Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Al-Yamāma fut placée sous une nouvelle administration, et l’on destitua son gouverneur de Kūfa, pour y nommer ‘Īsā b. Mūsā à sa place, tandis que Ibn Abī Laylā fut désigné juge. Sufyān b. Mu‘āwiya al-Muhallabī assurait la vice-gouvernance de Baṣra, et al-Ḥajjāj b. Arṭāta y exerçait la fonction de cadi. Manṣūr b. Jumhūr administrait as-Sind, Muḥammad b. al-Ash‘ath le Fārs, et Abū Ja‘far al-Manṣūr gouvernait l’Arménie, l’Azerbaïdjan et la Jazīra. Quant à la Syrie (ash-Shām) et ses régions, elles relevaient de ‘Abd Allāh b. ‘Alī, l’oncle d’as-Saffāḥ. L’Égypte revenait à Abū ‘Awn ‘Abd al-Malik b. Yazīd, et le Khorāsān et ses territoires à Abū Muslim al-Khurāsānī. Enfin, Khālid b. Barmak était à la tête du Dīwān al-Kharāj (service du fisc). Cette même année, le pèlerinage fut dirigé par Dāwud b. ‘Alī.

Mention de ceux qui décédèrent au cours de cette année parmi les notables : Marwān b. Muḥammad b. Marwān b. al-Ḥakam Abū ‘Abd al-Malik al-Umawī, le dernier calife omeyyade, fut tué pendant les dix derniers jours de dhū al-Ḥijja cette année-là, ainsi qu’il a été exposé en détail plus haut(1).

Son ministre était : ‘Abd al-Ḥamīd b. Yaḥyā b. Sa‘d(2), affranchi des Banū ‘Āmir b. Lu’ayy, scribe éloquent cité comme référence, au sujet duquel on disait : « Les missives commencèrent avec ‘Abd al-Ḥamīd et s’achevèrent avec Ibn al-‘Amīd. » Il était un maître en art épistolaire et dans tous ses domaines, constituant le modèle par excellence. Il composa des recueils de lettres qui totalisaient mille feuillets. Originaire de Qaysariyya, il vécut ensuite en Syrie, où il étudia auprès de Sālim, affranchi de Hishām b. ‘Abd al-Malik. Le vizir du calife al-Mahdī, Ya‘qūb b. Dāwud, écrivait sous ses yeux et s’y forma. Son propre fils, Ismā‘īl b. ‘Abd al-Ḥamīd, excella également dans l’art de la rédaction. Auparavant enseignant des enfants, il finit par devenir le vizir de Marwān, puis as-Saffāḥ le fit exécuter et mutiler son corps, alors qu’il eût été plus juste de l’épargner.

Parmi ses sentences remarquables, on retient : « La science est un arbre dont la parole est le fruit ; la réflexion est une mer dont la sagesse est la perle. »

Un jour, le voyant écrire de manière maladroite, il dit à un homme : « Allonge et épaissis la pointe de ta plume ; inclinais-en le biseau vers la droite. » L’homme raconta ensuite : « Je fis cela et mon écriture s’améliora(3). »

Un autre jour, quelqu’un lui demanda une lettre de recommandation adressée à un personnage influent. Il écrivit : « Le droit qu’a le porteur de ma missive auprès de toi est identique à celui que j’ai sur lui, puisqu’il t’a jugé digne de son espoir et m’a estimé apte à répondre à son besoin ; j’ai satisfait sa requête, donc confirme à ton tour son espérance(4). »

Il récitait fréquemment ce vers :

