Abû Hâzim Salama ibn Dînâr, Suhayl ibn Abî Sâlih, ʿUmâra ibn Ghaziyya et ʿAmr ibn Qays al-Sakûnî.
[Puis arriva l’an cent quarante et un (141)].
Au cours de cette année, un groupe appelé ar-Râwandiyya se révolta contre al-Manṣûr. Ibn Jarîr (1) rapporte d’après al-Madâ’inî qu’ils étaient originaires du Khurâsân et qu’ils suivaient l’opinion (2) d’Abû Muslim. Ils affirmaient croire en la transmigration des âmes (at-tanâsukh), prétendant que l’âme d’Adam s’était transférée à ʿUthmân ibn Nahîk, que leur Seigneur – celui qui les nourrit et leur donne à boire – était Abû Jaʿfar al-Manṣûr, et que l’Haytham ibn Muʿâwiya était Gabriel. Qu’Allâh les anéantisse.
Ibn Jarîr (3) raconte : « Un jour, ils se rendirent au palais d’al-Manṣûr, tournant autour de celui-ci et proclamant : “Voici le palais de notre Seigneur.” Al-Manṣûr fit alors arrêter leurs chefs et en emprisonna deux cents. Indignés, ils dirent : “Pourquoi les enfermer ?” Ils saisirent ensuite un cercueil vidé, le portèrent sur leurs épaules et se regroupèrent autour de lui comme pour accompagner un convoi funèbre. En passant devant la porte de la prison, ils déposèrent le cercueil et pénétrèrent de force à l’intérieur, libérant leurs compagnons. Puis ils se dirigèrent, au nombre d’environ six cents, vers al-Manṣûr.
Les gens se mirent à crier, et les portes de la ville furent fermées. Al-Manṣûr sortit à pied du palais, n’ayant trouvé aucune monture. On lui en amena une sur laquelle il grimpa. Il se dirigea alors vers les Râwandiyya, suivi d’hommes arrivant de toutes parts. Maʿn ibn Zâ’ida vint à sa rencontre : quand il aperçut al-Manṣûr, il descendit de cheval, saisit la bride de la monture du calife et lui dit : “Ô Commandeur des croyants, rebroussez chemin, nous nous chargeons d’eux.” Al-Manṣûr refusa. Alors les marchands et gens du marché se dressèrent contre les Râwandiyya et les combattirent, tandis que les troupes affluaient et les encerclaient de tous côtés, les anéantissant jusqu’au dernier.
ʿUthmân ibn Nahîk fut atteint d’une flèche entre les épaules ; il en fut malade quelques jours puis mourut. Le calife dirigea la prière funéraire, demeura près de sa tombe jusqu’à l’inhumation, invoqua Allâh en sa faveur, et nomma ensuite son frère ʿIsâ ibn Nahîk à la tête de la garde. Tous ces événements se déroulèrent dans la ville hachémite, à Kûfa.
Une fois le combat contre les Râwandiyya achevé ce jour-là, al-Manṣûr dirigea la prière de dhuhur avec les gens à la fin de son heure réglementaire. Puis on lui apporta à manger, et il demanda : “Où est Maʿn ibn Zâ’ida ?” Il refusa de toucher à la nourriture avant l’arrivée de Maʿn. Quand celui-ci fut là, il le fit asseoir à ses côtés et se mit à le louer devant l’assemblée pour la bravoure dont il avait fait preuve ce jour-là. Alors Maʿn dit