Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Au lever du jour, il dirigea la prière de l’aube et y récita la sourate «Certes, Nous t’avons accordé une victoire éclatante» (Al-Fath, verset 1). Cette nuit s’acheva avec l’avènement d’un homme à l’aube de cette année. Ce jour-là, Muḥammad ibn ʿAbd Allāh prononça un sermon devant les habitants de Médine. Il parla des Banū al-ʿAbbās, énuméra à leur sujet différents motifs de blâme et leur reprocha diverses choses. Il informa les gens qu’il n’entrait dans aucune cité sans que ses habitants ne lui prêtent serment d’écoute et d’obéissance. Ainsi, tous les habitants de Médine lui prêtèrent allégeance, à l’exception de quelques rares personnes.

Ibn Jarīr (1) rapporte qu’après avoir consulté l’imām Mālik, celui-ci émit une fatwā enjoignant la population à prêter serment à Muḥammad ibn ʿAbd Allāh. On objecta : «Mais nous avons déjà fait allégeance à al-Manṣūr.» Il répliqua : «Vous y étiez contraints, or l’on ne saurait parler d’allégeance sous la contrainte.» Les gens prêtèrent donc serment en se fondant sur la décision de Mālik, puis celui-ci se retira chez lui.

Ismāʿīl ibn ʿAbd Allāh ibn Jaʿfar lui dit, quand il l’appela à reconnaître son autorité : «Ô fils de mon frère, tu seras tué.» Certains se détournèrent alors de lui, mais la majorité continua de le suivre. Muḥammad nomma ʿUthmān ibn Muḥammad ibn Khālid ibn al-Zubayr comme gouverneur délégué, ʿAbd al-ʿAzīz ibn al-Muṭṭalib ibn ʿAbd Allāh al-Makhzūmī comme juge, ʿUthmān ibn ʿAbd Allāh ibn ʿUmar ibn al-Khaṭṭāb comme chef de la police (shurṭa) et ʿAbd Allāh ibn Jaʿfar ibn ʿAbd Allāh ibn Miswar ibn Makhrama à la tête du bureau du Trésor (dīwān al-ʿaṭāʾ). Il se fit appeler «al-Mahdī», espérant être celui auquel se réfèrent les hadiths que nous rapporterons dans le Livre des «Fitan wa al-Malāḥim» (Troubles et batailles de la fin des temps). Cependant, il ne fut pas celui-là, et il ne parvint ni à réaliser ce qu’il espérait ni à combler ses vœux. Nous appartenons à Dieu et c’est à Lui que nous retournons.

Certains habitants de Médine quittèrent la ville durant la nuit de son entrée et, en couvrant de longues étapes en sept jours, ils arrivèrent auprès d’al-Manṣūr alors que celui-ci dormait. Le nocturne se présenta auprès du chambellan al-Rabīʿ en déclarant : «Je dois absolument l’informer.» Lorsque ce dernier en fit part au calife, celui-ci sortit et lui dit : «Malheur à toi, que se passe-t-il ?» L’informateur répondit : «Muḥammad ibn ʿAbd Allāh s’est soulevé à Médine.» Al-Manṣūr ne parut pourtant ni troublé ni inquiet. Il lui demanda : «L’as-tu vu de tes propres yeux ?» — «Oui», répondit-il. Al-Manṣūr conclut alors : «Par Dieu, il est perdu et il conduira à la perte ceux qui le suivront.» Puis il ordonna d’emprisonner ce messager. Les nouvelles affluant et confirmant la révolte, il le libéra et lui offrit mille dirhams pour chaque nuit passée en route, soit sept mille dirhams.

Quand al-Manṣūr eut la certitude du soulèvement de Muḥammad, il fut en proie à l’angoisse. L’un des astrologues lui dit : «Ô Commandeur des croyants, n’ayez crainte : même s’il s’emparait de la terre tout entière, il ne pourrait rester au pouvoir plus de soixante-dix jours.» Al-Manṣūr ordonna ensuite aux principaux chefs militaires de se rendre auprès de ʿAbd Allāh ibn Ḥasan, le père de Muḥammad, détenu dans la prison, et de l’informer de la révolte de son fils, afin d’entendre ses propos. Après qu’ils lui eurent rapporté les faits, ʿAbd Allāh leur dit : «Que pensez-vous qu’en fera Ibn Salāma (surnom donné à Al-Manṣūr) ?» Ils répondirent : «Nous l’ignorons.» Il dit : «Par Dieu, votre maître est ruiné par son avarice. Il lui aurait fallu dépenser ses trésors pour gagner les hommes à sa cause. S’il l’emporte, il pourra toujours reprendre ce qu’il a dépensé. S’il est vaincu, alors ce qu’il a mis de côté profitera à d’autres.» Les émissaires retournèrent auprès du calife pour lui rapporter ces propos.

La majorité des conseillers pressa alors al-Manṣūr de combattre sans tarder Muḥammad. Il convoqua ʿĪsā ibn Mūsā et l’incita à partir en campagne contre lui. Puis Al-Manṣūr déclara : «Je vais d’abord lui adresser une lettre dans laquelle je le mettrai en garde avant de le combattre.» Il écrivit : «Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux, de la part de ʿAbd Allāh, Commandeur des croyants, à Muḥammad ibn ʿAbd Allāh. “La seule rétribution de ceux qui…”»

(1) Al-Ṭabarī se réfère dans son Histoire (4/427).
الصُّبح، وقرأ فيها سورةَ ﴿إِنَّا فَتَحْنَا لَكَ فَتْحًا مُبِينًا﴾ [الفتح: ١] ، وأسفرَتْ هذه الليلة عن مُستهلِّ رجل من هذه السنة، وقد خطَبَ محمدُ بن عبد اللّه أهلَ المدينة في هذا اليوم، فتكلَّم في بني العباس، وذكر عنهم أشياءَ ذَمَّهُمْ بها، وأخبرَهم أنه لم ينْزِلْ بلدًا من البلدان، إلَّا وقد بايعوه على السمعِ والطاعة، فبايعه أهل المدينةِ كلُّهم إلَّا القليل. وقد روى ابنُ جرير (١) عن الإمام مالك، أنه أفتَى الناسَ بمبايعته؛ فقيل له: فإن في أعناقنا بيعة للمنصور. فقال: إنما كنتمْ مُكْرَهين، وليس لِمُكْرَهٍ بَيْعة. فبايعَهُ الناسُ عندَ ذلك عن قولِ مالك. ولزِمَ مالكٌ بيتَه. وقد قال له إسماعيل بنُ عبدِ اللّه بن جعفر حين دعاه إلى بيعتِه: يا ابنَ أخي، إنك مقتول. فارتدَعَ بعضُ الناسِ عنه، واستمرَّ جُمهورهُم معه. فاستنابَ عليهم عثمانَ بنَ محمد بن خالد بن الزبير، وعلى قضائها عبدَ العزيزِ بن المطلب بن عبدِ اللّه المخزومي، وعلى شُرْطتها عثمانَ بن عبدِ اللّه بن عمر بن الخطاب، وعلى ديوان العطاء عبدَ اللّه بن جعفر بن عبدِ اللّه بن مِسْوَرِ بنِ مَخْرَمةَ، وتلقَّبَ بالْمَهْديِّ طمعًا في أن يكونَ المذكورَ في الأحاديث التي سنوردُها في كتاب "الفتن والملاحمِ" فلم يكنْ إياه، ولا تمَّ له ما رَجَاه، ولا ما تمنَّاه، فإنَّا للّه. وقد ارتحل بعضُ أهلِ المدينةِ عنها ليلةَ دخَلها؛ فطوَى المراحلَ البعيدةَ إلى المنصور في سبعِ ليالٍ فورَدَ عليه، فوجَدَهُ نائمًا في الليل، فقال للربيع الحاجب: استأذنْ على الخليفة. فقال: إنه لا يُوقظُ في هذه الساعة. فقال: إنه لا بُدَّ من ذلك. فاخبرَ الخليفةَ فخرج، فقال: ويحك! ما وراءك. فقال: إنه خرج ابنُ حسن بالمدينة، فلم يُظهرِ المنصورُ لذلك اكتراثًا وانزعاجًا، بل قال: أنتَ رأيتَه؟ قال: نعم. فقال: هَلَك واللّهِ وأهلَكَ منِ اتَّبَعَه. ثم أمرَ بالرجلِ فسُجن، ثم جاءتِ الأخبارُ بذلك فتواترتْ، فأطلقهُ المنصور، وأطلَقَ لهُ عن كل ليلةٍ ألفَ دِرْهم، فأعطاهُ سبعةَ آلافِ درهم. ولما تحقَّقَ المنصورُ الأمرَ من خروجِه ضاقَ ذَرْعًا، فقال له بعضُ المنجِّمين: يا أمير المؤمنين، لا عليكَ منه، فوالله لو ملَكَ الأرضَ بِحَذَافيرِها فإنه لا يُقيم أكثرَ من سبعين يومًا. ثم أمر المنصورُ جميعَ رؤوس الأمراء أنْ يذهبوا إلى السجن، فيجتمعوا بعبدِ اللّه بن حسن والدِ محمد فُيخبروه بما وَقَعَ من خروجِ ولدِه، ويسمعوا ما يقولُ لهم. فلمَّا دخلوا عليه أخبروه بذلك، فقال: ما ترونَ ابنَ سلامة فاعلًا - يعني المنصور - فقالوا: لا ندري. فقال: واللّه لقد قَتَلَ صاحبَكُمُ البُخل، ينغي له أنْ يُنفقَ الأموال، ويستخدم الرجال، فإنْ ظهر فاسترجاعُ ما أنفقَ سَهْل، وإلَّا لم يكن لصاحبكم شيءٌ في الخزائن، وكان ما خَزَنَ لغيرِه. فرجعوا إلى الخليفةِ فأخبروه بذلك، وأشار الناس على الخليفة بمناجَزَتِهِ؛ فاستدعَى عيسى بن موسى فنَدَبه إلى ذلك ثم قال: إني سأكتُبُ إليه كتابًا أنْذِرُهُ بهِ قبلَ قتالِهِ. فكتب إليه: بسم اللّه الرحمن الرحيم، من عبدِ اللّه أمير المؤمنين إلى محمد بن عبد الله، ﴿إِنَّمَا جَزَاءُ الَّذِينَ
(١) يعني الطبري في تاريخه (٤/ ٤٢٧).

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