Le Messager d’Allah (que la paix et le salut soient sur lui) a dit : « Gabriel m’a dit : “Ô Muhammad, si seulement tu m’avais vu alors que je l’immergeais et que je lui mettais de la boue dans la bouche, de peur que la Miséricorde d’Allah ne l’atteigne et qu’Il ne lui pardonne.” » Il s’agit de Pharaon (1).
Plusieurs prédécesseurs, comme Ibrahim at-Taymî, Qatâda et Maymûn ibn Mahrân, ont rapporté ce récit. On raconte également que adh-Dahhâk ibn Qays l’a mentionné dans un sermon adressé aux gens.
Dans certaines versions, on rapporte que Gabriel a dit : « Je n’ai jamais haï quelqu’un autant que j’ai haï Pharaon, lorsqu’il a dit : “Je suis votre Seigneur, le Très-Haut.” J’ai même mis de la boue dans sa bouche lorsqu’il a prononcé ces paroles. »
Au sujet de la parole d’Allah : « Maintenant ? Alors qu’auparavant tu as désobéi et que tu étais parmi les corrupteurs ? » (Yûnus, v. 91), il s’agit d’une interrogation à visée réprobatrice. Il est clairement indiqué que cela ne sera pas accepté de sa part par Allah, car – Allah sait mieux – s’il était renvoyé dans ce monde comme auparavant, il reviendrait à son état initial.
C’est comme Allah – Exalté soit-Il – l’a annoncé à propos des mécréants. Quand ils voient et contemplent le Feu, ils disent : « Hélas ! Puissions-nous être renvoyés [sur terre], ne plus traiter de mensonges les signes de notre Seigneur et faire partie des croyants ! » Et Allah de répondre : « Mais il leur est apparu clairement ce qu’ils dissimulaient auparavant. Et s’ils étaient renvoyés [sur terre], ils reviendraient à ce qui leur avait été interdit, et assurément ils sont des menteurs. » (Al-An‘âm, v. 27-28).
Quant à Sa Parole : « Aujourd’hui, Nous allons sauver ton corps afin que tu sois un signe pour ceux qui te suivront » (Yûnus, v. 92), Ibn ‘Abbâs et d’autres (qu’Allah soit satisfait d’eux) rapportent que certains des Enfants d’Israël doutèrent de la mort de Pharaon ; certains disaient même qu’il ne pouvait pas mourir. Alors Allah ordonna à la mer de le soulever sur une éminence.
On dit que ce fut à la surface de l’eau, et d’autres ont dit que ce fut sur un endroit élevé (2) de la terre, portant encore sa cuirasse que les gens lui connaissaient. Ainsi, ils purent attester sa perte et constater la Puissance d’Allah sur lui.
C’est pourquoi Il dit : « Aujourd’hui, Nous allons sauver ton corps » : c’est-à-dire en conservant la cuirasse qui t’était connue, « afin que tu sois » (c’est-à-dire : toi-même) « un signe pour ceux qui te suivront » (les Enfants d’Israël), comme preuve de la Puissance d’Allah qui l’a anéanti.
C’est la raison pour laquelle certains des pieux anciens (salaf) lisaient : « afin que tu sois un signe pour ceux que tu as créés » (3).
Il se peut également que le sens soit : « Nous te sauvons avec ta cuirasse afin que ta cuirasse soit un signe pour ceux qui viendront après toi parmi les Enfants d’Israël, leur permettant de confirmer ton identité et de savoir que tu as péri. » Allah sait mieux.
Pharaon et ses troupes périrent le jour de ‘Âshûrâ’. C’est ce qu’a rapporté l’imam al-Bukhârî dans son « Sahîh » : Muhammad ibn Bashâr (4) nous a rapporté d’après Goundar, d’après Shu‘ba, d’après Abû Bishr, d’après Sa‘îd ibn Jubayr, d’après Ibn ‘Abbâs (qu’Allah soit satisfait de lui) : « Lorsque le Prophète (que la paix et le salut soient sur lui) arriva à Médine, il vit que les Juifs y jeûnaient le jour de ‘Âshûrâ’ (5). Ils dirent : “C’est le jour où Moïse l’emporta sur Pharaon.” »