Ibn Jarîr (1) a dit : « On rapporte d’‘Îsâ ibn al-Manṣûr qu’il a déclaré : “J’ai trouvé dans les trésors d’al-Manṣûr, dans certains écrits, qu’il avait dépensé pour la construction de Madînat as-Salâm, de sa grande mosquée, de son Palais d’Or, de ses marchés, de ses faṣlân, de ses fossés et de ses coupoles, quatre mille [mille], huit cents quatre-vingt-trois mille dirhams. Le salaire quotidien du maître parmi les bâtisseurs était d’un qîrâṭ d’argent, tandis que le salaire de l’ouvrier allait de deux à trois ḥabbah.” »
Al-Khaṭîb al-Baghdâdî (2) a dit : « J’ai vu cela mentionné dans certains livres. » Il rapporta également d’autres propos selon lesquels on aurait dépensé dix-huit mille mille (18 000 000). Dieu le sait mieux.
Ibn Jarîr (3) mentionne qu’al-Manṣûr négocia à la baisse avec l’un des architectes qui avait construit une belle demeure dans le Palais de l’Émirat, lui retranchant un dirham de la somme dont ils étaient convenus. Il rendit aussi des comptes à l’un de ses fonctionnaires au sujet de ce qui se trouvait en sa possession, découvrant un surplus de quinze dirhams. Il le fit alors emprisonner jusqu’à ce qu’il apporte ces dirhams et les lui remette, car il était très avare.
Al-Khaṭîb (4) a dit : « Il (al-Manṣûr) l’a bâtie de forme circulaire ; on ne connaît aucune ville circulaire dans l’ensemble des contrées hormis celle-là. Ses fondations furent posées au moment choisi par Nawbakht l’astrologue. » Puis il mentionna qu’un astrologue a dit : « Lorsque al-Manṣûr acheva la construction de Bagdad, il me demanda d’en prendre l’ascendant. J’examinai alors son ascendant et constatai que Jupiter se trouvait dans le signe du Sagittaire. Je l’informai de ce que la position des astres indiquait quant à la longue durée de la ville, l’abondance de ses constructions, l’afflux du monde entier vers elle et la nécessité pour les gens de recourir à ce qui s’y trouve.
Puis je lui dis : “Je t’annonce aussi, ô Commandeur des croyants, qu’aucun calife n’y mourra jamais.” » Il poursuivit : « Je le vis esquisser un sourire, puis il déclara : “Louange à Dieu, (C’est) la grâce de Dieu, Il la donne à qui Il veut ; et Dieu est Le Détenteur d’une immense grâce.” (cf. al-Ḥadîd : 21 et al-Jumuʿah : 4). » On rapporte qu’un poète composa à ce sujet des vers, dont :
« Son Seigneur a décrété qu’aucun calife ne mourrait en son sein…
Il accomplit ce qu’Il veut dans Sa création » (5).
Al-Khaṭîb s’en est tenu à cette erreur, l’a entérinée et ne l’a pas réfutée du tout, bien qu’il en fût conscient et bien informé (6).
Il (7) a dit : « Certains affirment qu’al-Amîn fut tué dans Darb al-Anbâr, partie de la ville. J’en fis mention au qâḍî Abû al-Qâsim… »