Dieu – Exalté soit-Il – a dit : « Nous révélâmes alors à Moïse : “Frappe la mer de ton bâton.” Elle se fendit, et chaque parti devint semblable à une immense montagne. »
On raconte qu’elle se divisa en douze chemins, un pour chaque tribu(1), afin qu’ils y avancent. Certains ont même rapporté qu’il y eut des ouvertures (comme des fenêtres) pour que les uns puissent voir les autres. Toutefois, il convient d’examiner cette question, car l’eau est une substance transparente lorsqu’il y a de la lumière derrière elle, c’est ce qu’il a été dit. Ainsi l’eau de la mer se tenait dressée tel un rempart, maintenu par la Puissance prodigieuse de Celui qui, quand Il décrète une chose, dit : « Sois », et elle est. Dieu ordonna alors au vent de l’ouest(2) de souffler sur la mer ; ce vent assécha l’eau, de sorte que la terre devint sèche sans qu’aucune boue ne s’attache aux sabots des chevaux et des bêtes de somme.
Dieu – Exalté soit-Il – a dit également : « Nous avons certes révélé à Moïse : “Pars de nuit avec Mes serviteurs, puis trace-leur un chemin sec à travers la mer, sans craindre d’être rejoints ni d’avoir peur. (77) Pharaon les poursuivit avec ses troupes, mais de la mer s’abattit sur eux ce qui les submergea. (78) Pharaon égara son peuple, et il ne le guida point correctement. (79)” » [Tâ-Hâ : 77-79].
Ce qui nous importe, c’est que, lorsque la mer en arriva à cette situation par la volonté du Seigneur grandiose, Celui à la puissance invincible, Il ordonna à Moïse – sur lui la paix – de la traverser avec les Enfants d’Israël. Ils y descendirent rapidement, plein de joie et se hâtant d’avancer, après avoir été témoins de ce prodige qui émerveille le regard et éclaire le cœur des croyants. Lorsqu’ils eurent tous traversé et que le dernier d’entre eux en fut sorti, la séparation se fit, justement au moment où la première troupe de l’armée de Pharaon arrivait devant la mer et s’y engageait. Moïse – sur lui la paix – voulut alors frapper la mer de son bâton pour qu’elle reprenne son état initial, empêchant ainsi Pharaon et ses soldats d’y accéder. Mais le Tout-Puissant, le Détenteur de la Majesté, lui ordonna de laisser la mer telle quelle, ainsi qu’Il l’a dit – et Sa parole est vérité :
« Nous mîmes à l’épreuve avant eux le peuple de Pharaon : un noble messager leur vint (17) disant : “Livrez-moi les serviteurs de Dieu, je suis pour vous un messager digne de confiance (18). Ne vous montrez pas arrogants envers Dieu, je viens à vous avec une preuve évidente (19). Et je cherche refuge auprès de mon Seigneur et le vôtre pour que vous ne me lapidiez point (20). Si vous ne me croyez pas, laissez-moi donc.” (21) Puis il invoqua son Seigneur : “Ce peuple est criminel.” (22) “Pars de nuit avec Mes serviteurs : vous serez poursuivis. (23) Et laisse la mer calme, ils seront une armée noyée. (24) Que de jardins et de sources ont-ils laissés (25), que de champs et de demeures nobles (26), et de bienfaits dont ils jouissaient dans l’aisance (27). Il en fut ainsi ; Nous les avons ensuite légués à un autre peuple (28). Ni le ciel ni la terre ne les pleurèrent, et on ne leur accorda aucun répit (29). Nous avons sauvé les Enfants d’Israël du châtiment avilissant (30) de la part de Pharaon : il était vraiment hautain et outrancier. (31) Nous les avons certes choisis, en toute connaissance, au-dessus des mondes (32) et Nous leur avons donné des signes comportant une épreuve évidente. (33)” » [Ad-Dukhân : 17-33].
Cette parole du Très-Haut : « Et laisse la mer calme » signifie : « Laisse-la immobile, dans son état, ne la modifie pas. » C’est l’interprétation d’Abdallah ibn Abbâs, de Mujâhid, d’Ikrima, du Rabî‘, d’Ad-Dahhâk, de Qatâda, de Ka‘b al-Ahbâr, de Simâk ibn Harb, d’Abd Ar-Rahmân ibn Zayd ibn Aslam et d’autres encore. Ainsi Moïse la laissa telle quelle. Lorsque Pharaon arriva et vit ce qu’il vit, il fut terrifié devant ce spectacle grandiose et saisit intérieurement qu’il s’agissait bel et bien de l’œuvre du Seigneur du Trône sublime. Il hésita à aller de l’avant et regretta de s’être lancé à leur poursuite, alors qu’il n’y avait plus rien à faire. Malgré cela, il feignit la hardiesse devant ses troupes, les traita en ennemi et sa nature incrédule, son esprit rebelle, le poussèrent à proclamer… »
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(1) Chacune des douze tribus d’Israël (Asbât).
(2) Littéralement : « ar-rîh ad-dabûr », le vent d’ouest – selon certains exégètes.