane ? On y fait halte, puis on reprend la route.
Ses fatalités veillent en embuscade, son existence est amère, sa pureté troublée et sa souveraineté change de mains.
Sans cesse, elle effraie ses habitants par des terreurs qui ne leur laissent ni repos ni argument.
On dirait qu’ils sont la cible de la mort et de la ruine, tandis que les “flèches du temps” ne cessent de les atteindre.
Elle les fait tourner selon le cycle de ses évènements : certains atteignent leur but, d’autres errent et trébuchent.
L’âme fuit, et la mort la traque ; et pour elle, toute chute est une lourde épreuve.
Quant à l’homme, il œuvre pour ce qu’il cédera à son héritier, mais c’est la tombe qui hérite de tout ce pour quoi il s’efforce. »

Selon Ibn Durayd, d’après al-Riyâshî, d’après Muhammad ibn Salâm : une servante d’al-Mansur vit un jour le vêtement du calife rapiécé. Elle s’exclama : « Un calife, et son habit est raccommodé ! » Il répondit : « Malheureuse ! N’as-tu pas entendu les propos d’Ibn Harma ?
“Il se peut qu’un jeune homme parvienne aux plus hauts honneurs
alors que son manteau est usé et qu’une partie de sa tunique est rapiécée.” »

Et voici quelques vers de lui, lorsqu’al-Mansur résolut d’exécuter Abû Muslim :

« Si tu as pris ta décision, sois résolu ;
car la pire forme de corruption du jugement est l’hésitation.
Ne laisse aucun répit aux ennemis, de peur qu’ils ne préparent une traîtrise ;
attaque-les avant qu’ils ne se dotent d’un moyen similaire pour le lendemain. »

(1) Dans les manuscrits (B, Q) : « تنتقل », et dans (H) : « تنتفل » ; la forme correcte se trouve dans al-Mudhish d’Ibn al-Jawzī, p. 194. (2) Dans le manuscrit (Q) : « تديره ما تجور به دوائرها », ce qui est une erreur ; dans (B) : « أردته », et dans (H) : « أرادته » ; la forme authentifiée est tirée de Tārīkh Baghdād et d’al-Mudhish. (3) Les vers dans leur totalité se trouvent dans Tārīkh Baghdād (tome 12, p. 166), al-Muntaẓam d’Ibn al-Jawzī (vol. 8, pp. 58-59), ainsi que dans al-Mudhish, p. 194, à l’exception du sixième vers. (4) Dans la copie (Q), le copiste a répété le rapport déjà mentionné à la page précédente, qui débute par « وَدَخَلَ بَعْضُ الزُّهَّادِ ». Cette répétition n’apparaît pas dans les manuscrits (B, H). (5) Le premier vers est cité dans Jumhūrat al-Amthāl (vol. 2, p. 50), ils figurent dans al-Ḥilla as-Siyārā (vol. 1, p. 34), al-Muntaẓam (vol. 8, p. 10), et Tārīkh al-Khulafāʾ, p. 268 ; ensuite dans al-Mustatraf (vol. 1, p. 167), attribué à ʿAlī (que la paix soit sur lui) : « Et si tu es résolu, exécute-le rapidement… Car le péché de la résolution, c’est de se laisser contraindre. » Ils rapportent « bi-qudrah » au lieu de « bi-ghidrah ».
كلُّكمْ يمشي رُوَيْدْ … كُلُّكُم يَطْلُبُ صَيْدْ غيرَ عَمْرِو بنِ عُبَيْد ويقال: إنَّ عمرو بن عبيد أنشد المنصورَ قصيدة في موعظتِهِ إياه وهي قوله: يا أيهذا الذي قد غَرَّهُ الأمَلُ … ودُونَ ما يأمُلُ التنغيصُ والأجَلُ ألا تَرَى أنَّما الدنيا وزينتها … كمَنْزِلِ الرَّكْبِ حَلُّوا ثُمَّتَ ارتحلوا حُتُوفُها رَصَدٌ وعَيشُها نَكَدٌ … وصَفوُهُا كَدَرٌ ومُلْكُها دُوَلُ تظَلُّ تُفْزِعُ بالرَّوْعاتِ ساكنَها … فما يَسُوغُ له لِينٌ ولا جَدَلُ كأنَّهُ للمنَايا والرَّدَى غَرَضٌ … تظلُّ فيه بناتُ الدَّهْر تَنْتَضِلُ (١) تُدِيرُهُ ما أدارَتْه (٢) دوائرها … منها المصيبُ ومنها المخطئُ الزَّلِلُ والنفسُ هاربةٌ والموتُ يطلبُها … وكلُّ عَثْرَةِ رِجلٍ عندَها جَلَلُ والمرءُ يسعى بما يسعى لوارِثِهِ … والقبرُ وارثُ ما يَسْعَى له الرجل (٣) وقال ابن دُريد عن الرِّياشي، عن محمد بن سلام، قال: رأتْ جاريةٌ للمنصور ثوبَهُ مرقوعًا، فقالتْ: خليفةٌ وقميصُهُ مَرْقوع! فقال: ويحك! أمَا سمعتِ ما قاله ابنُ هَرْمَة: قد يُدرِكُ الشرفَ الفتى ورداؤه … خَلَقٌ وبعضُ قميصِهِ مَرْقوعُ ومن (٤) شعرِهِ لَمَّا عزَمَ على قتلِ أبي مسلم: إذا كنتَ ذا رأيٍ فكُنْ ذا عَزِيْمَةٍ … فإنَّ فسادَ الرأيِ أنْ يترَدَّدا ولا تُمْهِلِ الأعداءَ يومًا لِغَدْرَةٍ … وبادِرْهُمُ أنْ يَمْلِكوا مثلَها غَدا (٥)
(١) في (ب، ق): تنتقل، وفي (ح): تنتفل، والمثبت من المدهش لابن الجوزي ص (١٩٤). (٢) في (ق): "تديره ما تجور به دوائرها"، وهو خطأ، وفي (ب): "أردته"، وفي (ح): "أرادته"، والمثبت من تاريخ بغداد والمدهش. (٣) الأبيات بتمامها في تاريخ بغداد (١٢/ ١٦٦)، والمنتظم لابن الجوزي (٨/ ٥٨، ٥٩)، وفي المدهش ص (١٩٤) ما عدا البيت السادس. (٤) في نسخة (ق) كرَّر الناسخ الخبر الذي مضى في الصفحة السابقة الذي يبتدئ بقوله: "ودخل بعض الزهاد". وليس هذا التكرار في (ب، ح). (٥) البيت الأول في جمهرة الأمثال (٢/ ٥٠)، وهما في الحلة السيراء (١/ ٣٤)، والمنتظم (٨/ ١٠)، وتاريخ الخلفاء ص (٢٦٨)، وبعده في المستطرف (١/ ١٦٧) منسوبًا إلى علي ﵁ : وإن كنت ذا عزمٍ فأنفِذْهُ عاجلًا … فإنَّ فسادَ العَزْمِ أن يتقيَّدا. وروايتهم "بقدرة" بدل "بغدرة".

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