«…Et son entourage», c’est-à-dire son peuple parmi les Coptes et ceux qui suivaient sa religion et adhéraient à sa foi, «paré d’apparat et de richesses dans la vie présente, Ô notre Seigneur, afin qu’ils égarent (les gens) loin de Ton chemin.» Autrement dit : ceux qui accordent une grande importance à ce bas monde s’y laissent abuser, si bien que l’ignorant pense qu’ils sont dans la vérité en voyant ces biens, ces ornements vestimentaires et ces montures agréables et luxueuses, ces demeures somptueuses, ces palais bâtis, ces mets succulents, ces vues magnifiques, cette royauté puissante et ce prestige imposant dans ce monde, et non dans la religion. «Ô notre Seigneur, anéantis leurs biens» :
Ibn ʿAbbâs et Mujâhid ont dit : cela signifie «détruis-les.» Abû Al-ʿÂliya, Ar-Rabîʿ ibn Anas et Ad-Dahhâk ont expliqué : «Fais-en des pierres gravées à l’image de ce qu’elles étaient.» Quant à Qatâda, il a rapporté : «D’après ce qui nous est parvenu, leurs récoltes se sont transformées en pierres.» Et selon Muhammad ibn Kaʿb : «Leur sucre est devenu pierre» et il a également précisé : «Tous leurs biens se sont changés en pierres.» On rapporta ce fait à ʿUmar ibn ʿAbd Al-ʿAzîz, qui demanda alors à son serviteur (1) : «Lève-toi et apporte-moi un sac.» Celui-ci lui en apporta un, et à l’intérieur se trouvaient des pois chiches et des œufs coupés, qui étaient devenus des pierres, comme le rapporte Ibn Abî Hâtim.
Puis, au sujet de la parole divine : «Et endurcis leurs cœurs, afin qu’ils ne croient pas avant de voir le châtiment douloureux», Ibn ʿAbbâs explique : «Scelle leurs cœurs.» Il s’agit ici d’une invocation de colère par jalousie pour Dieu, Sa religion et Ses preuves. Dieu exalté soit-Il exauça cette invocation, l’accomplit et l’agréa, de même qu’Il exauça celle de Noé contre son peuple lorsqu’il dit : «Ô mon Seigneur, ne laisse aucun mécréant habiter la terre (26). Si Tu les laisses, ils égareront Tes serviteurs et ils n’enfanteront que des pervers ingrats (27)» [Nûh : 26-27]. Ainsi, lorsque Moïse invoqua contre Pharaon et son entourage, et que son frère Hârûn, en disant «Amîn», soutint cette prière — si bien que cette supplication leur fut attribuée tous deux — Dieu dit, s’adressant à Moïse : «Certes, votre prière est exaucée. Soyez donc droits et ne suivez pas la voie de ceux qui ne savent pas.»
Les commentateurs (2) et d’autres personnes parmi les Gens du Livre ont relaté que les Enfants d’Israël demandèrent la permission à Pharaon de sortir pour célébrer une fête. Il le leur accorda malgré lui, mais ils s’étaient déjà préparés à fuir. En réalité, c’était un stratagème divin contre Pharaon et ses soldats. Dieu — selon ce que rapportent les Gens du Livre — ordonna aux Israélites d’emprunter des bijoux aux Égyptiens. Ceux-ci leur donnèrent beaucoup de choses précieuses, si bien qu’ils partirent de nuit, se mettant en chemin pour rejoindre le pays de Shâm. Lorsqu’il apprit leur départ, Pharaon fut pris d’une très grande colère. Son courroux s’abattit violemment sur eux. Il se mit aussitôt à mobiliser son armée et à rassembler ses soldats pour les poursuivre et les anéantir (3).
Dieu le Très-Haut dit : «Nous révélâmes à Moïse : “Pars de nuit avec Mes serviteurs, car vous serez poursuivis (52).” Pharaon envoya ensuite des rassembleurs dans les villes (53) : “Ces gens-là ne forment qu’une poignée (54), et ils nous mettent en colère (55), mais nous sommes, quant à nous, un grand rassemblement sur nos gardes (56).” Nous les fîmes donc sortir de jardins et de sources (57), de trésors et d’un lieu illustre (58). Ainsi en fut-il, et Nous les léguâmes aux Enfants d’Israël (59). Ils les poursuivirent à l’est (60). Lorsque les deux groupes se virent, les compagnons de Moïse dirent : “Nous allons être rejoints !” (61) Il répondit : “Jamais ! Car j’ai avec moi mon Seigneur, et Lui me guidera.” (62) Nous révélâmes alors à Moïse : “Frappe la mer de ton bâton.” Elle se sépara, et chaque flanc devint comme une énorme montagne (63). Puis Nous fîmes approcher les autres (64). Nous sauvâmes Moïse et tous ceux qui étaient avec lui (65). Ensuite, Nous noyâmes les autres (66). Voilà bien un signe ; mais la plupart d’entre eux ne croient pas (67). Et ton Seigneur est, Lui, le Tout-Puissant, le Tout Miséricordieux (68).”» [Ash-Shuʿarâ’ : 52-68].