Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Ils le pillèrent ainsi que les biens des troupes présentes dans la ville – qu’il s’agisse de farine, de s‛awīq ou d’autres provisions –, puis ils vendirent tout cela au plus bas prix. La nouvelle parvint alors à al-Manṣūr à propos de ce qui s’était passé avec les Soudanais, et il redouta les conséquences nuisibles de cette affaire. Ils se réunirent, et Ibn Abī Sabra, qui était alors emprisonné, leur adressa un discours ; il monta sur la chaire avec des chaînes aux pieds. Il les incita à l’écoute et à l’obéissance envers al-Manṣūr, et les mit en garde contre la gravité des actes commis par leurs mawālī. Ils convinrent donc de mettre fin aux agissements de leurs mawālī, de les disperser et de se rendre auprès de leur émir afin qu’il reprenne ses fonctions. Ils exécutèrent ce plan, apaisèrent la situation, et les gens retrouvèrent le calme. Les troubles s’éteignirent alors, et ʿAbd Allāh ibn al-Rabīʿ retourna dans la ville, où il fit couper la main de Wathīq, Abū al-Nār, Yaʿqil et Misʿar.

Mention de la révolte d’Ibrāhīm ibn ʿAbd Allāh ibn Ḥasan à Baṣra.

Ibrāhīm s’était enfui à Baṣra et s’était établi chez Banū Ḍubayʿa – habitants de la ville – dans la maison de Ḥārith ibn ʿĪsā. Il ne sortait pas durant la journée. Son arrivée dans cette cité survint après qu’il eut traversé de nombreuses régions et subi, avec son frère, d’immenses difficultés qui faillirent leur coûter la vie à plusieurs reprises. Le sort d’Ibrāhīm se fixa finalement à Baṣra en l’an 143 de l’Hégire, après le retour des pèlerins du ḥajj.

Il est également rapporté que son arrivée eut lieu le premier jour de Ramaḍān de l’an 145, envoyé par son frère après l’apparition de ce dernier à Médine, comme l’a écrit al-Wāqidī (1). Il explique qu’Ibrāhīm appelait secrètement à soutenir son frère, puis lorsque ce dernier fut tué, il se mit à prêcher pour sa propre cause au mois de Shawwāl de cette même année. L’opinion la plus répandue indique néanmoins qu’Ibrāhīm arriva à Baṣra alors que son frère était encore en vie et qu’il prêcha pour lui-même comme indiqué précédemment. Dieu est plus savant.

Lorsque Ibrāhīm arriva à Baṣra, il se cacha chez Yaḥyā ibn Ziyād ibn Ḥassān al-Nabaṭī durant toute cette période, jusqu’à ce qu’il se manifeste l’année suivante dans la maison d’Abū Farwa. Les premiers à lui prêter allégeance furent Numayla ibn Marra, ʿAfw Allāh ibn Sufyān (2), ʿAbd al-Wāḥid ibn Ziyād, ʿUmar ibn Salama al-Hujaymī et ʿUbayd Allāh ibn Yaḥyā ibn Ḥuḍayn al-Raqāshī. Ils promulguèrent son appel parmi les gens et beaucoup y répondirent. Ibrāhīm se transféra alors dans la maison d’Abū Marwān, au cœur même de Baṣra, et son autorité se renforça. De nombreuses personnes lui firent allégeance, et la situation s’aggrava. La nouvelle parvint à al-Manṣūr, qui fut de plus en plus affecté, déjà préoccupé par le soulèvement du frère d’Ibrāhīm, Muḥammad. En effet, Ibrāhīm était entré en rébellion avant l’exécution de son frère, obéissant ainsi à la lettre que celui-ci lui avait envoyée.

La révolte d’Ibrāhīm se consolida donc à Baṣra. Le gouverneur, nommé par al-Manṣūr, y était Sufyān ibn Muʿāwiya, qui, en réalité, soutenait Ibrāhīm en secret, lui communiquait des informations et traitait de menteurs ceux qui l’en avertissaient, car il souhaitait que l’affaire d’Ibrāhīm fût rendue publique. Al-Manṣūr dépêcha alors deux émirs du Khurāsān à la tête de deux mille cavaliers et fantassins, afin de renforcer Sufyān dans sa lutte contre Ibrāhīm. Pendant cette période, al-Manṣūr quitta Bagdad – dont il venait d’entamer la construction – pour se rendre à Kūfa, et, dès qu’il soupçonnait un individu

