Les savants de l’exégèse (1) rapportent que lorsque Pharaon se mit en route avec ses troupes pour poursuivre les enfants d’Israël et suivre leur trace, il était à la tête d’une armée dense et imposante. On raconte même que sa cavalerie comptait cent mille étalons noirs, et que l’effectif total de ses soldats dépassait un million six cent mille hommes. Dieu est plus savant.
On a également dit que les enfants d’Israël étaient environ six cent mille combattants, sans compter les enfants. Il y eut, entre le moment de leur sortie d’Égypte (2) en compagnie de Moïse – que la paix soit sur lui – et celui de leur entrée en Égypte accompagnés de leur père Israël, quatre cent vingt-six années solaires.
Ainsi, Pharaon les rejoignit avec son armée et les atteignit au lever du soleil. Les deux camps se firent alors face, sans qu’aucun doute ne subsistât ; chacun apercevait clairement l’autre, et il ne restait plus qu’à combattre, s’affronter et résister. À ce moment-là, sous l’effet de la peur, les compagnons de Moïse dirent : « Nous allons être rejoints ! », car ils s’étaient trouvés contraints, sur leur chemin, à longer la mer : ils n’avaient donc ni issue ni échappatoire en dehors de la franchir (3). Ce que personne n’était en mesure de faire. Les montagnes, hautes et imposantes, se dressaient à leur gauche et à leur droite. Quant à Pharaon, il les avait cernés et leur faisait face, et tous pouvaient le voir, lui, ses troupes, son grand nombre et son attirail. Les enfants d’Israël, qui avaient subi sous sa domination maintes humiliations et outrages, en étaient saisis de crainte et d’effroi ; ils se plaignirent alors auprès du Prophète de Dieu de ce qu’ils voyaient et enduraient.
C’est alors que le Messager, véridique et digne de confiance, leur répondit : « Jamais ! Mon Seigneur est avec moi, Il me guidera » (﴿كَلَّا إِنَّ مَعِيَ رَبِّي سَيَهْدِينِ﴾). Il se trouvait alors à l’arrière (4) mais passa devant et regarda la mer, dont les vagues s’entrechoquaient avec fracas, tandis que son écume amère s’amplifiait (5). Il dit : « C’est ici que j’ai reçu l’ordre. » Son frère Aaron était à ses côtés, ainsi que Josué fils de Noun, qui comptait alors parmi les notables, les savants et les grands dévots des enfants d’Israël. Dieu lui révéla plus tard la prophétie, après Moïse et Aaron – que la paix soit sur eux (– qu'Allah lui fasse miséricorde –) –, comme nous l’évoquerons ultérieurement si Dieu le veut. Avec eux se trouvait aussi le Croyant issu de la famille de Pharaon. Tous s’étaient arrêtés, et la totalité des enfants d’Israël était rassemblée auprès d’eux.
On raconte que ce Croyant de la famille de Pharaon s’élançait à maintes reprises dans la mer avec son cheval pour vérifier s’il était possible de la franchir, mais n’y parvenait pas. Il interrogeait alors Moïse – que la paix soit sur lui – en disant : « Ô Prophète de Dieu, est-ce bien ici que tu as reçu l’ordre (d’avancer) ? » Et il répondait : « Oui. »
Quand la situation s’aggrava, que l’impasse se resserra et que le péril s’intensifia, Pharaon et ses troupes s’approchèrent, redoublant de détermination, d’avidité, de colère et de rancœur, au point que les yeux s’égarèrent et que les cœurs montèrent jusqu’aux gorges. C’est alors que le Clément, l’Immense, le Puissant, le Seigneur du Trône sublime, révéla à Moïse, Son interlocuteur : « Frappe la mer de ton bâton » (﴿أَنِ اضْرِبْ بِعَصَاكَ الْبَحْرَ﴾). Quand Moïse la frappa, dit-on, il lui adressa la parole : « Fends-toi, par la permission de Dieu. » On raconte aussi qu’il l’appela par le surnom d’Abou Khalid (6). Dieu est plus savant.