«…Ils combattent Dieu et Son Messager et s’efforcent de semer la corruption sur terre», le verset jusqu’à la parole : «Sachez donc que Dieu est Pardonneur et Miséricordieux» [Al-Mâ’ida : 33-34].
Puis il dit : «Tu jouis du pacte de Dieu et de Son engagement, de Sa protection et de celle de Son Messager. Si tu reviens à l’obéissance, je te garantis ta sécurité ainsi que celle de ceux qui te suivent. Je t’accorderai un million de dirhams, je te laisserai vivre dans le pays que tu affectionnes le plus, je comblerai tous tes besoins…», dans un discours long.
Alors Muḥammad lui répondit par un écrit : «De la part du serviteur de Dieu, al-Mahdī Muḥammad Ibn Ḥasan. Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux : ﴿Tâ-Sîn-Mîm (1). Voici les versets du Livre explicite (2). Nous te récitons en toute vérité une partie de l’histoire de Moïse et de Pharaon, pour des gens qui croient (3). Pharaon s’éleva avec arrogance dans le pays et en fit des clans dont il opprima l’un des groupes : il égorgeait leurs fils et laissait en vie leurs femmes ; il était vraiment parmi les corrupteurs (4). Et Nous voulions gratifier ceux qu’on avait opprimés sur terre, faire d’eux des dirigeants, faire d’eux les héritiers (5)﴾ [Al-Qaṣaṣ : 1-5].
Puis il dit : «Je t’offre la même garantie que tu m’as proposée. Car j’ai plus de droits que vous à cette affaire, et vous, vous n’y êtes parvenus qu’à travers nous. En effet, ‘Alî était l’héritier, l’imam ; comment donc avez-vous hérité de sa fonction alors que ses enfants sont toujours en vie ? Nous sommes la plus noble lignée sur terre : le Messager de Dieu est le meilleur des hommes, et il est notre aïeul ; Khadîja est notre ancêtre, et elle est la plus éminente de ses épouses ; Fâṭima, sa fille, est notre mère, et elle est la plus honorable de ses filles. Et Hâshim a engendré ‘Alî deux fois, tandis qu’al-Ḥasan fut engendré par ‘Abd Al-Muṭṭalib deux fois ; al-Ḥasan et son frère sont les princes de la jeunesse du Paradis ; quant à l’Envoyé de Dieu (que Dieu le couvre d’éloges et le salue), il m’a engendré deux fois (par al-Ḥasan et al-Ḥusayn). Je suis le plus central des Banû Hâshim par la lignée, la plus pure de souche (exempte de tout sang étranger ou de mères esclaves).
Je suis le fils de l’homme le plus élevé au Paradis et celui qui aurait le châtiment le plus allégé en Enfer. J’ai donc plus de droits sur cette affaire que toi, j’ai plus de droits sur tout pacte, et je suis plus fidèle que toi. Toi, tu passes des traités puis tu les romps et ne les honores pas, comme tu l’as fait avec Ibn Hubayrah : tu lui as donné ta parole puis l’as trahi. Il n’y a pas de pire châtiment que pour un imam traître. C’est aussi ce que tu as fait avec ton oncle ‘Abd Allâh Ibn ‘Alî et avec Abû Muslim al-Khurâsânî. Si j’étais sûr que tu disais vrai, je répondrais à ton appel ; mais on ne peut espérer la fidélité d’un tel homme envers quelqu’un comme moi. Paix.»
Abû Ja‘far lui répondit par une longue lettre, dont l’essentiel est : «Après quoi, j’ai lu ta missive. J’y ai constaté que l’essentiel de ton orgueil et de ton sentiment de supériorité s’appuie sur une parenté par les femmes, ce qui ne peut qu’induire en erreur des gens frustes et de la populace ; Dieu n’a pas assimilé les femmes ni aux oncles, ni aux pères, pas plus qu’Il n’en a fait des ‘âṣaba (groupe de soutien masculin) ou des protecteurs.
Dieu dit pourtant : ﴿Et avertis tes proches parents﴾ [Ash-Shu‘arâ’ : 214]. À ce moment-là, il lui…»