Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

«Ne fais pas de nous une tentation pour le peuple injuste (85), et sauve-nous par Ta miséricorde du peuple mécréant.» [Yûnus : 84-86] Il leur ordonne de placer leur confiance en Dieu, de s’en remettre à Lui et de rechercher refuge auprès de Lui. Ils suivirent cet ordre, et Dieu leur procura un soulagement et une issue à l’épreuve qu’ils affrontaient.

«Et Nous révélâmes à Moïse et à son frère : “Installez pour votre peuple des maisons en Égypte, et faites de vos maisons un lieu tourné vers la Qibla, accomplissez la prière et annonce la bonne nouvelle aux croyants”» (1) [Yûnus : 87]. Dieu – qu’Il soit exalté – révéla à Moïse et à son frère Hârûn qu’ils devaient établir pour leur peuple des maisons qui se distinguent de celles des Coptes, afin qu’ils soient prêts à partir quand on leur intimerait l’ordre, et pour que chacun d’entre eux sache localiser la demeure de l’autre.

En ce qui concerne Sa parole : «et faites de vos maisons un lieu tourné vers la Qibla», on a dit qu’il s’agissait de maisons servant de mosquées. D’autres ont dit que cela signifie y multiplier la prière. C’est l’avis de Mujâhid, Abou Mâlik, Ibrâhîm an-Nakh‘î, Ar-Rabî‘, Ad-Dahhâk, Zayd ibn Aslam, son fils ‘Abd Ar-Rahmân et bien d’autres. Selon cette interprétation, l’idée est de faire face aux difficultés, à l’adversité et à l’oppression en priant abondamment, comme Dieu – exalté soit-Il – l’a dit : «Et recherchez secours dans l’endurance et la prière» [Al-Baqara : 45]. De même, lorsque le Messager de Dieu (paix et salut soient sur lui) rencontrait une situation éprouvante, il priait (2).

Selon une autre interprétation, ils ne pouvaient pas alors manifester leur culte en public dans leurs lieux de rassemblement et leurs temples. Ils reçurent donc l’ordre de prier dans leurs propres maisons plutôt que de perdre complètement la possibilité de proclamer le culte de la vraie religion, dans une époque où ils devaient le cacher, par crainte de Pharaon et de ses notables. Toutefois, la première interprétation reste la plus probable, compte tenu de Sa parole : «et annonce la bonne nouvelle aux croyants», même si la seconde n’entre pas en contradiction avec cela. Dieu sait mieux.

Sa‘îd ibn Jubayr a dit à propos de «et faites de vos maisons un lieu tourné vers la Qibla» : cela signifie “des maisons se faisant face”.

«Et Moïse dit : “Ô notre Seigneur, Tu as accordé à Pharaon et à ses notables des parures et des biens dans la vie présente, ô notre Seigneur, afin qu’ils égarent [les gens] loin de Ton sentier. Ô notre Seigneur, anéantis leurs biens et endurcis leurs cœurs, de sorte qu’ils ne croient pas avant d’avoir vu le châtiment douloureux (88).” [Dieu] dit : “Votre prière est exaucée. Persévérez donc, et ne suivez pas la voie de ceux qui ne savent pas.”» [Yûnus : 88-89].

Il s’agit là d’une invocation solennelle que fit Moïse, le confident de Dieu, à l’encontre de Pharaon, l’ennemi de Dieu, mû par la colère divine en raison de l’orgueil de Pharaon, de son refus de suivre la vérité, de sa mise en échec du chemin de Dieu, de son obstination, de son audace, de son entêtement dans l’erreur et de son rejet hautain de la vérité claire et évidente, tant par les sens que par la raison, ainsi que la preuve irréfutable. C’est pourquoi il dit : «Ô notre Seigneur, en vérité Tu as donné à Pharaon…»

