Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Salih, l’affranchi d’al-Mansur, raconta : « Lorsque la tête d’Ibrahim fut apportée, al-Mansur tint une séance publique. Les gens entraient pour le féliciter, critiquaient Ibrahim et ont tenu contre lui des propos infamants, cherchant à complaire à al-Mansur. Celui-ci gardait le silence, le teint changé, sans prononcer un mot, jusqu’à l’arrivée de Ja‘far ibn Hanzala al-Bahrani. Ce dernier se tint devant lui, le salua, puis déclara : “Qu’Allah augmente ta rétribution, ô Commandeur des croyants, à la suite de la perte de ton cousin, et qu’Il lui pardonne tout manquement envers tes droits.” Alors, le visage d’al-Mansur pâlit, il se tourna vers lui et lui dit : “Ô Abû Khalid, sois le bienvenu, approche-toi et assieds-toi ici.” Les gens comprirent que ces paroles lui plaisaient. Dès lors, quiconque entrait reprenait le même propos que Ja‘far ibn Hanzala. »

Abû Nu‘aym al-Fadl ibn Dukayn rapporta : « Ibrahim fut tué un jeudi, cinq jours avant la fin du mois de Dhu al-Hijja de cette année-là. »

Il est fait mention ici de ceux parmi les notables qui décédèrent cette année : Parmi les éminents membres de la Famille (du Prophète), ‘Abd Allah ibn Hasan, ainsi que ses deux fils Muhammad et Ibrahim, son frère Hasan ibn Hasan, et son frère utérin Muhammad ibn ‘Abd Allah ibn ‘Amr ibn ‘Uthman ibn ‘Affan, surnommé “al-Dibaj”, dont la biographie a déjà été présentée (1).

Quant à son autre frère, ‘Abd Allah ibn Hasan ibn Hasan ibn ‘Ali ibn Abî Tâlib (2), c’était un Qurayshite Hachémite, considéré comme Tâbi‘î. Il transmit des récits de son père, de sa mère Fâtima bint al-Husayn, de ‘Abd Allah ibn Ja‘far ibn Abî Tâlib — qui était un Compagnon éminent — et d’autres encore. Plusieurs rapporteurs recueillirent ses propos, parmi lesquels Sufyân al-Thawrî, al-Darawardî et Mâlik. Il était très estimé des savants et reconnu pour son grand dévouement, jouissant d’un rang élevé.

Yahyâ ibn Ma‘în déclara à son sujet : « Il était digne de confiance (thiqah) et véridique. » Il se rendit auprès de ‘Umar ibn ‘Abd al-‘Azîz, qui l’honora, puis auprès d’al-Saffâh, qui le combla et lui offrit un million de dirhams. Mais lorsque al-Mansur accéda au pouvoir, il le traita de manière opposée, ainsi que ses fils et toute sa famille. Ils partirent ainsi tous et se retrouvèrent auprès de Dieu – Exalté soit-Il –.

= [Ce voyant, s'il a eu raison dans une question, s'est trompé en beaucoup d'autres ; ils sont des menteurs et des incroyants ; Mansour était dans l'égarement avec ce voyant. Et il a transmis aux rois la croyance aux paroles des voyants, ce qui est un égarement non permis]. (1) Voir p. 316 de ce volume. (2) Sa biographie se trouve dans al-Tarikh al-Kabir (5/71), Mashahir ʿUlama al-Amsar (1/127), al-Thiqat d'Ibn Hibban (7/1), Tarikh Baghdad (9/431), al-Kashif d'al-Dhahabi (1/545), Tahdhib al-Kamal (14/414), Tabaqat al-Hanafiya (1/454).
وذكر صالح مولى المنصور قال: لما جيء برأسِ إبراهيمَ جلس المنصورُ مجلسًا عامًّا، وجعل الناسُ يدخلونَ عليه فيهنِّئونه وينالونَ من إبراهيم، ويُقبِّحون الكلامَ فيه ابتغاءَ مرضاةِ المنصور، والمنصورُ ساكتٌ متغيِّرُ اللون لا يتكلَّم، حتى دخل جعفرُ بن حَنْظلةَ البهراني، فوقف فسلَّم ثم قال: أعظَمَ الله أجرَكَ يا أميرَ المؤمنين في ابنِ عمِّك، وغفَرَ له ما فرَّط من حَقِّك. قال: فاصفرَّ لونُ المنصور، وأقبل عليه وقال له: يا أبا خالد، مرحبًا وأهلًا، هاهنا فاجلسْ، فعلم الناسُ أنَّ ذلك وقع منه موقعًا جيدًا؛ فجعل كلُّ منْ جاء يقولُ كما قال جعفرُ بن حنظلة. قال أبو نُعيم الفضلُ بن دُكين: كان مقتلُ إبراهيمَ في يوم الخميس، لخمسٍ بقينَ من ذي الحجَّةِ من هذه السنة. ذكرُ منْ تُوفِّي فيها من الأعيان: فمن أعيانِ أهلِ البيت عبدُ اللّه بن حسن. وابناه محمد وإبراهيم. وأخوه حسن بن حسن. وأخوه لأمِّه محمد بن عبدِ اللّه بن عمرو بن عثمان بن عفان، الملقَّب بالدِّيباج؛ وقد تقدَّمت ترجمتُه (١) . وأما أخوه: عبدُ اللّه بن حسن بن حسن بن علي بن أبي طالب (٢) : القرشيُّ الهاشميُّ فتابعيّ، روى عن أبيه وأُمِّه فاطمةَ بنتِ الحسين، وعبدِ اللّه بن جعفر بن أبي طالب - وهو صحابيٌّ جليل - وغيرهم. وروى عنه جماعة، منهم سفيانُ الثوري، والدَّرَاوَرْدي، ومالك. وكان معظَّمًا عندَ العلماء، وكان عابدًا كبيرَ القَدْر. قال يحيى بنُ معين: كان ثقةً صدوقًا، وَفَد على عمرَ بن عبد العزيز فأكرَمه، ووفد على السفَّاح فعطمهُ وأعطاهُ ألفَ ألفِ درهم؛ فلمّا ولي المنصورُ عامَلَهُ بعكسِ ذلك، وكذلك أولادُه وأهلُه؛ وقد مضَوْا جميعًا، والتقَوْا عندَ الله – Exalté soit-Il – .
= [فهذا المنجِّم إنْ كان قد أصاب في قضية واحدة فقد أخطأ في أشياءَ كثيرة، فهُمْ كَذَبةٌ كَفَرة؛ وقد كان المنصورُ في ضلالٍ مع منجِّمهِ هذا. وقد ورَّث الملوكَ اعتقادَ أقوالِ المنجِّمين، وذلك ضلالٌ لا يجوز]. (١) في ص (٣١٦) من هذا الجزء. (٢) ترجمته في التاريخ الكبير (٥/ ٧١)، مشاهير علماء الأمصار (١/ ١٢٧)، الثقات لابن حبان (٧/ ١)، تاريخ بغداد (٩/ ٤٣١)، الكاشف للذهبي (١/ ٥٤٥)، تهذيب الكمال (١٤/ ٤١٤)، طبقات الحنفية (١/ ٤٥٤).

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