Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Nous ne nous y engageons pas pour assouvir une ancienne vengeance dont nous aurions été victimes. Mais lorsque nous vîmes les flambeaux de la guidée mis à l’arrêt, que celui qui proclamait la vérité s’était affaibli et que celui qui établissait la justice avait été tué, la terre nous parut bien étroite malgré son immensité. Nous entendîmes alors un appel à obéir au Tout-Miséricordieux et à statuer selon le Coran. Nous avons donc répondu à l’appel de Dieu : « Et quiconque ne répond pas à l’appel de Dieu ne saurait L’induire en échec sur la terre » (Al-Ahqâf, 32). Nous sommes venus, issus de tribus variées, parfois plusieurs d’entre nous sur un même chameau, portant leurs vivres et leurs personnes, se relayant sous une seule couverture. Peu nombreux, opprimés sur terre, Dieu nous offrit refuge et nous soutint par Son secours. Par la grâce de Dieu, nous devînmes alors frères.

Puis nous rencontrâmes vos hommes à Qudayd. Nous les appelâmes à obéir au Tout-Miséricordieux et à appliquer le jugement du Coran ; quant à eux, ils nous appelèrent à obéir à Satan et à adopter l’autorité des Banû Marwân. Par Dieu, quelle différence il y a entre l’égarement et la droiture ! Ils se précipitèrent alors vers nous, Satan ayant déjà enfoncé ses griffes parmi eux ; leur sang bouillait dans ses marmites. Son soupçon se révéla juste, et ils le suivirent. Puis vinrent les partisans de Dieu, par groupes et par bataillons, tous armés de lames affûtées et brillantes. Notre moulin s’est mis à tourner tandis que le leur s’effondra sous des coups qui plongèrent les imposteurs dans le doute.

Ô habitants de Médine, si vous prenez fait et cause pour Marwân, Dieu vous anéantira par un châtiment venant de Lui ou de nos mains, et Il apaisera la poitrine de gens croyants. Ô habitants de Médine, vos premiers étaient les meilleurs de ceux qui ont précédé, et vos derniers sont les pires de ceux qui viendront. Ô habitants de Médine, les hommes sont des nôtres et nous sommes des leurs, excepté l’associateur qui adore une idole, l’incroyant parmi les gens du Livre, ou l’imam injuste. Ô habitants de Médine, quiconque prétend que Dieu impose à une âme au-delà de sa capacité, ou qu’Il exige d’elle ce qu’Il ne lui a pas accordé, est l’ennemi de Dieu, et je lui suis hostile.

Ô habitants de Médine, parlez-moi donc de ces huit parts que Dieu a prescrites dans Son Livre, pour le puissant comme pour le faible ; puis survint un neuvième, qui n’avait pourtant aucune part, et qui s’en empara de force, faisant la guerre à son Seigneur. Ô habitants de Médine, j’ai appris que vous dénigrez mes compagnons, disant qu’ils ne sont que de jeunes gens inexpérimentés, des Bédouins rudes et grossiers. Malheur à vous ! Les compagnons du Messager de Dieu (ﷺ) n’étaient-ils pas eux aussi de jeunes hommes ? De jeunes gens, par Dieu, à la vigueur florissante de leur jeunesse, le regard préservé du mal, l’allure retenue lorsqu’il s’agit de marcher vers le faux. Ils ont livré à Dieu des âmes mortelles en échange d’âmes immortelles. Ils ont mêlé leur fatigue à leur fatigue, leurs veillées nocturnes à leurs jeûnes diurnes. Leurs dos se courbaient sur les versets du Coran ; chaque fois qu’ils rencontraient un verset de crainte, ils poussaient un sanglot, redoutant le Feu, et chaque fois qu’ils rencontraient un verset d’espérance, ils soupiraient, aspirant au Paradis. Lorsqu’ils virent les épées dégainées, les lances dressées et les flèches prêtes à être décochées, quand la troupe fit résonner l’éclair de la mort, ils ont jugé légère la menace de la troupe face à la menace de Dieu dans le Coran, sans pour autant prendre à la légère la menace de Dieu par crainte de la troupe. Heureux sont-ils ! Et quelle belle destination que la leur ! Que d’yeux, qui pleuraient tant au cœur de la nuit par crainte de Dieu, ont fini dans le bec des oiseaux ! Que de mains, si souvent levées dans le combat pour la cause de Dieu, si souvent posées pour L’adorer, ont été tranchées ! Je dis cela et demande pardon à Dieu pour mes manquements. Il n’est de réussite que par Dieu ; en Lui je place ma confiance et vers Lui je reviens.

