Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Il chercha un moyen de les retrouver, mais cela ne se réalisa pas pour lui jusqu’à maintenant. Lorsqu’il interrogea leur père au sujet de ses deux fils, celui-ci jura qu’il ne savait pas où ils se trouvaient dans la terre de Dieu. Puis al-Manṣūr insista auprès de ‘Abd Allāh pour qu’il les lui livre ; ‘Abd Allāh s’en courrouça et déclara : « Par Dieu, s’ils étaient sous mes pieds, je ne te les indiquerais pas ! » Al-Manṣūr, irrité, ordonna son incarcération et fit vendre ses serviteurs ainsi que ses biens. ‘Abd Allāh demeura en prison trois ans. Par la suite, on suggéra à al-Manṣūr d’emprisonner tous les descendants de Ḥasan ; il les fit donc enfermer et s’acharna à rechercher Ibrāhīm et Muḥammad avec persistance. Or, ces derniers assistaient généralement au pèlerinage et se cachaient le plus souvent à Médine, sans qu’aucune personne qui eût pu les trahir ne se doutât de leur présence – louange à Dieu.

Al-Manṣūr relevait constamment le gouverneur de Médine de ses fonctions et en nommait un autre, le pressant de capturer les deux hommes, de se renseigner sur eux et de déployer tous les moyens possibles, y compris financières, pour mettre la main sur eux. Mais les décrets divins déjouaient tous ses plans, selon la volonté de Dieu.

Tous deux (Ibrāhīm et Muḥammad) avaient passé un accord avec un des émirs d’al-Manṣūr, appelé Abū l-ʿAsākir Khālid ibn Ḥassān. Ils convinrent, lors d’un certain pèlerinage, d’assassiner al-Manṣūr entre al-Ṣafā et al-Marwa. Cependant, ‘Abd Allāh ibn Ḥasan les en dissuada, en raison de la sacralité du lieu. Al-Manṣūr eut vent de cette affaire et apprit qu’ils avaient été soutenus par cet émir, qu’il fit torturer jusqu’à ce qu’il avoue le complot visant à le tuer.

Al-Manṣūr lui dit : « Qu’est-ce qui vous en a détournés ? » Il répondit : « C’est ‘Abd Allāh ibn Ḥasan qui nous en a empêchés. » Le calife ordonna alors de l’enterrer (vivant), si bien qu’on n’entendit plus jamais parler de lui. Al-Manṣūr consulta ensuite ses émirs et ses vizirs, hommes de conseil, au sujet des deux fils de ‘Abd Allāh ibn Ḥasan. Il dépêcha espions et émissaires dans tout le pays ; toutefois, nul ne parvint à la moindre information ni ne découvrit la moindre trace, car « Dieu a l’ascendant sur Son Ordre » [Yūsuf : 21].

Muhammad ibn ‘Abd Allāh ibn Ḥasan vint quant à lui trouver sa mère en disant : « Ô Mère, je suis pris de pitié pour mon père et mes oncles. J’ai songé à me rendre (à al-Manṣūr) afin de soulager ma famille. » Sa mère se rendit alors à la prison auprès d’eux pour leur faire part de ses propos. Ils déclarèrent : « Non, jamais ! Nous patienterons devant ce qui nous arrive, car peut-être Dieu fera-t-Il triompher la cause (de Muhammad) et nous délivrera par son intermédiaire. Nous endurerons, et notre délivrance est dans la Main de Dieu ; s’Il le veut, Il nous libère, et s’Il le veut, Il resserre davantage. » Ainsi, ils convinrent tous de persévérer.

Cette même année, on transféra la famille de Ḥasan de la prison de Médine vers une prison en Irak, les pieds entravés de fers et le cou ceint de carcans. C’est sous l’ordre d’Abū Jaʿfar al-Manṣūr que leurs fers furent posés pour la première fois à al-Rabadha ; on fit venir avec eux Muḥammad ibn ‘Abd Allāh al-ʿUthmānī – qui était le frère utérin de ‘Abd Allāh ibn Ḥasan – sachant également que sa fille était l’épouse d’Ibrāhīm ibn ‘Abd Allāh ibn Ḥasan et qu’elle se trouvait alors enceinte.

Al-Manṣūr le manda à sa présence et déclara : « Tu as juré, en affranchissant tes esclaves et en divorçant tes épouses, ne pas m’avoir trompé ; or voilà que ta fille est enceinte. Si elle l’est de son mari, c’est que tu étais au courant ; si elle l’est d’un autre, tu n’es qu’un être déshonoré. » Al-ʿUthmānī lui répondit d’une manière qui mit le calife en fureur. Il ordonna alors de le dépouiller de ses vêtements et on découvrit que son corps était semblable à de l’argent pur. On le fouetta ensuite cent cinquante coups de fouet en sa présence, dont trente atteignirent sa tête, si bien que l’un d’eux lui creva l’œil. On le renvoya en prison, le corps tuméfié à force d’ecchymoses et de sangs accumulés sur sa peau, à tel point qu’il semblait semblable à un esclave noir. On l’assit auprès de son frère utérin, ‘Abd Allāh ibn Ḥasan. Il réclama de l’eau, mais nul n’osa la lui donner à boire, jusqu’à ce qu’un Khorassānien, parmi les gardes qui les surveillaient, se charge de l’abreuver.

