Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Au cours de cette année, les Turcs et les Khazars sortirent par Bāb al-Abwāb et massacrèrent un grand nombre de musulmans en Arménie. Cette même année, la foule accomplit le pèlerinage sous la direction de Sariy ibn ‘Abd Allâh ibn al-Hârith ibn ‘Abbâs ibn ‘Abd al-Muttalib, gouverneur de La Mecque. Le gouverneur de Médine était alors ‘Abd Allâh ibn al-Rabî‘ al-Hârithî, celui de Kûfa ‘Îsâ ibn Mûsâ, celui de Bassora Salm ibn Qutayba, tandis que l’Égypte était administrée par Yazîd ibn Hâtim.

[Puis arriva l’an cent quarante-six (146) de l’Hégire.]

Au cours de cette année, la construction de la “Cité de la Paix” à Bagdad fut achevée. Al-Manṣûr s’y installa au mois de Ṣafar de ladite année, lui qui avait jusqu’alors élu résidence à al-Hâshimiyya, voisine de Kûfa. Il avait déjà entrepris de bâtir la ville l’année précédente, et selon d’autres sources, en 144 de l’Hégire. Dieu est plus savant.

Le motif qui le poussa à édifier cette cité fut la rébellion des Râwandiyya contre lui à Kûfa; Dieu le préserva de leur mal, mais il en resta tout de même un groupe dont il craignait la menace sur son armée. Il quitta alors Kûfa pour repérer un emplacement adéquat à la construction d’une ville. Il parcourut le pays jusqu’à atteindre la Jazîra (Mésopotamie), sans trouver de lieu mieux adapté pour une cité que celui de Bagdad, où elle se trouve aujourd’hui. En effet, on pouvait s’y rendre matin et soir avec les biens de la région aussi bien par voie terrestre que fluviale, et elle était fortifiée par le Tigre et l’Euphrate de tous côtés. Personne ne pouvait parvenir au siège du calife sans traverser un pont. Al-Manṣûr passa lui-même quelques nuits sur les lieux avant d’initier la construction, et observa que les vents y soufflaient nuit et jour (1) sans tourbillons ni poussière. Il fut séduit par la douceur de l’endroit et la pureté de son air. Il y avait autrefois, sur ce site, des villages et des monastères d’ascètes chrétiens et autres. Abû Ja‘far ibn Jarîr (2) les mentionne de manière détaillée, en précisant leurs noms et leur nombre.

C’est alors qu’al-Manṣûr ordonna le traçage initial de la ville : on en dessina le plan à même le sol avec de la cendre, et il parcourut lui-même ses rues et ses voies, puis trouva le résultat à son goût. Il divisa ensuite la cité en quatre quartiers, qu’il confia chacun à un émir chargé de veiller à sa construction. Il convoqua d’innombrables ouvriers (3), artisans et ingénieurs de toutes les régions, si bien que des milliers d’entre eux se rassemblèrent auprès de lui. Il fut le premier à poser, de sa main, une brique en déclarant : « Au nom de Dieu, louange à Dieu… (Coran 7 : 128) “La terre appartient à Dieu ; Il en fait héritier qui Il veut parmi Ses serviteurs ; et la fin est favorable à ceux qui craignent [Dieu].” » Puis il ajouta : « Bâtissez, avec la bénédiction de Dieu. » Il ordonna ensuite que la ville soit édifiée en forme circulaire ; le rempart de sa muraille devait mesurer cinquante coudées d’épaisseur à la base, et vingt coudées dans sa partie supérieure.

