Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Médine ? » Il répondit : « Oui, si tu me donnes une lance pour les transpercer tandis qu’ils sont dans les plaines (al-A‘rāḍ), et une épée pour les frapper tandis qu’ils sont sur les sommets des montagnes, je le ferai. » Muhammad se tut, puis il me déclara : « Malheur à toi ! Les habitants du Shām, de l’Irak et du Khurāsān ont revêtu des habits blancs (c’est-à-dire qu’ils ont porté du blanc), en signe d’adhésion à moi, et ils ont délaissé le noir. »

Il (l’autre) dit alors : « À quoi peut bien me servir que ce monde demeure mousse blanche, si je me trouve dans la situation de la bourre d’encrier ? Voilà qu ‘Īsā ibn Mūsā campe déjà à al-A‘waṣ. » Puis ‘Īsā ibn Mūsā arriva et s’installa non loin de Médine, à environ un mille de celle-ci. Son guide, Ibn al-Aṣamm, lui dit : « Je crains que si vous les attaquez à découvert, ils ne retournent à leur campement plus vite que vous ne puissiez les atteindre avec la cavalerie. » Il l’emmena donc à pied et le fit descendre à al-Jurf, près de la source d’eau de Sulaymān ibn ‘Abd al-Malik, située à quatre milles de Médine. C’était un samedi, au matin du douzième jour de Ramaḍān de cette même année. Il ajouta : « Quand un fantassin s’enfuit, il ne peut pas courir plus de deux ou trois milles avant que la cavalerie ne le rattrape. »

Alors ‘Īsā ibn Mūsā envoya cinq cents cavaliers qui établirent leur camp près de l’Arbre, sur la route de la Mecque. Il leur recommanda : « Cet homme, s’il s’enfuit, n’a d’autre refuge que la Mecque. Tuez-le et coupez-lui tout accès. » (1)

Ensuite, ‘Īsā envoya un messager à Muhammad pour l’appeler à l’obéissance et à la reconnaissance de l’autorité de l’Émir des croyants, al-Manṣūr, lui promettant la sécurité, à lui et à sa famille, s’il se rendait. Lorsque le messager arriva, Muhammad lui répondit : « Sans l’interdiction de tuer les envoyés, je t’aurais tué. » Puis il dépêcha un émissaire auprès de ‘Īsā ibn Mūsā pour lui dire : « Je t’appelle à obéir au Livre de Dieu et à la Sunna de Son Messager. Craignons que tu refuses, et alors je te tuerais, devenant ainsi l’homme le plus funeste que tu aies jamais affronté, ou bien que tu me tues, et tu aurais alors tué celui qui t’invitait à Dieu et à Son Messager. »

Les émissaires firent ainsi maints allers-retours pendant trois jours, chacun appelant l’autre à sa cause. Durant ce laps de temps, ‘Īsā ibn Mūsā venait chaque jour se tenir sur le col situé près de Sal‘ pour clamer : « Ô gens de Médine, vos vies nous sont sacrées. Quiconque viendra à nous et se rangera sous notre bannière est en sécurité, quiconque sort de Médine est en sécurité, quiconque reste chez lui est en sécurité, quiconque jette les armes est en sécurité. Nous n’avons pas le désir de vous combattre ; nous voulons seulement Muhammad, afin de l’emmener devant le Calife. » Mais les gens le maudirent, insultaient sa mère, proféraient contre lui des propos injurieux et lui répondaient rudement : « Le fils du Messager de Dieu (ﷺ) est avec nous, et nous combattons à ses côtés pour le défendre. »

Le troisième jour, ‘Īsā vint avec des cavaliers, des fantassins, des armes et des lances en un nombre qu’on n’avait jamais vu auparavant. Il héla Muhammad en disant : « Ô Muhammad, l’Émir des croyants m’a ordonné de ne pas t’attaquer avant de t’inviter à l’obéissance. Si tu te rends, il t’accordera la sécurité, paiera tes dettes, et t’offrira biens et terres. Si tu refuses, je te combattrai ; je t’ai déjà appelé à te soumettre à plusieurs reprises. » Muhammad lui lança alors : « Vous n’aurez de moi rien d’autre que le combat ! » C’est alors que le conflit éclata entre eux.

L’armée de ‘Īsā ibn Mūsā comptait plus de quatre mille hommes. à sa tête se trouvait Ḥumayd ibn Qaḥṭaba, à l’aile droite Muḥammad ibn as-Saffāḥ, à l’aile gauche Dāwūd ibn Karrāz (2), et à l’arrière-garde al-Haytham ibn Shu‘ba. Ils disposaient d’un équipement tel qu’on n’en avait jamais vu. ‘Īsā répartit ses hommes dans toutes les directions, tandis que Muhammad et les siens étaient en petit nombre, à l’image des compagnons qui prirent part à la bataille de Badr. Les deux armées engagèrent alors un combat extrêmement violent.

