Lorsqu’ils l’eurent suivi et lui eurent obéi, la colère du Seigneur tout-puissant, l’Invincible qu’on ne peut vaincre ni contrer, s’appesantit sur eux. Il exerça contre eux la plus sévère vengeance : Il noya Pharaon et ses soldats en une seule matinée, sans qu’aucun ne pût s’échapper, ni qu’il ne restât le moindre survivant (1). Ils sombrèrent tous et entrèrent ainsi dans le Feu. Une malédiction les poursuivit en ce monde, devant tous les peuples, et au Jour de la Résurrection, quel misérable secours leur sera accordé ! ce jour-là, ils feront partie des réprouvés.
Mention de la destruction de Pharaon et de ses soldats (2) : quand les Coptes d’Égypte persistèrent dans leur mécréance, leur orgueil et leur obstination, en suivant leur roi Pharaon et en s’opposant au Prophète de Dieu, Son Messager et Son interlocuteur, Moïse fils d’Imrân (que la paix soit sur lui), Dieu établit contre les habitants d’Égypte des preuves (3) grandes et décisives, leur montrant des prodiges surnaturels qui éblouirent la vue et laissèrent l’esprit perplexe. Malgré cela, ils ne prirent pas garde, ne se rétractèrent pas, ne renoncèrent pas et ne revinrent pas (de leur erreur). Seul un petit nombre parmi eux crut. On dit qu’ils étaient trois : l’épouse de Pharaon – dont les Gens du Livre ne connaissent pas l’histoire –, le Croyant de la famille de Pharaon, dont la prédication, le conseil et l’argumentation à leur encontre ont été rapportés plus haut, et l’homme loyal qui vint en courant depuis l’extrémité de la cité pour dire : « Ô Moïse, sache que les dignitaires se concertent sur ton sort pour te tuer. Sors, je suis pour toi un bon conseiller » (Al-Qasas, v. 20). C’est ce qu’a rapporté Ibn ‘Abbâs, d’après ce que relate Ibn Abî Hâtim ; selon lui, il ne s’agissait pas des magiciens, car ceux-ci étaient bel et bien des Coptes.
On dit aussi qu’un groupe parmi le peuple de Pharaon crut, ainsi que tous les magiciens et la totalité des Enfants d’Israël. Ce point est corroboré par la Parole de Dieu : « Personne ne crut en Moïse, hormis un groupe de la descendance de son peuple, par crainte que Pharaon et ses notables ne les persécutent… » (Yûnus, v. 83). Ici, le pronom dans « de son peuple » se rapporte à Pharaon – le contexte l’indique –, d’aucuns disent cependant qu’il se rapporte à Moïse, parce qu’il est cité à proximité, mais la première opinion est la plus attestée, comme cela est établi dans le “Tafsîr” (4). Leur foi demeurait secrète, car ils craignaient la puissance de Pharaon, son autorité oppressive, sa tyrannie et sa domination, de même que la réaction de ses dignitaires qui auraient pu les lui dénoncer, et ainsi les détourner de leur religion. Dieu – et Il est le Meilleur témoin – dit au sujet de Pharaon : « Et vraiment, Pharaon s’éleva avec orgueil sur la terre » (c’est-à-dire un despote obstiné, régnant sans droit légitime), « et il fait assurément partie des outranciers » (c’est-à-dire qu’il abusait dans toutes ses affaires, tous ses agissements et toutes ses attitudes). Mais il n’était en réalité qu’une racine pourrie prête à être arrachée (5), un fruit néfaste sur le point d’être cueilli, un être maudit voué à la destruction.
C’est alors que Moïse déclara : « Et Moïse dit : “Ô mon peuple, si vous avez cru en Dieu, placez votre confiance en Lui, si vous êtes (vraiment) soumis. Ils dirent : ‘En Dieu nous plaçons notre confiance. Ô notre Seigneur, ne…’” » (Yûnus, v. 84-85).