= La partie inférieure est étroite et la partie supérieure, son remplissage est l’emplacement des jeunes pousses tassées ; sa surface extérieure est en feuilles de palmier tressées selon la technique des paniers en feuilles de palmier. Dans le texte canonique : le qaf‘a est une sorte de récipient fabriqué en feuilles de palmier ressemblant à un panier mais pas de grande taille, sans lanières, dans lequel on récolte les fruits et autres, appelé aussi « al-‘irq al-quffa ». Ibn al-‘Arabī a dit : « al-qaf‘ et al-qifāf ; le singulier est qaf‘a ». Et Muhammad ibn Yahyā a dit : « al-qaf‘a al-julla selon le langage du Yémen sert à porter le coton. » (1) Entre crochets, les variantes singulières proposées uniquement dans (Q). (2) Dans son histoire (4/478). (3) Dans (B, H) : « fa‘ūlā », et la lecture confirmée est dans (Q).
وفيها خرج التُّرك والخَزَر ببابِ الأبواب، فقتلوا من المسلمين بأرمينيةَ جماعةً كثيرة، وحجَّ بالناس في هذه السنةِ [السريُّ بن عبد اللّه بن الحارث بن عباس بن عبد المطلب نائب مكة، وكان، نائب المدينة عبدُ اللّه بن الربيع الحارثي، وعلى الكوفة عيسى بن موسى، وعلى البصرة سلم بن قُتيبة، وعلى مصر يزيدُ بن حاتم. [ثم دخلت سنة ست وأربعين ومئة] فيها تكامل بناءُ مدينةِ السلام ببغداد، وسكنها المنصور في صفر من هذهِ السنة، وكان مقيمًا قبلَ ذلك بالهاشميَّة المتاخمةِ للكوفة، وكان قد شَرَعَ في بنائِها في السنةِ الخارجة، وقيل في سنةِ أربع وأربعين ومئة. فاللّه أعلم. وقد كان السبَبُ الباعثُ له على بنائها أنَّ الرَّاوَنْديَّة لمَّا وثبوا عليهِ بالكوفة، ووقاهُ اللّه شرَّهم، بقيَتْ منهم بقيَّة، فخَشِيَ على جُنده، فخرج من الكوفةِ يَرْتادُ لهم موضعًا لبناء مدينة؛ فسار في الأرض حتى بلَغَ الجزيرة، فلم يرَ موضعًا أحسنَ لوضعِ المدينةِ من موضعِ بغدادَ الذي هي فيه الآن؛ وذلك بأنَّهُ موضعٌ يُغدَى إليه ويُرَاحُ بخيراتِ ما حَوْلهُ في البرِّ والبحر، وهو مُحَصَّنٌ بدِجْلَةَ والفُرات، من هاهنا وهاهنا، لا يقدِرُ أحدٌ أنْ يتواصل إلى موضعِ الخليفةِ إلَّا على جِسْر؛ وقد بات به المنصورُ قبلَ بنائِه ليالي، فرأى الرياحَ تَهُبُّ بهِ ليلًا ونهارًا [من غير انجعارٍ ولا غُبَار] (١) ؛ ورأى طيبَ تلك البُقعة، وطيبَ هوائها، وقد كان في موضعِها قُرًى وديورٌ لِعُبَّادِ النَّصَارى وغيرِهم. ذكر ذلك مفصَّلًا بأسمائه وتَعْدادِه أبو جعفر بنُ جَرير (٢) ؛ فحينئذ أمر المنصور باختطاطِها، فرسموها له بالرَّماد، فمشى في طُرقِها ومسالِكها، فأعجبه ذلك، ثم سلَّم كلَّ رُبع منها لأميرٍ يقومُ على بنائه، وأحضر من كلِّ البلادِ فُعَّالًا (٣) وصُنَّاعًا ومهندسين، فاجتمع عنده ألوفٌ منهم، ثم كان هو أوَّلَ منْ وضع لَبنةً فيها بيدِه، وقال: بسم اللّه والحمدُ للّه ﴿إِنَّ الْأَرْضَ لِلَّهِ يُورِثُهَا مَنْ يَشَاءُ مِنْ عِبَادِهِ وَالْعَاقِبَةُ لِلْمُتَّقِينَ﴾ [الأعراف: ١٢٨] . ثم قال: ابنوا على بَرَكةِ اللّه. وأمر ببنائها مُدَوَّرَةً، سَمْكُ سورِها من أسفلِهِ خمسون ذراعًا، ومن أعلاه عشرون ذراعًا،
= الأسفل ضَيِّقَ الأعلى، حَشْوُها مكانَ الحَلْفَاءِ عَراجينُ تُدَقُّ، وظاهرها خُوص على عمَلِ سلالِ الخوص. وفي المحكم: القَفْعةُ هنةٌ تُتَّخذُ من خوص تشبه الزَّبيلَ ليس بالكبير، لا عُرى لها، يُجْنى فيها الثمر ونحوه وتسمى بالعِراق القُفّة. وقال ابن الأعرابي: القَفْع القِفافُ، واحدتُها قَفْعةٌ. وقال محمد بن يحيى: القَفْعة الجُلّة بلغة اليمن يحمل فيها القطن. (١) ما بين معقوفين انفردت فيه (ق). (٢) في تاريخه (٤/ ٤٧٨). (٣) في (ب، ح): "فعولا"، والمثبت من (ق).

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