Et la terre devint alors sèche (1). L’eau se dressa de part et d’autre comme deux montagnes, et la terre entre les deux fut asséchée, car Dieu avait déchaîné sur elle un vent du sud et un vent brûlant (2). Les Enfants d’Israël traversèrent la mer, et Pharaon avec son armée les poursuivirent. Quand ils furent parvenus au milieu (3), Dieu ordonna à Moïse de frapper la mer avec son bâton (4). L’eau revint alors comme auparavant et se referma sur eux.
Cependant, d’après les Gens du Livre, cela se serait passé de nuit et les flots seraient revenus sur eux au matin. C’est là une de leurs erreurs et un défaut de compréhension dans leur interprétation — Dieu est plus savant.
Ils ont dit : « Lorsque Dieu, exalté soit-Il, noya Pharaon et ses soldats, alors Moïse et les Enfants d’Israël élevèrent cette louange envers le Seigneur et déclarèrent : “Nous chantons la gloire du Seigneur majestueux, qui a vaincu les armées et rejeté leurs cavaliers dans la mer, lui, le Sublime et le Digne de louange.” » Il s’agit d’un long cantique.
Ils ont rapporté aussi que Marie la “prophétesse” (5), sœur d’Aaron, prit un tambourin dans sa main et que toutes les femmes sortirent à sa suite, munies de tambourins et de tambours. Marie entonna pour elles un chant en disant : « Gloire au Seigneur Tout-Puissant qui a terrassé les chevaux et leurs cavaliers, en les précipitant dans la mer. » C’est ainsi que je l’ai vu dans leur livre.
Peut-être est-ce l’une des raisons qui ont poussé Muhammad ibn Ka‘b al-Qurazî à prétendre que Marie, fille d’Imrân, la mère de Jésus, serait la sœur d’Aaron et de Moïse, en se basant également sur la parole : « Ô sœur d’Aaron » (Maryam, 28). Nous avons déjà expliqué son erreur à ce sujet : cela ne peut être accepté et nul ne le suit dans cette opinion. Tous l’y contredisent. Et même si l’on supposait que ce récit soit transmis, alors cette “Marie” fille d’Imrân, sœur de Moïse et d’Aaron (que la paix soit sur eux), serait différente de Marie mère de Jésus (que la paix soit sur lui), malgré leur ressemblance dans le nom, dans celui de leur père et dans celui de leur frère. Car, comme le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) l’a précisé à al-Mughîra ibn Shu‘ba, lorsque les habitants de Najrân l’interrogèrent sur l’expression « Ô sœur d’Aaron » sans qu’il sache quoi leur répondre, il interrogea le Prophète (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui), qui dit : « Ne sais-tu pas qu’ils donnaient aux gens le nom de leurs prophètes ? » (rapporté par Muslim) (6).
Quant à leur usage du mot “prophétesse” pour elle, c’est à l’instar de l’usage de “reine” pour une femme issue d’une maison royale, ou “émir” pour une femme issue d’une famille princière, même si elle ne détient pas directement cette fonction ; cela relève donc de la métaphore et ne signifie pas qu’elle fût réellement investie de la prophétie et bénéficiait de la Révélation.
De plus, son fait de frapper du tambourin en ce jour, considéré comme la plus grande de leurs fêtes, montre que, dans la Loi de ceux qui nous ont précédés, il était autorisé de battre du tambourin lors des célébrations. C’est également une pratique prescrite chez nous pour les femmes, comme en témoigne le hadith à propos des deux jeunes filles qui, à la maison de ‘Aïcha, jouaient du tambourin pendant les jours de Mina, alors que le Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui) était allongé, le dos tourné vers elles, le visage dirigé contre le mur. Puis Abou Bakr entra et les réprimanda en disant : « Avec un instrument de musique ?… »