Parmi les personnalités décédées cette année, on compte : Khâlid al-Haddhâ’, ‘Âsim al-Ahwal et ‘Amr ibn ‘Ubayd al-Qadarî, selon certains. Il s’agit de ‘Amr ibn ‘Ubayd ibn Bâb(1), que l’on dit aussi être Ibn Kaysân at-Tamîmî, leur affranchi, Abû ‘Uthmân al-Basrî, originaire de Perse, le sheykh des Qadarites et des Mu‘tazilites. Il transmit des hadiths d’al-Hasan al-Basrî, ‘Ubayd Allâh ibn Anas et Abû Qilâbah. Quant à ceux qui ont rapporté de lui, on retrouve les deux Hammâd, Sufyân ibn ‘Uyaynah, al-A‘mash – qui était de ses contemporains –, ‘Abd al-Wârith ibn Sa‘îd, Hârûn ibn Mûsâ, Yahyâ al-Qattân et Yazîd ibn Zuray‘.
L’imam Ahmad ibn Hanbal(2) déclara : « Il ne mérite pas que l’on rapporte ses hadiths. » ‘Alî ibn al-Madînî et Yahyâ ibn Ma‘în dirent : « Il ne vaut rien. » Ibn Ma‘în ajouta : « C’était un homme mauvais, un dahri qui disait : “Les gens ne sont que semblables à des semailles(3).” » Al-Fallâs affirma : « On l’a abandonné (matrûk), c’était un innovateur. Yahyâ al-Qattân nous transmettait ses récits, puis cessa de le faire. Ibn al-Mahdî n’en relatait pas non plus. » Abû Hâtim dit : « On l’a délaissé (matrûk). » An-Nasâ’î ajouta : « Il n’est pas digne de confiance. »
Shu‘bah raconta de la part de Yûnus ibn ‘Ubayd : « ‘Amr ibn ‘Ubayd mentait dans la transmission des hadiths. » Hammâd ibn Salamah rapporta : « Humayd me dit : “Ne prends rien de lui, car il mentait au nom d’al-Hasan al-Basrî.” » Le même propos fut tenu par Ayyûb, ‘Awf et Ibn ‘Awn. Ayyûb déclara : « Je ne lui ai jamais reconnu de raison (d’intelligence). » Matar al-Warrâq dit : « Par Dieu, je ne le croirais sur rien ! » Quant à Ibn al-Mubârak, il dit : « On a abandonné son hadith parce qu’il appelait à la doctrine du Qadar. »
Nombre d’imams du jarh wa-ta‘dîl (la critique et l’évaluation des narrateurs) l’ont ainsi jugé faible, tandis que d’autres ont fait l’éloge de son assiduité dans l’adoration, de sa piété et de son ascétisme. Al-Hasan al-Basrî déclara à son sujet : « Voilà le maître de la jeunesse des lecteurs, tant qu’il ne commettra pas d'innovation. » Et l’on dit : « Puis il en commît et pas des moindres, par Dieu ! » Ibn Hibbân(4) expliqua : « Il était au nombre des gens de grande piété et d’adoration, jusqu’à ce qu’il tomba dans son innovation et se séparât de l’assemblée d’al-Hasan. »