(1) Est ajouté dans la variante (b) le verset qui suit : « Et Moïse dit : "Notre Seigneur, certes Tu as donné à Pharaon et à ses chefs des parures et des richesses. » (2) Rapporté par Ahmad (5/388), Abou Dâwoud (1319), at-Tabarî dans son Tafsir (1/260), Abu ʿAwana (6842), al-Bayhaqî dans Ad-Dalâʾil (3/451), al-Khatîb dans son Târîkh (7/258) (édition Dr Bachar), ainsi que d'autres chaînes selon ʿIkrima b. ʿAmmâr d’après Muhammad b. Abdullâh ad-Dûlî, d’Abd al-ʿAzîz, frère (ou peut-être voisin) de Hudhayfa, qui transmet de Hudhayfa lui-même. Cette chaîne est faible : Muhammad b. Abdullâh (aussi appelé b. ʿUbayd) est inconnu, et personne d'autre que ʿIkrima b. ʿAmmâr ne l'a rapporté, et personne ne l'a authentifié. C’est pourquoi al-Dhahabî le mentionne dans Al-Mîzân (Tahrîr at-Taqrîb 2/272), et Abd al-ʿAzîz a deux narrateurs inconnus qui lui transmettent, et al-Dhahabî affirme qu’il n’est pas connu (Tahrîr at-Taqrîb 2/375). Par ailleurs, la transmission au sujet de ʿIkrima est aussi controversée. Je dis cependant qu’il existe un témoin chez at-Tabarânî dans al-Awsaṭ, n° 890, d’après le hadith d’Abdullâh b. Salâm qui dit : « Lorsque le Prophète (paix et bénédictions sur lui) se retrouvait confiné avec sa famille, il leur ordonnait la prière, puis récitait : « Et ordonne à ta famille la prière et persévère dans celle-ci » [Tâhâ : 132] », ce qui confère à ce hadith une qualité de bon.
تَجْعَلْنَا فِتْنَةً لِلْقَوْمِ الظَّالِمِينَ (٨٥) وَنَجِّنَا بِرَحْمَتِكَ مِنَ الْقَوْمِ الْكَافِرِينَ﴾ [يونس: ٨٤ - ٨٦] ، يأمرهم بالتوكل على الله، والاستعانة به، والالتجاء إليه، فأتمَروا بذلك، فجعل الله لهم مما كانوا فيه فَرَجًا ومخرجًا. ﴿وَأَوْحَيْنَا إِلَى مُوسَى وَأَخِيهِ أَنْ تَبَوَّآ لِقَوْمِكُمَا بِمِصْرَ بُيُوتًا وَاجْعَلُوا بُيُوتَكُمْ قِبْلَةً وَأَقِيمُوا الصَّلَاةَ وَبَشِّرِ الْمُؤْمِنِينَ﴾ (١) [يونس: ٨٧] . أوحى الله تعالى إلى موسى وأخيه هارون (رحمه الله) أن يتَّخذا لقومهما بيوتًا متميّزة فيما بينهم عن بيوت القبط؛ ليكونوا على أُهبة في الرحيل إذا أُمروا به، ليعرف بعضهم بيوت بعض. وقوله: ﴿وَاجْعَلُوا بُيُوتَكُمْ قِبْلَةً﴾ قيل: مساجد. وقيل: معناه كثرة الصلاة فيها. قاله مجاهد، وأبو مالك، وإبراهيم النَّخعي، والربيع، والضحاك، وزيد بن أسلم، وابنه عبد الرحمن، وغيرهم. ومعناه