Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Hamid ibn Qahtaba, accompagné de ses troupes, livra une bataille d’une extrême intensité. Les compagnons d’Abd Allah commencèrent à prendre la fuite, tandis que ce dernier, avec Hamid, resta ferme au combat jusqu’à vaincre les hommes d’Abou al-Ward. Abou al-Ward tint bon avec cinq cents cavaliers de sa famille et de son clan, mais ils furent tous tués. Abou Muhammad as-Sufyani s’enfuit, lui et ses hommes, jusqu’à ce qu’ils atteignent Tadmur. Abd Allah rassura alors les habitants de Qinnasrin, qui arborèrent la couleur noire, lui prêtèrent allégeance et revinrent à l’obéissance. Puis Abd Allah s’en retourna vers Damas, informé de ce qu’ils avaient fait. Quand il s’en approcha, ils se dispersèrent et s’enfuirent sans combattre. Il leur accorda la sécurité, ils revinrent dans l’obéissance et revêtirent la couleur noire pour s’accorder au calife, marque de soumission et d’obéissance.

Quant à Abou Muhammad as-Sufyani, il demeura vagabond, fuyant d’une contrée à une autre jusqu’à atteindre la région du Hijaz, où il fut combattu par le gouverneur d’Abou Jaafar al-Mansour, durant le règne de ce dernier. Le gouverneur le tua, envoya sa tête et fit prisonniers ses deux fils. Al-Mansour les libéra plus tard, durant son propre règne. On rapporte que la bataille du Sufyani eut lieu le mardi, dernier jour de Dhou al-Hijja de l’an cent trente-deux (de l’Hégire), et Dieu sait mieux.

Les habitants d’al-Jazira se révoltèrent eux aussi contre as-Saffah lorsqu’ils apprirent que les gens de Qinnasrin avaient fait de même. Ils s’allièrent donc à eux, arborèrent la couleur blanche et marchèrent sur le gouverneur de Harran envoyé par as-Saffah, Moussa ibn Kaab, qui s’était retranché dans la ville avec trois mille hommes. Ils l’assiégèrent près de deux mois. As-Saffah dépêcha alors son frère Abou Jaafar al-Mansour avec ceux qui participaient au siège d’Ibn Hubayra. En chemin, il traversa la région de Hazan à Qarqusiyya, dont les habitants avaient adopté la couleur blanche et fermèrent leurs portes devant lui. Il poursuivit sa route vers ar-Raqqa, gouvernée par Bakkar ibn Mouslim, qui agit de même, puis vers Hajar, placée sous l’autorité d’Ishaq ibn Mouslim et des gens d’al-Jazira qui l’assiégeaient. Ishaq quitta les lieux en direction d’ar-Rouha. Moussa ibn Kaab sortit de Harran avec ses soldats pour rejoindre al-Mansour et intégra son armée. Bakkar ibn Mouslim gagna lui aussi ar-Rouha auprès de son frère Ishaq ibn Mouslim, lequel l’envoya vers le groupe Rabi’a à Dara et Mardin, mené par un harouri nommé Bourayka. Ceux-ci formèrent alors un seul parti. Abou Jaafar marcha contre eux et livra un combat acharné. Bourayka fut tué durant la bataille, tandis que Bakkar s’enfuyait chez son frère à ar-Rouha. Celui-ci le laissa gouverner la ville et partit avec le gros de l’armée jusqu’à Sumaysat, où il fit creuser un fossé protégeant son camp. Abou Jaafar s’avança et assiégea Bakkar à ar-Rouha. Plusieurs affrontements eurent lieu. As-Saffah écrivit alors à son oncle Abd Allah ibn Ali pour qu’il se rende à Sumaysat, où soixante mille hommes d’al-Jazira s’étaient rassemblés auprès d’Ishaq ibn Mouslim. Abd Allah marcha contre eux, rejoint par Abou Jaafar al-Mansour. Ishaq leur adressa un message afin d’obtenir la sécurité. Ils acceptèrent, avec l’agrément du Commandeur des croyants.