Ensuite, al-Manṣūr monta dans son palanquin et l’on plaça ces prisonniers, chargés de leurs fers et de leurs carcans, dans de misérables civières. Il passa près d’eux

طريقٍ على تحصيلِهما فلم يَتَّفِقْ له ذلك وإلى الآن؛ فلما سأل أباهما عنهما حلَفَ أنه لا يَدْري أين صارا من أرضِ اللّه، ثم ألَحَّ المنصورُ على عبدِ اللّه في طلَبِ ولدَيْه، فغضب عبدُ اللّه من ذلك وقال: واللّهِ لو كانا تحتَ قدمي ما دلَلْتُكَ عليهما. فغضب المنصورُ وأمر بسَجْنِه، وأمَرَ ببيعِ رقيقِهِ وأموالِه، فلبث في السجنِ ثلاثَ سنين، وأشاروا على المنصور بحَبْس بني حسن عن آخرِهم، فحبسهم وجدَّ في طلب إبراهيمَ ومحمدٍ جدًّا، هذا وهما يحضرانِ الحجَّ في غالب السنين، ويَكْمُنانِ في المدينةِ في غالبِ الأوقات ولا يَشْعُرُ بهما من يَنِمُّ عليهما وللّه الحمد؛ والمنصور يعزلُ نائبًا عن المدينة ويُوَلِّي عليها غيرَه، ويُحرِّضُهُ على إمساكهما والفَحْصِ عنهما، وبَذْلِ الأموالِ في طلَبِهما، وتُعْجزُهُ المقاديرُ عنهما لمَا يُريدُهُ اللّهُ – Exalté soit-Il – . وقد واطأهما على أمرِهما أميرٌ من أمراءَ المنصور يُقالُ له أبو العساكر خالدُ بن حسان، فحزموا في بعضِ الحجَّاتِ على الفتكِ بالمنصور بين الصَّفَا والمَرْوَة، فنهاهُمْ عبدُ اللّه بن حسن لِشَرَفِ البُقْعة، وقد اطَّلَعَ المنصورُ على ذلك، وعلم بما مالأهما ذلك الأمير، فعذَّبه حتى أقرَّ بما كانوا تمالؤوا عليه من الفَتْكِ به، فقال: وما الذي صرَفَكُمْ عن ذلك؟ فقال: عبدُ اللّه بن حسن نهانا عن ذلك، فأمر به الخليفةُ فغُيِّبَ في الأرض، فلم يَظْهَر حتى الآن. وقد استشار المنصور منْ يَعْلَم من أمرائِهِ ووزرائه من ذوي الرأي في أمرِ ابني عبدِ اللّه بن حسن؛ وبعث الجواسيس والقُصَّادَ في البلاد، فلم يقَعْ لَهُما على خبر، ولا ظهر لهما على عَيْنٍ ولا أثر، ﴿وَاللَّهُ غَالِبٌ عَلَى أَمْرِهِ﴾ [يوسف: ٢١] ، وقد جاء محمدُ بن عبد اللّه بن حسن إلى أمِّه فقال: يا أُمَّه، إني قد شَفِقْتُ على أبي وعُمومتي، ولقد هممتُ أن أضعَ يدي في يد هؤلاء لأريحَ أهلي، فذهبَتْ أمُّه إلى السجن، فعرضَتْ عليهم ما قال ابنُها، فقالوا: لا ولا كرامة، بل نصبِرُ على أمرِه، فلعلَّ اللّه يفتَحُ على يديه خيرًا، ونحن نصبِرُ وفرَجُنا بيدِ اللّه، إنْ شاء فرَّجَ عنَّا وإنْ شاء ضيَّق وتمالؤوا كلُّهم على ذلك (رضي الله عنهم) . وفيها نُقل آلُ حسنٍ من حَبْسِ المدينة إلى حَبْسٍ بالعراق وفي أرجُلِهمُ القيود، وفي أعناقهم الأغلال، وكان ابتداءُ تقييدِهم من الرَّبَذَة بأمرِ أبي جعفر المنصور، وقد أشخَصَ معهم محمدَ بنَ عبدِ اللّه العثماني - وكان أخا عبدِ اللّه بن حسن لأمِّه - وكانتِ ابنتُه تحتَ إبراهيمَ بنِ عبدِ اللّه بن حسن، وقد حملَتْ قريبًا، فاستحضرَهُ الخليفةُ وقال: قد حلفتَ بالعتاقِ والطلاق إنك لم تغشَّني وهذه ابنتُك حامل، فإنْ كان من زوجِها فقد حَبِلَتْ منهُ وأنتَ تعلمُ به، وإنْ كان من غيرِه فأنتَ ديُّوث. فأجابه العثمانيُّ بجوابٍ أحفَظَهُ به، فأمر به فجُرِّدتْ عنه ثيابُه، فإذا جسمُهُ مثلُ الفضَّةِ النقيَّة ثم ضرَبَهُ بين يديهِ مئةً وخمسين سَوْطًا، منها ثلاثونَ فوق رأسِه أصابَ أحدُها عينَهُ فسالَتْ، ثم ردَّهُ إلى السجن، وقد بقيَ كأنه عبدٌ أسود من زُرْقَةِ الضَّرْبِ وتراكُمِ الدِّماءِ فوقَ جِلْدِه، فأُجلس إلى جانبِ أخيهِ لأُمِّه عبدِ اللّه بن حسن، فاستسقى ماءً، فما جَسَرَ أحدٌ أنْ يَسْقيهُ حتى سقاهُ خُراسانيٌّ من جملةِ الجلاوزة الموكَّلين بهم. ثم ركب المنصورُ هوْدَجَهُ وأركبوا أولئك في مَحَامِلَ ضيقة وعليهمُ القيودُ والأغلال، فاجتاز بهم

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