Mention de ce qui a été rapporté au sujet de la fin du règne des Banû Umayya et du début de celui des Banû al-‘Abbâs, d’après les récits prophétiques et d’autres sources :
Al-‘Alâ’ ibn ‘Abd al-Raḥmân a rapporté de son père, d’après Abû Hurayra, que le Messager de Dieu (ﷺ) a dit : « Lorsque les fils [d’Abû] al-‘Âṣ atteindront quarante hommes, ils feront de la religion de Dieu un objet de corruption (daghalan), des serviteurs de Dieu (ʿibâd Allâh) leurs sujets (khawalan), et de la richesse de Dieu (mâl Allâh) une propriété qu’ils se partagent (duwalan). »(1)
Al-Aʿmach l’a également rapporté, d’après ʿAṭiyya, d’après Abû Saʿîd, sous une forme similaire(2). Ibn Lahîʿa a rapporté, d’après Abû Qabîl, d’après Ibn Wahb, que ce dernier se trouvait auprès de Muʿâwiya. Alors Marwân ibn al-Ḥakam entra et formula une requête, puis dit : « Satisfais ma demande, car je suis le père de dix (fils), le frère de dix et l’oncle de dix. » Lorsque Marwân se retira, Muʿâwiya dit à Ibn ʿAbbâs, qui était assis auprès de lui sur le lit : « Ne sais-tu pas que le Messager de Dieu (ﷺ) a dit : “Lorsque les fils d’al-Ḥakam atteindront trente hommes, ils considéreront la richesse de Dieu comme un bien à se partager (duwalan), les serviteurs de Dieu comme leurs sujets (khawalan), et le Livre de Dieu comme un moyen de duperie (daghalan). Et lorsqu’ils atteindront quatre cent quatre-vingt-dix-sept (497), leur ruine sera plus rapide que la mastication d’une datte” ? » Alors Ibn ʿAbbâs répondit : « Ô Dieu, oui. » Puis, quand ʿAbd al-Malik s’en alla(3), Muʿâwiya reprit : « Je t’adjure par Dieu, ô Ibn ʿAbbâs, ne sais-tu pas que le Messager de Dieu (ﷺ) a parlé de cela en disant : “Il est le père des quatre tyrans” ? » Ibn ʿAbbâs dit : « Ô Dieu, oui. »
Abû Dâwûd al-Ṭayâlisî(4) rapporte : « Al-Qâsim ibn al-Faḍl nous a transmis, en citant Yûsuf ibn Mâzin al-Râsibî, qui dit : “Un homme se leva devant al-Ḥasan ibn ʿAlî et lui dit : ‘Ô toi qui noircis le visage des croyants !’ Al-Ḥasan répondit : ‘Ne me reproche rien – que Dieu te fasse miséricorde – car le Messager de Dieu (ﷺ) vit les Banû Umayya monter en chaire, l’un après l’autre, ce qui le contraria. Alors fut révélé (Innā aʿṭaynâka al-kawthar) – c’est un fleuve au Paradis, et fut révélé (Innā anzalnâhu fî laylat al-qadr) jusqu’à (khayrun min alfi shahr) [Coran 97:1-3] qui désigne la royauté des Banû Umayya. Nous avons compté et vérifié : c’était exactement comme il l’avait annoncé, sans plus ni moins.’” » Le Tirmidhî(5) rapporte ce récit d’après Maḥmûd ibn Ghaylân, qui le tient d’Abû Dâwûd al-Ṭayâlisî, puis dit : « Ce hadith est considéré comme “gharîb” (rarissime). Nous ne le connaissons que par la chaîne de transmission de al-Qâsim ibn al-Faḍl, qui est jugé fiable par Yaḥyâ al-Qaṭṭân et Ibn Mahdî. Quant à son maître, Yûsuf ibn Saʿd – on l’appelle aussi Yûsuf ibn Mâzin –, c’est un homme inconnu. Nous ne connaissons pas ce hadith sous cette formulation si ce n’est par cette voie. » Al-Ḥâkim l’a également cité dans son “Mustadrak”(6) par le biais de la transmission de al-Qâsim ibn al-Faḍl al-Ḥuddânî. J’ai déjà exposé l’étrangeté de ce hadith dans mes commentaires.