Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Les gens de Koufa, à propos d’Ibrâhîm, envoyèrent quelqu’un pour l’assassiner de nuit dans sa demeure. Quant à al-Furâfisah al-‘Ijlî, il projeta de se soulever à Koufa, mais il n’y parvint pas à cause de la présence d’al-Mansur. Les gens affluaient cependant vers Bassora, de toutes les contrées, afin de prêter allégeance à Ibrâhîm, s’y rendant en groupe ou individuellement. Al-Mansur posta alors des troupes de surveillance, qui les tuaient en chemin, puis on lui apportait leurs têtes qu’il faisait exposer publiquement à Koufa pour que les gens en tirent une leçon.

Al-Mansur dépêcha un message à Harb ar-Râwandî, qui se trouvait en poste dans la région d’al-Jazîra avec deux mille cavaliers pour combattre les Khârijites, afin qu’il se rende à Koufa. Harb s’y dirigea avec ses hommes. En chemin, il traversa une ville où se trouvaient des partisans d’Ibrâhîm. Ceux-ci lui dirent : « Nous ne te laisserons pas passer, car al-Mansur ne t’a fait venir que pour combattre Ibrâhîm. » Il répondit : « Malheur à vous ! Laissez-moi passer. » Comme ils refusaient, il les combattit, tua cinq cents d’entre eux et envoya leurs têtes à al-Mansur, qui s’exclama : « Voilà le début de la victoire. »

Lorsque vint la nuit du lundi, premier jour de Ramadan de cette année, Ibrâhîm se rendit de nuit au cimetière des Banû Yashkur, entouré d’une quinzaine de cavaliers. Or, dans cette même nuit, Abû Hammâd al-Abras arriva avec deux mille cavaliers pour renforcer les troupes de Sufyân ibn Mu‘âwiya, et le gouverneur les logea dans le palais. Ibrâhîm et ses compagnons, ainsi que tous ceux qui se joignirent à lui, se dirigèrent vers les bagages et l’armement de cette troupe, qu’ils saisirent dans leur intégralité, renforçant ainsi leur position : ce fut leur première capture. À l’aube, Ibrâhîm avait déjà pris un net avantage. Il dirigea la prière de l’aube dans la grande mosquée et la foule se rassembla autour de lui, certains observant et d’autres lui prêtant main-forte.

De son côté, Sufyân ibn Mu‘âwiya, le lieutenant du calife, s’était retranché dans le palais de l’émirat, maintenant les soldats auprès de lui. Ibrâhîm les assiégea. Sufyân ibn Mu‘âwiya demanda alors la sécurité à Ibrâhîm, qui la lui accorda. Ibrâhîm pénétra dans le palais de l’émirat, où l’on avait étendu devant l’îwân un tapis de jonc pour qu’il s’y asseye. Le vent se leva cependant et retourna le tapis, ce que les gens prirent pour un mauvais présage. Mais Ibrâhîm proclama : « Nous ne cédons pas à la superstition », s’assit sur le tapis retourné, et ordonna qu’on emprisonne Sufyân ibn Mu‘âwiya, les fers aux pieds, afin de montrer son innocence aux yeux d’al-Mansur.

Ibrâhîm s’empara ensuite du trésor public où se trouvaient, dit-on, six cent mille (et selon d’autres, deux millions). Il en sortit considérablement renforcé. À Bassora se trouvaient Ja‘far et Muhammad, fils de Sulaymân ibn ‘Alî et cousins du calife al-Mansur. Ils vinrent à la tête de six cents cavaliers, mais Ibrâhîm les vainquit. Il envoya ensuite al-Madâ’ ibn al-Qâsim accompagné de dix-huit cavaliers et trente fantassins, qui mirent en déroute les six cents cavaliers adverses ; il accorda la sécurité à ceux qui restèrent.

Ibrâhîm dépêcha également des émissaires vers les habitants d’al-Ahwâz, qui lui prêtèrent allégeance et le soutinrent. Il envoya deux cents cavaliers, sous les ordres d’al-Mughîra, contre Muhammad ibn al-Husayn, gouverneur de la région, parti à leur rencontre avec quatre mille cavaliers. Al-Mughîra les vainquit et s’empara du pays. Ibrâhîm envoya ensuite des troupes en Fârs, qu’il conquit, ainsi que Wâsit, al-Madâ’in et toute la région du Sawâd. Sa puissance devint considérable.

Cependant, lorsque la nouvelle de la mort de son frère Muhammad lui parvint, il en fut très affecté. Le jour de la fête, il dirigea la prière, le cœur abattu. L’un de ceux qui assistaient raconta : « Par Dieu, j’ai vu la mort se lire sur son visage alors qu’il prêchait aux gens. Il leur annonça la mort de son frère Muhammad et la haine à l’égard d’al-Mansur ne fit que s’intensifier. » Au matin, il rassembla ses hommes et se mit en campagne, nomma Numayla comme gouverneur de Bassora et laissa auprès de lui son fils Hasan.

