Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Al-Mansour les captura – lui et les membres de sa famille – les menottes aux mains et aux pieds, humiliés, depuis Médine jusqu’à al-Hachimiya. Il les fit enfermer dans une prison étroite, comme nous l’avons déjà mentionné, et la plupart d’entre eux y moururent. Abdullah ibn Hassan fut le premier à y mourir après que Muhammad se fut soulevé à Médine. On rapporte qu’il aurait été tué volontairement en prison, et qu’il était alors âgé de soixante-quinze ans. Son demi-frère, Al-Hassan ibn Al-Hassan ibn Ali, fit la prière funéraire sur lui. Puis son frère Hassan mourut à son tour, et son demi-frère, Muhammad ibn Abdullah ibn Omar ibn Othmân ibn Affân, fit la prière funéraire sur lui. Ensuite, ils furent tous deux exécutés et leurs têtes furent emportées au Khorassan, comme il a été précédemment mentionné.

Quant à son fils, Muhammad ibn Abdullah ibn Hassan ibn Hassan ibn Ali ibn Abi Tâlib (1), qui se souleva à Médine, il transmit des traditions de son père, ainsi que de Nâfi‘ et d’Abu’z-Zinâd, d’après al-A‘râj, d’après Abu Hurayra, au sujet de la manière de s’incliner vers la prosternation. Un groupe de rapporteurs a également transmis ses récits. An-Nassâ’î et Ibn Hibbân l’ont tenu pour fiable, tandis que Al-Boukhârî a jugé qu’on ne trouvait pas d’autres chaînes de transmission confirmant ses hadiths. Il est également rapporté que sa mère l’aurait porté durant quatre ans. C’était un homme grand, de forte corpulence, brun, imposant et respecté, animé d’une grande ambition, d’une puissance d’autorité élevée et d’un courage éclatant. Il fut tué à Médine à la mi-Ramadan de l’an 145 de l’Hégire, âgé de quarante-cinq ans. Sa tête fut portée à Al-Mansour, et elle fut exhibée à travers diverses régions.

Son frère Ibrâhîm se manifesta à Bassora après le soulèvement de son aîné à Médine, et il fut tué après la mort de ce dernier, au mois de Dhou al-Hijja de cette même année. Aucune de ses traditions ne figure dans les six recueils canoniques. Abou Dâwoud as-Sidjistânî rapporte d’Abou ‘Awâna qu’il déclara : « Ibrâhîm et son frère Muhammad étaient deux kharijites » (2). Abou Dâwoud répondit : « Ce n’est pas exact, c’est l’avis des zaydites. » J’ajoute que plusieurs savants et imams ont soutenu leur soulèvement, mais cela mérite examen. Dieu est plus savant.

Cette année-là, parmi les notables et personnalités décédés figurent : Al-Ajlah ibn Abdullah, Ismâ‘îl ibn Abî Khâlid (selon une version), Habîb ibn ash-Shahîd, ‘Abd al-Malik ibn Abî Sulaymân, ainsi que ‘Amr, affranchi de ‘Afrâ.

(1) Le nom complet indique la filiation jusqu’à Ali ibn Abi Tâlib.
(2) Le terme « kharijite » qualifie ici un courant politico-religieux dissident, mais l’auteur nuance cette assertion.

(1) Sa biographie se trouve dans al-Thiqāt d'Ibn Ḥibbān (9/40), Tahdhīb al-Kamāl (25/645), al-Mughni fī al-Ḍuʿafāʾ (2/596), al-Kāshif (2/185), al-Muqtaṇā fī Sird al-Kunā (1/452), Lisān al-Mīzān (7/363), et Taqrīb al-Tahdhīb, p. 487. (2) Dans Q : « ḫārijīn » ; dans B, Ḥ : « ḫārijiyān ».
وأخذهُ المنصورُ وأهلَ بيتِهِ مقيَّدين مغلولين مُهانينَ من المدينةِ إلى الهاشميَّة، فأودعهُمُ السِّجنَ الضيق - كما قدَّمنا - فماتَ أكثرُهم فيه، فكان عبدُ الله بن حسن هذا أولَ منْ ماتَ فيه بعدَ خروج محمدٍ بالمدينة. وقد قيل: إنه قُتل في السجن عمدًا، وكان عمرُه يومَ مات خمسًا وسبعين سنة؛ وصلَّى عليه أخوهُ لأمِّهِ الحسنُ بن الحسن بن علي، ثم ماتَ بعدَهُ أخوه حسن، فصلَّى عليه أخوه لأمِّه محمد بن عبد الله بن عمر بن عثمان بن عفان، ثم قُتل بعدَهما وحُمل رأسُهُم إلى خُراسان كما تقدَّم. وأمَّا ابنُه: محمد بن عبد الله بن حسن بن حسن بن علي ين أبي طالب (١) : الذي خرج بالمدينة، فروى عن أبيه، ونافع، وعن أبي الزِّناد، عن الأعرج، عن أبي هريرة، في كيفيَّةِ الهُويِّ إلى السُّجود. وحدَّث عنه جماعةٌ. ووثقه النسائي وابنُ حئان، وقال البخاري: لا يُتابع حدِيثه؛ وقد ذكر أن أُمَّه حملَتْ به أربعَ سنين، وكان طويلًا سمينًا أسمرَ ضَخْمًا، مُفَخَّمًا، ذا هِمَّةٍ سامية، وسَطْوةٍ عالية، وشجاعةٍ باهرة، قُتل بالمدينةِ في مُنتصَفِ رمضان، سنةَ خمس وأربعين ومئة، وله خمسٌ وأربعون سنة. وقد حملوا برأسِهِ إلى المنصور، وطِيف به في الأقاليم. وأما أخوه إبراهيم فكان ظهورُه بالبصرةِ بعد ظهورِ أخيهِ بالمدينة، وكان مقتَلُه بعدَ مقتلِ أخيه في ذي الحِجَّة من هذه السنة، وليس له شيءٌ في الكتبِ الستَّة. وحكى أبو داود السِّجسْتاني عن أبي عوانة أنه قال: كان إبراهيمُ وأخوهُ محمد خارجِيَّيْن (٢) . قال داود: ليس كما قال، هذا رأيُ الزيديَّة. قلتُ: وقد حُكي عن جماعةٍ من العلماءِ والأئمة أنهم مالوا إلى ظهورِهما. وفي هذا نظر، والله أعلم. وفيها تُوفِّي من المشاهيرِ والأعيان: الأجلحُ بن عبدِ اللّه. وإسماعيلُ بنُ أبي خالد - في قول -. وحبيب بن الشهيد. وعبد الملك بن أبي سليمان. وعمرو مولى عَفْرة.
(١) ترجمته في الثقات لابن حبان (٩/ ٤٠)، تهذيب الكمال (٢٥/ ٦٤٥)، المغني في الضعفاء (٢/ ٥٩٦)، الكاشف (٢/ ١٨٥)، المقتنى في سرد الكنى (١/ ٤٥٢)، لسان الميزان (٧/ ٣٦٣)، تقريب التهذيب ص (٤٨٧). (٢) في (ق): "خارجين"، وفي (ب، ح): "خارجيان".

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