(1) Dans (Q) : « Ils l'ont séparé d'elle », et cette leçon est confirmée par (B, Ḥ). (2) Dans (Ḥ, Q) : « Dāwūd ibn Karrār », et cette lecture est confirmée par (B) et par l'histoire de Ṭabarī (4/442), la ponctuation provenant d'al-Ikmāl (7/134).
المدينة؟ فقال: نعم إنْ أعطيتَني رمحًا أطعَنُهم وهم بالأعراض، وسيفًا أضرِبُهم وهم في رؤوس الجبال فعَلْتُ. فسكت محمد ثم قال لي: ويحك! أهلُ الشام والعراقِ وخُراسان قد بيَّضوا - يعني لبسوا البياض - موافقةً لي وخلَعُوا السواد. فقال: وماذا ينفعُني أنْ لو بقيتِ الدنيا زبدةً بيضاء، وأنا في مثلِ صُوفةِ الدواة؟! وهذا عيسى بن موسى نازلٌ بالأعْوَص. ثم جاء عيسى بن موسى فَنزل قريبًا من المدينة على ميل منها، فقال له دليلُهُ ابنُ الأصم: إني أخشى إذا كشفتُموهم أنْ يَرْجِعوا إلى معسكرِهم سريعًا قبل أن تدركهم الخيل. ثم ارتجلَ به فأنزلَهُ الجُرْف على سقاية سليمان بنِ عبد الملك على أربعةِ أميالٍ من المدينة، وذلك يوم السبت لِصُبْحِ اثنتي عشرةَ ليلةً خلَتْ من رمضان من هذه السنة؛ وقال: إنَّ الراجل إذا هرب لا يقدِرُ على الهرولةِ أكثرَ من ميلَيْنِ أو ثلاثة فتدركُه الخيل. وأرسل عيسى بن موسى خمس مئة فارس، فنَزلوا عندَ الشجرةِ في طريقِ مكة، وقال لهم: هذا الرجلُ إنْ هرب فليس له ملجأٌ إلَّا مكة، فاقتلوه وحُولوا بينهُ وبينها (١) . ثم أرسل عيسى إلى محمدٍ يدعوه إلى السمعِ والطاعةِ لأميرِ المؤمنين المنصور، وأنَّه قد أعطاهُ الأمانَ له ولأهلِ بيته إنْ هو أجابَه. فقال محمد للرسول: لولا أنَّ الرسل لا تُقتل لقتلتُك. ثم بعث إلى عيسى بنِ موسى يقولُ له: إني أدعوك إلى كتابِ الله وسنةِ رسولِه، فاحذَرْ أنْ تمتنعَ فأقتُلَكَ فتكونَ شرَّ قَتيل أو تقتُلَني فتكونَ قتلتَ منْ دعاك إلى اللهِ ورسوله. ثم جعلت الرسلُ تتردَّدُ بينهما ثلاثةَ أيام هذا يدعو هذا، وهذا يدعو هذا؛ وجعل عيسى بن موسى يقفُ كلَّ يومٍ من هذه الأيام الثلاثة على الثنيَّةِ عندَ سَلْعٍ فيُنادي: يا أهلَ المدينة إنَّ دماءكم علينا حرام، فمنْ جاءنا فوقف تحت رايتِنا فهو آمِنْ، ومنْ خرج من المدينةِ فهو آمنْ، ومنْ دخلَ دارَه فهو آمن، ومن ألقى سلاحهُ فهو آمن، فليس لنا في قتالِكم أرَب، وإنما نريدُ محمدًا وحدَه لنذهبَ بهِ إلى الخليفة. فجعلوا يَسُبونهُ وينالونَ من أُمِّه، ويكلِّمونه بكلامٍ شَنيع، ويخاطبونه مخاطبةً فظيعة، وقالوا له: هذا ابنُ رسولِ الله ﷺ معنا ونحن معهُ نقاتلُ دونه. فلمّا كان اليومُ الثالث أتاهُمْ في خيل ورجالٍ وسلاحٍ ورماح، لم يُر مثلُها فناداه: يا محمد، إن أميرَ المؤمنين أمرني أنْ لا أُقاتلكَ حتى أدعوكَ إلى الطاعة، فإنْ فعلتَ أمَّنَكَ وقضَى دَيْنك، وأعطاكَ أموالًا وأراضي، وإنْ أبيت قاتلتُك؛ فقد دعوتُك غيرَ مرَّة. فناداهُ محمد: إنَّه ليس لكم عندي إلَّا القتال فنشبتِ الحربُ حينئذٍ بينهم، وكان جيشُ عيسى بن موسى فوقَ أربعةِ آلاف، وعلى مقدمته حُميد بن قَحْطبة، وعلى ميمنته محمد بن السفاح، وعلى ميسرته داودُ بن كَرَّاز (٢) ، وعلى الساقةِ الهيثمُ بن شعبة؛ ومعهم عُددٌ لم يُر مثلها. وفرَّق عيسى أصحابَه في كلِّ قُطْرٍ طائفة، وكان محمدٌ وأصحابُهُ على عِذَةِ أصحابِ أهلِ بدر، واقتتل الفريقان قتالًا شديدًا جدًّا،
(١) في (ق): "فحولوا بينه وبينها"، والمثبت من (ب، ح). (٢) في (ح، ق): "داود بن كرار"، والمثبت من (ب) وتاريخ الطبري (٤/ ٤٤٢)، والضبط من الإكمال (٧/ ١٣٤).

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