Abû Maysara, affranchi d’al-‘Abbâs, a rapporté : « J’ai entendu al-‘Abbâs dire : “Une nuit, j’étais auprès du Messager de Dieu (ﷺ). Il me demanda : ‘Regarde, vois-tu quelque chose dans le ciel ?’ Je répondis : ‘Oui.’ Il reprit : ‘Que vois-tu ?’ Je dis : ‘La constellation des Pléiades (al-Thurayya).’ Il me dit alors : ‘Sache qu’un nombre égal à celui-ci gouvernera cette communauté, issus de ta descendance.’” »
Al-Bukhârî a commenté : « ‘Ubayd ibn Abî Qurra n’est pas suivi (1) dans son hadith. »
Ibn ‘Adî (2) a rapporté, via la chaîne de transmission Suwayd ibn Sa‘îd, d’après Hajjâj ibn Tamîm, d’après Maymûn ibn Mihrân, que Ibn ‘Abbâs a dit : « Je suis passé auprès du Messager de Dieu (ﷺ), accompagné de Gabriel, alors que je croyais qu’il s’agissait de Dihya al-Kalbî. Gabriel dit alors au Messager de Dieu (ﷺ) : “Il porte des vêtements sales, et ses enfants après lui porteront du noir.” » Ce hadith est considéré comme peu fiable sous cette forme.
Il ne fait cependant aucun doute que les Banû al-‘Abbâs ont adopté le noir comme signe distinctif, s’inspirant de l’entrée du Messager de Dieu (ﷺ) à La Mecque le jour de la Conquête, alors qu’il portait un turban noir. Ils en ont fait leur emblème notamment pour les sermons, les célébrations, les prêches du vendredi et les grandes assemblées. De même, leurs troupes devaient porter au moins un élément de couleur noire. Parmi les insignes royaux offerts aux émirs lors des investitures, figure ainsi le sharbûsh (coiffe noire). Lorsque ‘Abd Allâh ibn ‘Alî entra à Damas, il portait le noir ; femmes et enfants s’étonnèrent alors de son accoutrement. Il fit son entrée par la porte Kaysân et prononça le prêche du vendredi en revêtant cette couleur.
Ibn ‘Asâkir rapporte que, lorsqu’il dirigea la prière du vendredi, ‘Abd Allâh ibn ‘Alî se tenait à côté d’un homme originaire du Khurâsân qui proclama dans l’invocation d’ouverture : « Dieu est plus grand ! Gloire et louange à Toi, ô Dieu ! Bénis soit Ton Nom, exaltée soit Ta grandeur, nul autre dieu que Toi. Regardez ‘Abd Allâh ibn ‘Alî : comme son visage est vil et comme son noir est détestable ! »
Le noir est ainsi resté l’emblème des Banû al-‘Abbâs jusqu’à ce jour, comme on peut toujours le constater sur les habits des prédicateurs le vendredi et lors des fêtes. »