Lorsque les armées se firent face à Ṭabaristān, elles la conquirent et assiégèrent l’Aṣbahbadh jusqu’à le contraindre à se retrancher dans sa forteresse. Il conclut alors la paix avec elles au sujet des trésors qui s’y trouvaient. Al-Mahdī écrivit à son père à ce propos, tandis que l’Aṣbahbadh se rendit dans le pays du Daylam, où il mourut. Les troupes brisèrent également la puissance du roi des Turcs, appelé al-Maṣmaġhān, et firent prisonniers plusieurs peuples parmi les femmes et les enfants. Voilà la première conquête de Ṭabaristān.
La même année, la construction d’al-Muṣayṣa fut achevée par Jibrīl ibn Yaḥyā al-Khurāsānī. Cette année-là également, Muḥammad ibn Ibrāhīm al-Imām assura la garde (murābaṭa) dans la région de Malatya.
Au cours de cette année, al-Manṣūr destitua Ziyād ibn ʿUbayd Allāh de son poste d’émir du Ḥijāz et nomma Muḥammad ibn Khālid al-Qasrī comme gouverneur de Médine ; celui-ci y arriva au mois de Raǧab. Al-Haytham ibn Muʿāwiyya al-ʿAkkī fut nommé gouverneur de La Mecque et de Tāʾif. Cette année vit également le décès de Mūsā ibn Kaʿb, qui était à la tête de la police d’al-Manṣūr. Quant à l’Égypte, elle resta gouvernée par celui qui en avait la charge l’année précédente, jusqu’à ce qu’al-Manṣūr confie le poste à Muḥammad ibn al-Ashʿath, puis le démette et nomme Nawfal ibn al-Furāt à sa place.
Cette année encore, le Pèlerinage fut accompli sous la conduite de Ṣāliḥ ibn ʿAlī, qui gouvernait Qinnasrīn, Ḥimṣ, Damas, et le reste des provinces selon ce que nous avons mentionné précédemment — et Dieu est plus savant.
Au cours de cette année décédèrent : Abān ibn Taghlib, Mūsā ibn ʿUqba, auteur des Maghāzī, ainsi que Abū Isḥāq al-Šaybānī selon une opinion — et Dieu, exalté soit-Il, est plus savant.
[Puis arriva l’année quarante-deux et cent]
Cette année-là, ʿUyayna ibn Mūsā ibn Kaʿb, gouverneur du Sind, renia son allégeance au calife. Celui-ci envoya alors des troupes sous le commandement de ʿUmar ibn Ḥafṣ ibn Abī Ṣufra, à qui il confia le Sind et l’Inde. ʿUmar ibn Ḥafṣ le combattit, s’empara du pays et le lui arracha.
La même année, l’Aṣbahbadh de Ṭabaristān viola le pacte qui le liait aux musulmans, tuant un groupe de ceux qui s’y trouvaient. Le calife dépêcha alors des armées conduites par Khāzim ibn Khuzayma et Rūḥ ibn Ḥātim, accompagnés de Marzūq Abū al-Khaṣīb, affranchi d’al-Manṣūr. Ils l’assiégèrent longtemps. Comme la conquête de la forteresse dans laquelle il était leur échappait, ils eurent recours à la ruse.
En effet, Abū al-Khaṣīb déclara : « Frappez-moi et rasez-moi la tête et la barbe. » Il se fit donc passer pour un homme fâché contre les musulmans, ayant été frappé et rasé, avant de se rendre auprès de l’Aṣbahbadh. Celui-ci s’en réjouit, l’honora et le rapprocha de lui. Abū al-Khaṣīb feignit alors de lui être loyal et de le servir sincèrement jusqu’à le tromper et gagner grandement sa confiance, au point d’être chargé, entre autres, d’ouvrir et de fermer la forteresse. Lorsqu’il se trouva en mesure de