« Fût-il blanc, qu’il s’agisse d’un garçon ou d’une fille. Il tira cela de la parole du Prophète (– paix sur lui –) : “Une ‘ghurra’, c’est-à-dire un esclave ou une servante.” (1) S’il était question de n’importe quel esclave ou servante, on ne l’aurait pas restreint au mot “ghurra”, car “ghurra” signifie la blancheur. Ibn Khallicân déclara : “Voilà qui est étrange, et je ne sais pas si cela concorde ou non avec l’avis de l’un des imams moudjtahidines.”
On rapporte également qu’il ne récitait pas un seul vers de poésie dès l’entrée du mois de Ramadan jusqu’à sa fin, et qu’il se consacrait à la lecture du Coran. On raconte aussi qu’il achetait chaque jour un nouveau pichet d’eau et du basilic frais. Al-Asma‘î l’aurait accompagné pendant une dizaine d’années. Sa mort survint cette année-là, bien que certains la situent en 156 ou 157 de l’Hégire — Dieu sait mieux ce qu’il en est. Il était alors proche de quatre-vingt-dix ans, et d’autres disent qu’il les avait dépassés — Dieu sait mieux. Quant à sa tombe, certains la situent en Syrie et d’autres à Koufa — Dieu sait mieux.
Ibn ‘Asâkir (2) rapporte, dans la biographie de Sâlih ibn ‘Alî ibn ‘Abd Allâh ibn al-‘Abbâs, ce hadith remontant à son père et son grand-père ‘Abd Allâh ibn ‘Abbâs, qui l’aurait attribué au Prophète : “Que l’un d’entre vous élève après l’an 154 de l’Hégire un chiot est préférable à élever un enfant issu de ses reins.” Ceci est fort répréhensible, et la chaîne de transmission suscite la critique. Il le mentionne avec la voie de transmission de Tammâm, d’après Khaythama ibn Sulaymân, d’après Muhammad ibn ‘Awf al-Himsi, d’après Abû al-Mughîra, d’après ‘Abd Allâh ibn al-Samt, d’après Sâlih. Or, je ne connais pas ce ‘Abd Allâh ibn al-Samt. Notre maître, le hâfid adh-Dhahabî, le mentionne dans son Mîzân (3), en disant qu’il a rapporté de Sâlih ibn ‘Alî un hadith forgé.
[Ensuite débuta l’an 155 de l’Hégire]
Cette année-là, Yazîd ibn Hâtim entra en Ifrîqiya et la reconquit à nouveau. Il tua ceux qui s’en étaient emparés parmi les kharijites, exécuta leurs chefs, fit prisonniers leurs notables, humilia leurs nobles, leur brisa l’échine, dispersa leurs troupes et remplaça la peur qu’éprouvaient les gens de ces contrées par la sécurité et la sérénité, leur substituant le respect à la honte. »