(1) Qarqusiya : avec un fatḥa puis un sukūn, une autre qāf, un yāʼ sakin, un sīn kasra, un autre yāʼ et un ālif maddā. Certains disent avec un seul yāʼ. Hamza al-Aṣbahānī a dit : Qarqusiya est une arabisation de Kurkisiya, qui dérive de Kurkis, nom donné aux éperons des chevaux, que l’on appelle en arabe al-Ḥalba. Il apparaît souvent en poésie sous une forme contractée. Il s’agit d’une ville située sur la rivière Ḫābūr, près de Raḥbat Mālik ibn Ṭawq, à six farsakhs, et là se trouve la confluence du Ḫābūr avec l’Euphrate. Elle se situe donc dans un triangle entre le Ḫābūr et l’Euphrate. (Muʿjam al-Buldān, 4/328). (2) Dans certaines copies : puis est venu Ḥarrān.
حُميد بن قَحْطبة بمن معه، فاقتتلوا قتالًا شديدًا جدًّا، وجعل أصحابُ عبدِ اللَّه يَفِرُّون، وهو ثابتٌ هو وحُميد، وما زال حتَّى هزم أصحاب أبي الورد، وثبَتَ أبو الورد في خمسمئةِ فارس من أهل بيتِه وقومِه فقُتلوا جميعًا. وهرب أبو محمد السُّفياني ومَنْ معَهُ حتَّى لَحِقوا بتَدْمُر، وأمَّنَ عبدُ اللَّه أهلَ قِنَّسْرين، وسوَّدوا وبايعوه ورجعوا إلى الطاعة، ثم كرَّ عبدُ الله راجعًا إلى دمشق، وقد بلَغهُ ما صنعوا، فلما دَنَا منها تفرَّقوا عنها وهرَبوا، ولم يكنْ منهم قتال، فأمَّنهم ودخلوا في الطاعة، وسوَّدوا موافقةً للخليفة، وكان ذلك شعارَ السمعِ والطاعة. وأما أبو محمد السُّفياني فإنه ما زال مُضَيَّعًا، ومشتتًا من بلدٍ إلى بلد، حتَّى لَحِقَ بأرضِ الحِجَاز فقاتَلَهُ نائبُ أبي جعفر المنصور في أيامِ المنصور، فقتله وبعثَ برأسِهِ وبابنينِ له أخذَهما أسيرَيْن، فأطلقهما المنصورُ في أيامه. وقد قيل إنَّ وقعةَ السفيانيِّ يوم الثلاثاء آخر يومٍ من ذي الحِجَّة سنةَ ثنتين وثلاثين ومئة، واللّه أعلم. ومِمَّنْ خلعَ السفَّاح أيضًا أهلُ الجزيرة حين بلَغَهم أنَّ أهْلَ قِنَسْرينَ خلَعوا، فوافَقوهم وبيَّضوا ورَكِبوا إلى نائب حَرَّان من جهةِ السفَّاح، وهو موسى بن كعب، وكان في ثلاثةِ آلاف قد اعتصم بالبلد، فحاصروه قريبًا من شهرَيْن، ثم بعث السفاحُ أخاه أبا جعفر المنصور فيمَنْ كان بواسطةِ محاصِرِي ابنِ هُبيرة، فمَرَّ في مسيرهِ إلى حَزَان بِقَرْقِيسيا (١) وقد بيَّضوا، فغلَّقوا أبوابَها دونَه، ثم مَرَّ بالرَّقَة وعليها بَكَّار بن مسلم، وهم كذلك، ثم بِحَاجِر (٢) ، وعليها إسحاق بن مسلم، فيمن معه من أهل الجزيرة يحاصرونَها. فرحل إسحاقُ عنها إلى الرُّهَا. وخرج موسى بنُ كعب فيمَنْ معه من جُند حَرَّان، فتلقَّاهُ المنصور، ودخلوا في جيشه، وقَدِمَ بكَّار بن مسلم على أخيه إسحاقَ بنِ مسلم بالرُّهَا، فوجَّهَهُ إلى جماعةِ ربيعة بدارا وماردِين، ورئيسُهم حَرُورِيٌّ يُقال له بُريكة، فصارا حزبًا واحدًا، فقصد إليهم أبو جعفر فقاتلهم قتالًا شديدًا، فقُتل بُريكة في المعركة، وهرب بكَّارٌ إلى أخيه بالرُّهَا، فاستخلَفَهُ بها ومَضَى بِمُعظَمِ العسكر حتَّى نزل سُمَيْساط، وخندَقَ على عسكرِه، وأقبل أبو جعفر فحاصر بكَّارًا بالرُّهَا، وجرت له معه وقعات، وكتب السفَّاحُ إلى عمّه عبدِ اللَّه بن علي أن يسيرَ إلى سُميساط وقد اجتمع على إسحاقَ بنِ مسلم ستون ألفًا من أهل الجزيرة، فسار إليهم عبدُ اللَّه، واجتمع إليه أبو جعفر المنصور، فكاتبهم إسحاقُ وطلب منهم الأمان، فأجابوهُ إلى ذلك على إذْنِ أمير المؤمنين.
(١) قَرْقيسِيا: بالفتح ثم السكون وقاف أخرى وياء ساكنة وسين مكسورة وياء أخرى وألف ممدودة، ويقال بياءٍ واحدة، قال حمزة الأصبهاني: قرقيسيا مُعَرَّب كركيسيا، وهو مأخوذ من كركيس وهو اسمٌ لأرسال الخيل المسمَّى بالعربية الحَلْبَة، وكثيرًا ما يجيء في الشعر مقصورًا، وهي بلد على نهر الخابور قرب رحبة مالك بن طوق على ستة فراسخ وعندها مصب الخابور في الفرات، فهي في مثلث بين الخابور والفرات، معجم البلدان (٤/ ٣٢٨). (٢) في بعض النسخ: ثم جاء حرَّان.

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