(1) Sa biographie ainsi que ses sources ont été précédemment mentionnées en note (3) à la page (268). (2) Sa notice se trouve dans al-Fihrist, p. 170 ; al-Wafayāt al-Aʿyān, vol. 3, p. 228 ; Thimār al-Qulūb, p. 196 ; Siyar Aʿlām al-Nubalāʾ, vol. 5, p. 462 ; Abjad al-ʿUlūm, vol. 3, p. 66. (3) L’homme en question est Ibrāhīm ibn Jubayla, comme indiqué dans Thimār al-Qulūb, p. 198, ainsi que le rapport qui le concerne. (4) Il est mentionné par Ibn Khallikān dans al-Wafayāt al-Aʿyān, vol. 3, p. 229.
واليمامة، وعزلَهُ عن الكوفة، وولَّى مكانَهُ عليها عيسى بن موسى، وولَّى قضاءَها ابنَ أبي ليلى، وكان على نيابةِ البصرة سفيانُ بن معاوية المهلَّبي، وكان على قضائها الحجَّاج بن أرطاة، وعلى السِّنْد منصور بن جُمهور، وعلى فارس محمد بن الأشعث، وعلى أرميِنيَةَ وأذْرَبِيجَانَ والجزيرة أبو جعفر المنصور، وعلى الشام وأعمالِها عبدُ الله بن علي عمُّ السفّاح، وعلى مصر أبو عَوْن عبدُ الملك بن يزيد، وعلى خُراسان وأعمالِها أبو مسلم الخُراساني، وعلى ديوان الخراج خالد بن بَرْمَك. وحجَّ بالناس فيها داودُ بن علي. ذِكرُ مَنْ تُوفِّى فيها من الأعيان: مروان بن محمد بن مروان بن الحكم أبو عبد الملك الأموي آخر خلفاء بني أمية، فقُتل في العشر الأخير من ذي الحِجَّة من هذه السنة، كما تقدَّمَ ذلك مبسوطًا (١) ، ووزيرُهُ: عبدُ الحميد بن يحيى بن سعد (٢) : مولى بني عامر بن لؤي، الكاتبُ البَلِيغ، الذي يُضرَبُ به المَثلُ فيقال: فُتحتِ الرسائلُ بعبد الحميد، وخُتمتْ بابنِ العَمِيد. وكان إمامًا في الكتابةِ وجميعِ فنونِها، وهو القدوةُ فيها، وله رسائلُ في ألفِ ورَقة، وأصلُهُ من قَيْسَارِيَّة، ثم سكن الشام، وتعلم هذا الشأنَ من سالم مولى هشام بن عبد الملك، وكان يعقوبُ بن داود وزيرُ المهدي يكتبُ بين يديه، وعليه تخرَّج، وكان ابنُه إسماعيل بن عبدِ الحميد ماهرًا في الكتابة أيضًا. وقد كان أولًا يُعلِّمُ الصِّبيان، ثم تقلَّبَتْ به الأحوال حتَّى وَزَرَ لمروان، وقَتَلَهُ السفَّاحُ ومَثَّلَ به، وكان اللائقُ بمثلِهِ العَفْوَ عنه. ومن مُستجاد كلامِه: العلمُ شجرةٌ ثَمَرَتُها الألفاظ، والفكرُ بحرٌ لؤلؤهُ الحِكْمَة. ومن كلامه وقد رأى رجلًا يكتُبُ خطًا رديئًا، فقال: أطِلْ جَلْفَةَ قَلَمِكَ وأسْمِنْها، وحَرِّفْ قَطتَكَ وأيمِنْها. قال الرجل: ففعلتُ ذلك، فجادَ خَطِّي (٣) . وسأله رجلٌ أن يكتبَ له كتابًا إلى بعضِ الأكابر يُوصيهِ به، فكتب إليه: حَقُّ موصِلِ كتابي إليك كَحَقِّهِ علي إذ رآكَ مَوْضِعًا لأمَلِه، ورآني أهلًا لحاجتهِ، وقد قضيتُ أنا حاجتَه فصَدِّقْ أنتَ أمله (٤) . وكان كثيرًا ما يُنشِدُ هذا البيت:
(١) تقدمت ترجمته ومصادرها في الحاشية (٣) من الصفحة (٢٦٨). (٢) ترجمته في الفهرست ص (١٧٠)، وفيات الأعيان (٣/ ٢٢٨)، ثمار القلوب ص (١٩٦)، سير أعلام النبلاء (٥/ ٤٦٢)، أبجد العلوم (٣/ ٦٦). (٣) الرجل هو إبراهيم بن جبلة كما في ثمار القلوب ص (١٩٨)، والخبر فيه. (٤) ذكره ابن خلِّكان في وفيات الأعيان (٣/ ٢٢٩)،

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