Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Au cours de cette année, s’établit le califat de l’« Entrant » issu des Banû Umayya en direction des terres d’al-Andalus ; il s’agit d’Abd al-Rahmân ibn Muʿâwiya ibn Hishâm ibn ʿAbd al-Malik ibn Marwân al-Hâshimî. [Je dis : il n’est pas hachémite, mais bien omeyyade, et on l’appelle donc omeyyade.] (1)

Il était entré au Maghreb [en fuyant ʿAbd Allâh ibn ʿAlî ibn ʿAbd Allâh ibn al-ʿAbbâs], accompagné de ses compagnons [qui avaient fui avec lui]. En chemin, ils croisèrent un groupe d’hommes qui s’entretuaient pour une rivalité tribale, entre Yéménites et Mudharites. Il envoya alors son affranchi Badr auprès d’eux afin de les rallier à sa cause ; ils lui prêtèrent allégeance et l’accompagnèrent. Il pénétra ainsi dans al-Andalus, la conquit et s’en empara, l’arrachant des mains de son gouverneur, Yûsuf ibn ʿAbd al-Rahmân ibn Ḥabîb ibn Abî ʿUbayda ibn ʿUmba ibn Nâfiʿ al-Fihrî, qu’il tua. ʿAbd al-Rahmân s’établit à Qurṭuba (Cordoue) et demeura calife en ces contrées à partir de cette année, c’est-à-dire l’an 138 de l’Hégire, jusqu’en 172, date à laquelle il mourut, après avoir régné trente-quatre années et quelques mois.

Son fils Hishâm lui succéda alors pour six années et quelques mois, puis il mourut. Après lui vint al-Ḥakam ibn Hishâm, qui régna vingt-six ans et quelques mois, avant de mourir à son tour. Son fils ʿAbd al-Rahmân ibn al-Ḥakam prit alors sa suite pendant trente-trois ans, puis mourut. Vint ensuite Muḥammad ibn ʿAbd al-Rahmân ibn al-Ḥakam, pour vingt-six années, suivi par son fils al-Mundhir ibn Muḥammad, puis par le frère de celui-ci, Muḥammad ibn al-Mundhir. Cela se situait après l’an 300, fort longtemps plus tard. Puis cet État disparut, comme nous le mentionnerons en exposant la fin de ces années et de leurs dirigeants, [ainsi que ce qu’ils vécurent de prospérité, de jouissance et de beautés féminines… Puis ces années et leurs gens prirent fin], comme s’ils avaient répondu à un rendez-vous fixé. (2)

[Puis ils devinrent pareils à des feuilles séchées emportées par les vents du levant et du couchant…] (3)

[Ensuite arriva l’an 139 de l’Hégire.] Cette année-là, Ṣâliḥ ibn ʿAlî acheva la construction de Malatya, puis mena une campagne d’été par la route de l’al-Ḥadath, s’enfonçant en territoire byzantin. Il était accompagné de ses deux sœurs, Umm ʿÎsâ et Lubâba bint ʿAlî, qui avaient fait vœu, sitôt le pouvoir des Banû Umayya renversé, de combattre dans le sentier de Dieu.

Toujours cette année, se déroula l’échange de prisonniers entre al-Manṣûr et le souverain byzantin, permettant de libérer certains captifs musulmans. Après quoi, il n’y eut plus de campagne d’été ni cette année ni jusqu’en l’an 146, en raison de l’occupation d’al-Manṣûr par l’affaire des deux fils de ʿAbd Allâh ibn