على هذا: الاستعانة على ما هم فيه من الضرِّ والشّدة والضِّيق بكثرة الصلاة، كما قال تعالى: ﴿وَاسْتَعِينُوا بِالصَّبْرِ وَالصَّلَاةِ﴾ [سورة البقرة: ٤٥] وكان رسول الله ﷺ إذا حَزَبه أمر صَلَّى (٢) . وقيل: معناه أنّهم لم يكونوا حينئذٍ يقدرون على إظهار عباداتهم في مجتمعاتهم ومعابدهم، فأُمروا أن يصلُّوا في بيوتهم عوضًا عمَّا فاتهم من إظهار شعار الدين الحق في ذلك الزمان الذي اقتضى حالُهم إخفاءَه خوفًا من فرعون وملئه. والمعنى الأول أقوى، لقوله: ﴿وَبَشِّرِ الْمُؤْمِنِينَ﴾ وإن كان لا ينافي الثاني أيضًا، والله أعلم. وقال سعيد بن جبير ﴿وَاجْعَلُوا بُيُوتَكُمْ قِبْلَةً﴾: أي متقابلة. ﴿وَقَالَ مُوسَى رَبَّنَا إِنَّكَ آتَيْتَ فِرْعَوْنَ وَمَلَأَهُ زِينَةً وَأَمْوَالًا فِي الْحَيَاةِ الدُّنْيَا رَبَّنَا لِيُضِلُّوا عَنْ سَبِيلِكَ رَبَّنَا اطْمِسْ عَلَى أَمْوَالِهِمْ وَاشْدُدْ عَلَى قُلُوبِهِمْ فَلَا يُؤْمِنُوا حَتَّى يَرَوُا الْعَذَابَ الْأَلِيمَ (٨٨) قَالَ قَدْ أُجِيبَتْ دَعْوَتُكُمَا فَاسْتَقِيمَا وَلَا تَتَّبِعَانِّ سَبِيلَ الَّذِينَ لَا يَعْلَمُونَ﴾ [يونس: ٨٨ - ٨٩] هذه دعوةٌ عظيمةٌ دعا بها كَليمُ الله موسى على عدوَّ الله فرعون، غضبًا لله عليه لتكبُّره عن اتباع الحق، وصدّه عن سبيل الله، ومعاندته وعتوِّه وتمرُّده واستمراره على الباطل، ومكابرته الحق الواضح الجلي الحسّي والمعنوي، والبرهان القطعي فقال: ﴿رَبَّنَا إِنَّكَ آتَيْتَ فِرْعَوْنَ
(١) زاد في (ب) الآية التي تليها: ﴿وَقَالَ مُوسَى رَبَّنَا إِنَّكَ آتَيْتَ فِرْعَوْنَ وَمَلَأَهُ زِينَةً وَأَمْوَالًا﴾. (٢) أخرجه أحمد (٥/ ٣٨٨)، وأبو داود (١٣١٩) والطبري في تفسيره (١/ ٢٦٠)، وأبو عوانة (٦٨٤٢)، والبيهقي في الدلائل (٣/ ٤٥١)، والخطيب في تاريخه (٧/ ٢٥٨) (ط. د. بشار) وغيرهم من طرق عن عكرمة بن عمار عن محمد ابن عبد الله الدؤلي، عن عبد العزيز ابن أخي حذيفة، ويقال: أخيه، عن حذيفة، به. وهذا إسناد ضعيف، محمد بن عبد الله، ويقال: ابن عُبيد، مجهول لم يرو عنه سوى عكرمة بن عمار ولم يوثقه أحد، ولذلك ذكره الذهبي في الميزان (تحرير التقريب ٢/ ٢٧٢)، وعبد العزيز روى عنه اثنان من المجهولين، وقال الذهبي: لا يعرف (تحرير التقريب ٢/ ٣٧٥). وأيضًا فإن الحديث قد اختلف فيه على عكرمة. أقول: ولكن له شاهد عند الطبراني في "الأوسط" رقم (٨٩٠) من حديث عبد الله بن سلام قال: كان النّبي ﷺ إذا نزل بأهله الضيق أمرهم بالصلاة، ثم قرأ ﴿وَأْمُرْ أَهْلَكَ بِالصَّلَاةِ وَاصْطَبِرْ عَلَيْهَا﴾ [طه: ١٣٢] فهو به حسن.

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies