À ceux qu’il a bernés et qui l’ont obéi, et à ceux qui ont suivi son faux propos : « Voyez donc comment la mer s’est retirée pour moi, afin que je puisse atteindre mes esclaves qui se sont échappés de ma main, quittant mon autorité et mon pays. » Et Pharaon se mit à se convaincre (1) en son for intérieur de les poursuivre et estimait (2) qu’il pourrait être sauvé – mais c’était illusoire. Tantôt il avançait, tantôt il reculait.
On rapporte que Gabriel (que la paix soit sur lui) apparut sous la forme d’un cavalier monté sur une jument stérile (3). Il passa devant l’étalon de Pharaon – que Dieu le maudisse – lequel hennit et se tourna vers la jument, tandis que Gabriel accélérait devant lui. L’étalon s’élança alors dans la mer et s’y précipita avec célérité, et la manœuvre fut parfaitement exécutée. Pharaon se lança aussitôt à sa suite, alors qu’il ne se maîtrisait plus du tout et qu’il ne possédait pas la moindre capacité à se nuire ou à s’être utile. Quand ses troupes virent qu’il était entré dans la mer, elles pénétrèrent derrière lui en toute hâte et s’y trouvèrent toutes immergées, sans exception (4). Jusqu’au moment où les premiers d’entre eux s’apprêtaient à sortir, Dieu – qu’Il soit exalté – ordonna alors à Son interlocuteur (Moïse), selon ce qu’Il lui avait révélé, de frapper la mer de son bâton. Moïse la frappa, et la mer se referma sur eux comme auparavant. Pas un seul de leurs hommes ne fut épargné.
Dieu, Très-Haut, dit : « Nous sauvâmes Moïse et tous ceux qui étaient avec lui (65), puis Nous noyâmes les autres (66). Voilà bien un signe ! Et la plupart d’entre eux ne croyaient pas (67). Ton Seigneur, Lui, est certes le Tout-Puissant, le Tout-Clément » [Coran 26 : 65-68]. C’est-à-dire : dans le fait de sauver Ses alliés, sans qu’aucun ne se noie, et de noyer Ses ennemis, sans qu’aucun ne s’en sorte, Il donna un signe grandiose et un argument irréfutable de Sa puissance immense, ainsi qu’une preuve de la véracité de Son Messager et de ce qu’il rapportait de la part de son Seigneur, à savoir la noble Loi et les voies droites.
Dieu, exalté soit-Il, dit aussi : « Et Nous fîmes traverser la mer aux Enfants d’Israël. Pharaon et ses troupes les poursuivirent ensuite, par tyrannie et agressivité, jusqu’à ce que la noyade l’atteigne. Il s’écria : “Je crois qu’il n’est de dieu que Celui en qui les Enfants d’Israël ont cru, et je suis parmi ceux qui se soumettent !” (90) – maintenant ? Or tu as désobéi auparavant et tu comptais parmi les semeurs de corruption (91). Aujourd’hui, Nous allons sauver ton corps afin que tu serves de signe à ceux qui viendront après toi. Mais beaucoup de gens restent indifférents à Nos signes (92). » [Jonas (Yûnus) : 90-92].
Dieu informe ainsi de la manière dont Pharaon, chef des mécréants égyptiens, trouva la noyade : balloté tantôt vers le fond, tantôt ramené à la surface par les vagues, sous les yeux des Enfants d’Israël qui observaient ce qu’Il infligeait à Pharaon et à ses soldats en termes de châtiment terrible et d’épreuve rude, afin de réjouir les cœurs d’Israël et d’apaiser leurs âmes. Quand Pharaon vit sa propre perte imminente, qu’il fut cerné de toutes parts et subit l’agonie, il se repentit alors et revint [à Dieu]. Il crut à ce moment-là où la foi ne profite plus à l’âme (5). Ainsi Dieu, très-haut soit-Il, dit :
« Pour ceux qui ont mérité le décret de ton Seigneur, ils ne croiront pas (96), même si tous les signes leur parvenaient, jusqu’à ce qu’ils voient le châtiment douloureux (97) » [Jonas (Yûnus) : 96-97].
Et Il dit aussi : « Puis, quand ils contemplèrent Notre rigueur, ils s’écrièrent : “Nous croyons en Dieu, Lui seul, et nous renions ce à quoi nous étions associés” (84). Mais leur foi ne leur fut d’aucune utilité lorsqu’ils virent Notre châtiment. Telle est la règle immuable de Dieu qui a déjà été appliquée à Ses serviteurs. Là, les mécréants furent bien les perdants (85). » [Le Pardonneur (Ghâfir) : 84-85].
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(1) Litt. “il laissa paraître dans son for intérieur que…” ou “il se persuada”.
(2) “Considérer possible” ou “admettre qu’il puisse être sauvé”.
(3) Ramaka hâ’il : une jument stérile ou non pleine.
(4) Expression arabe soulignant qu’ils y entrèrent tous, sans aucune exception.
(5) Allusion au fait que la foi ne profite pas à la personne lorsqu’elle accepte de croire au moment d’affronter la mort et le châtiment certain.