(1) Ce qui est entre parenthèses dans (B, Ḥ) provient de (Q). (2) Le premier hemistiche du vers est extrait d’un poème d’Abū Tammām, et son second hemistiche est : « Comme s’ils étaient des songes » (p. 72). Le dernier hemistiche provient d’un poème d’al-Aswad ibn Yaʿfūr mentionné par le Muṣannif de l’Aghānī (t. 13, pp. 20, 21, 23), dont le premier hemistiche est : « Le vent a soufflé sur le lieu de leur demeure ». (3) Le vers est dispersé dans toutes les copies avec quelques variantes ; il appartient à un poème de ʿUday ibn Zayd al-ʿAbbādī, cité par Abū al-Faraj dans son Aghānī (t. 2, p. 139).
وفيها كانتْ خلافةُ الداخلِ من بني أمية إلى بلادِ الأندلس؛ وهو عبدُ الرحمن بن معاوية بن هشام بن عبد الملك بن مروان الهاشمي [قلتُ: ليس هو بهاشمي إنما هو من بني أمية، ويُسمَّى أمويًّا] (١) ، كان قد دخل إلى بلادِ المغرب [فِرَارًا من عبدِ اللَّه بن علي بن عبدِ اللَّه بن عباس] فاجتازَ بمَنْ معه من أصحابِه [الذين فَرُّوا معه] بقويم يقتتلونَ على عصبيَّةِ اليمانيةِ والمضريَّة؛ فبعث مولاه بدرًا إليهم فاستمالَهم إليه، فبايعوه ودخل بِهم، ففتح بلادَ الأندلس، واستحوذَ عليها، وانتزَعها من نائبِها يوسفَ بنِ عبدِ الرحمن بن حبيب بن أبي عُبيدة بن عُمبةَ بنِ نافع الفِهْرِي، وقتله وسكن عبدُ الرحمن قُرْطُبَة، واستمرَّ في خلافته في تلك البلاد من هذهِ السنة أعني سنةَ ثمان وثلاثين ومئة، إلى سنة ثنتَيْنِ وسبعين ومئة، فتوفِّي فيها ولَهُ في الملك أربعٌ وثلاثون سنةً وأشْهُرٌ، ثم قام من بعد ولَدُه هشام ستَّ سنين وأشهرًا، ثم مات فوَليَ بعدَهُ الحكَمُ بن هشام ستًا وعشرين سنةً وأشهرًا، ثم مات، ثم ولي بعده ولَدُه عبدُ الرحمن بن الحكم ثلاثًا وثلاثين سنة، ثم مات، ثم ولي بعدَهُ محمد بن عبد الرحمن بن الحكم ستًا وعشرين سنة، ثم ابنه المنذر بن محمد، ثم أخوه محمد بن المنذر، وكانت أيامُه بعد الثلاث مئة بدَهْر. ثم زَالتْ تلك الدولةُ كما سنذكرُه من زوالِ تلك السنين وأهلِها، [وما قضَوْا من النعيمِ والعيش الرغيد، والنساء الحسان: ثم انقضَتْ تلك السنونُ وأهلُها] ...... فكأنَّهم كانوا على ميعاد (٢) [ثم أضحَوْا كأنَّهم ورَقٌ جَفّ … فألوَتْ عليهِ الصَّبا والدَّبُورُ] (٣) [ثم دخلت سنة تسع وثلاثين ومئة] فيها أكمل صالحُ بن علي بناءَ مَلَطْيَة، ثم غزا الصائفةَ على طريق الحدث، فوَغَلَ في بلادِ الروم، وغزا معه أختاه أمُّ عيسى ولُبَابَةُ ابنتا علي، وكانتا نذَرَتا إنْ زال ملكُ بني أميَّةَ أنْ يُجاهدا في سبيلِ اللَّه – Exalté soit-Il – . وفيها كان الفداءُ الذي حصَلَ بين المنصور وبين ملكِ الرُّوم، فاستنقذَ بعض أسرى المسلمين، ثم لم يكنْ للناس صائفةٌ في هذه السنةِ إلى سنةِ ستٍّ وأربعين، وذلك لاشتغالِ المنصور بامرِ ابني عبدِ الله بن
(١) ليس ما بين المعقوفين في (ب، ح)، وهو من (ق). (٢) صدر البيت من قصيدة لأبي تمام وعجزه: "فكأنها وكأنهم أحلامُ" ص (٧٢). وعجز البيت من قصيدة للأسود بن يعفر ذكرها صاحب الأغاني (١٣/ ٢٠، ٢١، ٢٣)، وصدره فيه: "جرت الرياح على محلِّ ديارهم". (٣) نثر البيت في جميع النسخ وحرف، وهو من قصيدة لعدي بن زيد العبادي ذكرها أبو الفرج في أغانيه (٢/ ١٣٩).

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