En cette même année, moururent : Hajjâj as-Sawwâf, Humayd ibn Zâdawih at-Tawîl, Sulaymân ibn Tarḥân at-Tamîmî (que nous avions mentionné dans l’année précédente), ‘Amr ibn ‘Ubayd selon un dire, Layth ibn Abî Sulaym – selon l’opinion la plus sûre –, et Yaḥyâ ibn Sa‘îd al-Anṣârî.
[Ensuite débuta l’an 144 (de l’Hégire).]
Cette année-là, Muḥammad ibn Abî al-‘Abbâs as-Saffâḥ se rendit, sur ordre de son oncle al-Manṣūr, dans la région du Daylam, avec les armées venues de Kūfa, de Baṣra, de Wâsiṭ, de Mossoul et de la Jazîra. Au cours de la même année, Muḥammad ibn Ja‘far al-Manṣūr al-Mahdī arriva de Khurāsān pour retrouver son père, et il entra à al-Ḥīra auprès de la fille de son oncle, Râ’iṭa bint as-Saffâḥ.
Cette année-là également, Abū Ja‘far al-Manṣūr conduisit le pèlerinage (ḥajj) pour les gens. Il laissa la régence de al-Ḥīra et du camp à Khāzim ibn Khuzayma, et nomma Rabāḥ ibn ‘Uthmān al-Murrī gouverneur de Médine, destituant Muḥammad ibn Khālid al-Qasrī. Les fidèles vinrent à la rencontre d’Abū Ja‘far al-Manṣūr sur le chemin de la Mecque, alors qu’il accomplissait le ḥajj en l’an 144. Parmi ceux qui l’accueillirent se trouvait ‘Abd Allâh ibn Ḥasan ibn Ḥasan ibn ‘Alî ibn Abî Ṭâlib. Al-Manṣūr le fit asseoir à sa table et s’entretint avec lui de façon si chaleureuse qu’il en oublia presque le reste de son repas.
Il l’interrogea alors au sujet de ses deux fils, Ibrâhîm et Muḥammad : « Pourquoi ne sont-ils pas venus avec le reste des gens ? » ‘Abd Allâh ibn Ḥasan jura qu’il ignorait où ils s’étaient réfugiés, ce qui était vrai. En effet, à la fin du règne de Marwân al-Ḥimâr, Muḥammad ibn ‘Abd Allâh ibn Ḥasan avait reçu le serment d’allégeance (bay‘a) de la part de notables du Ḥijāz pour le proclamer calife et destituer Marwân. Parmi ceux qui lui prêtèrent alors allégeance figurait Abū Ja‘far al-Manṣūr, et ce, avant le transfert du pouvoir aux Banû al-‘Abbâs. Quand la califat échu à Abū Ja‘far al-Manṣūr, Muḥammad ibn ‘Abd Allâh ibn Ḥasan et son frère Ibrâhīm furent saisis d’une grande crainte à son égard, car al-Manṣūr redoutait qu’ils ne se révoltassent contre lui comme ils avaient voulu le faire contre Marwân. Ce que craignait al-Manṣūr se réalisa : tous deux prirent la fuite au loin, se rendirent d’abord au Yémen puis gagnèrent l’Inde, où ils vécurent cachés.
C’est alors que al-Ḥasan ibn Zayd dévoila l’endroit où ils se trouvaient ; fuyant de nouveau vers un autre lieu, ils furent encore une fois dénoncés par al-Ḥasan ibn Zayd, qui, surprenante ironie, faisait pourtant partie de leurs soutiens. De son côté, al-Manṣūr déploya tous les moyens possibles