Lorsque la nouvelle parvint à al-Mansur, il fut désemparé et commença à regretter la dispersion de ses troupes à travers plusieurs territoires. Il avait notamment

أهلِ الكوفة في أمرِ إبراهيم بعث إليه يقتلُه في الليل في مَنْزِله، وكان الفُرَافصةُ العِجْلي قد همَّ بالوثوبِ بالكوفةِ فلم يمكنْهُ ذلك، لمَكانِ المنصورِ بها، وجعل الناسُ يقصدُونَ البصرةَ من كلِّ فجٍّ لمُبايعةِ إبراهيم، ويفدون إليها جماعاتٍ وفُرَادى، وجعل المنصورُ يرصُدُ لهم المسالِحَ فيقتلونَهم في الطريق، ويأتونه برؤوسِهم فيصلبها بالكوفةِ ليتَّعِظَ بها الناس، وأرسل المنصورُ إلى حرب الراوندي، وكان مرابطًا بالجزيرة في ألفَيْ فارسٍ لقتالِ الخوارج، يستدعيهِ إليه إلى الكوفة، فأقبل بمَنْ معه، فاجتاز ببلدة بها أنصارٌ لإبراهيم، فقالوا له: لا ندَعُكَ تجتاز، لأن المنصور إنما دعاكَ لقتالِ إبراهيم. فقال: ويحكم! دعوني. فأبَوْا، فقاتلهم، فقتل منهم خمسمئة، وأرسل برؤوسِهم إلى المنصور، فقال: هذا أول الفتح. ولما كانتْ ليلةُ الإثنين مستهلَّ رمضان من هذه السنة خرجَ إبراهيمُ في الليل إلى مقبرةِ بني يَشكُر في بضعةَ عشرَ فارسًا، وقدم في هذه الليلةِ أبو حماد الأبرَص في ألفَيْ فارس مددًا لسفيانَ بن معاوية، فأنزلهمُ الأميرُ في القصر، ومال إبراهيمُ وأصحابه ومن التفَّ عليه وصار إلى دوالب أولئك الجيش وأسلحتِهم، فأخذوها جميعًا فتقوَّوْا بها، فكان أول ما أصاب؛ وما أصبح الصباح إلَّا وقد استظهر جدًّا، فصلَّى بالناسِ صلاةَ الصُّبح في المسجدِ الجامع، والتفَّ الخلائقُ عليه، ما بين ناظرٍ وناصِر، وتحصَّن سفيانُ بن معاوية نائبُ الخليفة بقصرِ الإمارة، وحبس عندَهُ الجنودَ فحاصرهم إبراهيم، فطلب سفيانُ بن معاوية من إبراهيمَ الأمانَ فأعطاهُ الأمانَ ودخل إبراهيمُ قصرَ الإمارة، فبُسطت له حصير ليجلسَ عليها في مقدَّمِ إيوانِ القصر، فهبَّتِ الرِّيحُ فقلبت الحصيرَ ظهرًا لبطن، فتطيَّرَ الناسُ بذلك، فقال إبراهيم: إنَّا لا نتَطَّير. وجلس على ظهرِ الحصير، وأمر بحبس سفيان بن معاوية مقيدًا، وأرادَ بذلك براءةَ ساحتِهِ عند المنصور، واستحوذ على ما كان في بيتِ المال، فإذا فيه ستمئة ألف، وقيل: ألفا ألف. فقَوِيَ بذلك جدًّا. وكان في البصرةِ جعفر ومحمد ابنا سليمان بن علي، وهما ابنا عمِّ الخليفة المنصور، فركبا في ستمئة فارس إليه، فهزمهما، وأركب إبراهيمُ المضاءَ بنَ القاسم في ثمانيةَ عشرَ فارسًا وثلاثين راجلًا فهزم ستَّمئةِ فارسٍ كانت لهما؛ وآمنَ منْ بقيَ منهم، وبعث إبراهيم إلى أهلِ الأهواز، فبايعوهُ وأطاعوه، وأرسل إلى نائبِها مئتي فارس، عليهم المغيرة، فخرج إليه محمد بن الحصين نائبُ البلاد في أربعةِ آلاف فارس، فهزمه المغيرةُ واستحوَذَ على البلاد، وبعث إبراهيم إلى بلادِ فارس فأخذها، وكذلك واسطَ والمدائن والسواد، واستفحل أمرُهُ جدًّا، ولكنْ لمّا جاءه نعيُ أخيهِ محمد انكسر جِدًّا، وصلَّى بالناسِ يومَ العيدِ وهو مكسور. قال بعضُهم: والله لقد رأيتُ الموتَ في وجههِ وهو يخطبُ الناس، فنَعَى إلى الناسِ أخاه محمدًا، فازداد الناسُ حَنَقًا على المنصور، وأصبح فعسكر بالناسِ واستناب على البصرةِ نُميلة، وخلَّف ابنَه حسنًا معه. ولما بلغ المنصورَ خبَرُه تحَيَّرَ في أمرِه، وجعل يتأسَّفُ على ما فرَّق من جندِهِ في الممالك، وكان قد

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