(1) Voir le propos d'al-Wāqidī dans l'histoire de Ṭabarī (4/468). (2) Dans (H, Q) : « ʿAbd Allāh ibn Sufyān », tandis que la forme confirmée est dans (B) et dans l'histoire de Ṭabarī (4/465).
فنهبُوه ونهبوا ما للجند الذين في المدينة من دَقيقٍ وسَويقٍ وغيرِه، وباعوا ذلك بأرخصِ ثمن، وذهب الخبرُ إلى المنصور بما كان من أمرِ السُّودان، وخاف من معرَّةِ ذلك، فاجتمعوا وخطَبهم ابنُ أبي سَبْرَةَ، وكان مسجونًا، فصعِدَ المنبر وفي رجليهِ القيود، فحثَّهم على السمعِ والطاعةِ للمنصور، وخوَّفهم شرَّ ما صنعه مواليهم، فاتفق رأيهم على أنْ يكُفُّوا مواليَهم ويفرِّقوهم ويذهبوا إلى أميرِهم فيردُّوه إلى عملِه، ففعلوا ذلك، فسكنَ الأمرُ وهدَأ الناس، وأنطفاتِ الشرور، ورجع عبدُ اللّه بن الربيعِ إلى المدينة، فقطَعَ يدَ وثيق وأبي النار ويَعقِلَ ومِسْعَر. ذكر خروج إبراهيم بن عبد اللّه بن حسن بالبصرة كان إبراهيم قد هرب إلى البصرة فنَزَلَ في بني ضُبيعةَ من أهلِ البصرة في دارِ الحارث بن عيسى، وكان لا يرى بالنهار، وكان قدومُهُ إليها بعدَ أن طاف بلادًا كثيرة جدًّا، وجرَتْ عليه وعلى أخيه خطوبٌ شديدةٌ هائلة، وانعقد أسبابُ هلاكِهما في أوقاتٍ متعادَة، ثم كان آخرُ ما استقرَّ أمرُه بالبصرة في سنةِ ثلاث وأربعين ومئة، بعد مُنصرَفِ الحَجِيج؛ وقيل: إنَّ قدومَهُ إليها كان في مستهلِّ رمضان سنةَ خمسٍ وأربعين ومئة، بعثَه أخوهُ إليها بعد ظهورهِ بالمدينة. قاله الواقدي (١) . قال: وكان يدعو في السرِّ إلى أخيه، فلما قُتل أخوهُ أظهرَ الدعوةَ إلى نفسِهِ في شوال من هذه السنة، والمشهور أنه قدمها في حياةِ أخيه، دعا لنفسِه كما تقدَّم واللّه أعلم. ولما قَدِم البصرة نزلَ عند يحيى بن زياد بن حسان النَّبَطي، فاختفى عندَهُ هذه المدَّةَ كلَّها، حتى ظهر في هذه السنة في دارِ أبي فَرْوة، وكان أولَ من بايعه نُميلة بن مرَّة، وعفوُ الله بن سفيان (٢) ، وعبدُ الواحد بن زياد، وعمر بن سلمة الهُجيمي، وعبيد اللّه بن يحيى بن حُضَين الرقاشي. وندبوا الناسَ إليه، فاستجاب له خلقٌ كثير، فتحوَّل إلى دارِ أبي مروان في وسطِ البصرة، واستفحل أمرُه، وبايعه فئامٌ من الناس، وتفاقم الخَطْبُ به، وبلغ خبَرُه إلى المنصور، فازدادَ غَمًّا إلى غَمِّهِ بأخيه محمد، وذلك لأنه ظهَرَ قبلَ مقتل أخيه، وإنما كان سببَ تعجيِلِه الظهورَ كتابُ أخيه إليه، فامتثَلَ أمرَه، ودعا إلى نفسه، فانتظم أمرُهُ بالبصرة، وكان نائبَها من جهةِ المنصور سفيانُ بن معاوية، وكان ممالئًا لإبراهيمَ هذا في الباطن، ويبلغُهُ أخبارُه فلا يكترِثُ بها، ويُكَذِّبُ منْ أخبرَه، ويودُّ أنْ يتَّضِحَ أمرُ إبراهيم، وقد أمدَّه المنصورُ بأميرينِ من أهلِ خُراسان، معهما ألفا فارسٍ وراجل؛ فأنزلهما عندَه، ليتقوَّى بهما على محاربةِ إبراهيم. وتحوَّلَ المنصورُ من بغداد - وكان قد شَرَعَ في عِمَارتِها - إلى الكوفة، وجعل كلَّما اتَهم رجلًا من
(١) انظر قول الواقدي في تاريخ الطبري (٤/ ٤٦٨). (٢) في (ح، ق): "عبد الله بن سفيان"، والمثبت من (ب) وتاريخ الطبري (٤/ ٤٦٥).

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies