C’est ainsi que Moïse invoqua contre Pharaon et ses dignitaires en demandant que leurs biens soient anéantis et que leurs cœurs soient endurcis, de sorte qu’ils ne croient pas «jusqu’à ce qu’ils voient le châtiment douloureux», c’est-à-dire au moment où cela ne leur sera plus d’aucune utilité (1) et où cela sera pour eux un profond regret. Dieu — Exalté soit-Il — déclara alors à tous deux, c’est-à-dire à Moïse et à son frère Aaron, lorsqu’ils formulèrent cette demande : «Il dit : “Votre invocation a été exaucée.”» Voilà un exemple de la réponse que Dieu — Exalté soit-Il — accorda à l’invocation de Son interlocuteur (Kalim) et de son frère Aaron (– qu'Allah lui fasse miséricorde –).
Parmi les textes allant dans ce sens figure le hadith rapporté par l’imam Ahmed (2), d’après une chaîne de transmission remontant à Soulaymân ibn Harb, relaté par Hammâd ibn Salama, d’après ‘Alî ibn Zayd, d’après Youssouf ibn Mihrân, d’après Ibn ‘Abbâs, qui a dit : le Messager de Dieu (ﷺ) a déclaré : «Lorsque Pharaon dit : “Je crois qu’il n’est de dieu que Celui en qui les Enfants d’Israël ont cru”, alors Gabriel me dit : “Si seulement tu m’avais vu en train de prendre de la vase de la mer pour l’enfoncer dans sa bouche, craignant que la miséricorde de Dieu ne l’atteigne.”» Ce hadith est également rapporté par at-Tirmidhî (3), Ibn Jarîr (4) et Ibn Abî Hâtim, au sujet de ce verset, d’après la narration de Hammâd ibn Salama. At-Tirmidhî le qualifie de «hadith hasan» (5).
Abou Dâwoud at-Tayâlisî (6) rapporte également : «Chou‘bah nous a transmis, d’après ‘Adî ibn Thâbit et ‘Atâ’ ibn as-Sâ’ib, d’après Sa‘îd ibn Joubayr, d’après Ibn ‘Abbâs, qui a dit : le Messager de Dieu (ﷺ) a affirmé : “Gabriel m’a dit : ‘Si seulement tu m’avais vu me saisir de la vase de la mer pour l’enfoncer dans la bouche de Pharaon, de crainte que la miséricorde de Dieu ne le touche.’”» Ceci est aussi rapporté par at-Tirmidhî (7) et Ibn Jarîr (8), selon la même chaîne de transmission par Chou‘bah (9). At-Tirmidhî déclare : «hadith hasan sahîh gharîb» et Ibn Jarîr précise, dans l’une de ses versions, qu’il existe un récit s’interrompant au Compagnon (mawqouf) (10).
Ibn Abî Hâtim rapporte : «Abou Sa‘îd al-Achajj nous a transmis : Abou Khâlid al-Ahmar nous a relaté, d’après ‘Oumar ibn ‘Abd Allâh ibn Ya‘lâ ath-Thaqafî, d’après Sa‘îd ibn Joubayr, d’après Ibn ‘Abbâs, qui a relaté : “Lorsque Dieu noya Pharaon, celui-ci fit un geste du doigt et éleva la voix en disant : ‘Je crois qu’il n’est de dieu que Celui en qui les Enfants d’Israël ont cru.’ Alors Gabriel craignit que la miséricorde de Dieu ne le devance, et il prit aussitôt de la vase avec ses ailes et la jeta au visage de Pharaon pour l’immerger totalement.”» Ibn Jarîr a également transmis ce récit par la voie d’Abou Khâlid. Il a de plus rapporté (11), par l’intermédiaire de Kathîr ibn Zâdhân — qui est inconnu —, d’après Abou Hâzim, d’après Abou Hourayra, qui a dit :