Ensuite, Al-Madâ’inî rapporta, d’après Al-‘Abbâs, d’après Hârûn, d’après son grand-père, qu’Abû Hamza le kharijite avait fait preuve de bonté

(1) Dans (Q) : « Les lampes de la vérité ont été éteintes », alors que c’est confirmé par (B, Ḥ). (2) Al-Ṭabarī a rapporté la nouvelle dans son Histoire (4/330).
نخوضَ فيه، ولا لِثأرٍ قَدِيم نِيلَ منَّا. ولكنَا لما رأينا مصابيحَ الهُدَى عُطِّلَتْ (١) ، وضَعُفَ القائلُ بالحق، وقُتل القائمُ بالقسط، ضاقَتْ علينا الأرضُ بما رَحُبَتْ، وسمعنا داعيًا يدعو إلى طاعةِ الرحمن وحُكْمِ القرآن، فأجَبْنا داعيَ الله ﴿وَمَنْ لَا يُجِبْ دَاعِيَ اللَّهِ فَلَيْسَ بِمُعْجِزٍ فِي الْأَرْضِ﴾ [الأحقاف: ٣٢] ، أقبَلْنَا من قبائلَ شَتَى، النَّفَرُ مِنَا على بعيرٍ واحد، عليهِ زادُهُمْ وأنْفُسُهم، يتَعَاوَرُونَ لِحَافًا واحدًا، قليلونَ مُسْتَضْعَفونَ في الأرض فآوانا الله وأيَّدَنا بنصرهِ، فأصبَحْنا واللهِ بنعمةِ الله إخوانًا، ثم لَقِيَنا رجالُكمْ بِقُدَيْد، فدعَوْناهم إلى طاعةِ الرحمنِ وحُكْمِ القُرآن، ودعَوْنا إلى طاعة الشيطانِ وحُكم بني مروان، فشَتَانَ لعمرُ الله ما بين الغَيِّ والرُّشْد، ثم أقبلوا نحوَنا يُهْرَعُونَ، قد ضربَ الشيطانُ فيهم بِجِرَانِه، وغلَتْ بدمِائِهم مَرَاجِلُه، وصدَق عليهم ظَنُّهُ فاتَّبعوه، وأقبلَ أنصارُ الله عصائبَ وكتائبَ، بكُلِّ مُهَنَّدٍ ذي رونق، فدارَتْ رَحَانا، واستدارَتْ رَحَاهُمْ بضربٍ يَرْتابُ منه المُبْطِلون. وأنتم يا أهل المَدينة، إنْ تَنْصُروا مروانَ يُسْحِتكُمُ الله بعذابِ من عنده أو بأيدينا ويَشْفِ صدورَ قومٍ مؤمنين، يا أهلَ المدينة، أوَّلُكمْ خيرُ أول، وآخِرُكم شَرُّ آخِر، يا أهلَ المدينة، الناسُ مِنَّا ونحن منهم، إلَّا مُشْرِكًا عابدَ وَثَن، أو كافرًا أهلَ كتاب، أو إمامًا جائرًا، يا أهل المدينة، مَنْ زَعَم أنَّ الله يُكَلَّفُ نفسًا فوق طاقَتِها، أو يسألها ما لم يؤتِها فهو لله عدوّ، وأنا له حَرْب، يا أهلَ المدينة، أخبِروني عن ثمانيةِ أسْهُمٍ فرَضَها الله في كتابهِ على القويِّ والضعيف، فجاءَ تاسِعٌ ليس له منها ولا سهمٌ واحد، فأخذها لنفسِهِ مُكابِرًا محارِبًا لِرَبِّه، يا أهلَ المدينة، بَلَغَني أنكم تَنْتَقِصونَ أصحابي، قلتُمْ شَبَابٌ أحداث، وأعرابٌ جُفَاةٌ أجلاف، وَيْحكم! فهل كان أصحابُ رسولِ الله ﷺ إلَّا شبابًا أحداثًا؟ شُبَّانٌ والله مُكْتَهِلُون في شَبَابِهم، غَضَّةٌ عن الشرِّ أعينُهم، ثَقِيلةٌ عن السَّعْيِ في الباطل أقدامُهم، قد باعوا للهِ أنفسًا تموت، بأنفسِ لا تموت، قد خالطوا كلالَهم بكلالِهم، وقيامَ ليلِهم بصيام نهارهِم، مُنحَنِيةٌ أصلابُهم على أجزاءَ القرآن، كلَّما مرُّوا بآيِةِ خوفٍ شَهَقُوا خوفًا من النار، وإذا مرُّوا بآيةِ شَوْقٍ شَهَقوا شوقًا إلى الجنة، فلما نظروا إلى السيوف قد انتُضيَتْ، وإلى الرَّمَاحِ قد شُرعتْ وإلى السهامِ قد فُوِّقَتْ، وأرعدَتِ الكتيبةُ بصواعقِ الموت استخفُّوا واللهِ وَعِيدَ الكتيبةِ لِوَعِيدِ الله في القرآن، ولم يستخفُّوا وَعِيدَ الله لِوَعيدِ الكتيبة، فطُوبى لهم وحسنُ مآب. فكم من عينِ في مناقيرِ الطيرِ طالما فاضَتْ في جَوْفِ الليل من خشيةِ الله؟ وطالما بكَتْ خاليةً من خوفِ الله! وكم من يدٍ زالَتْ عن مَفْصِلها طالما ضرَبَتْ في سبيل الله! وجاهدَتْ أعداءَ الله، وطالما اعتمَدَ بها صاحبُها في طاعةِ الله! أقولُ قولي هذا وأستغفرُ اللهَ من تقصيري، وما توفيقي إلا بالله، عليه توكَّلتُ، وإليه أُنِيب (٢) . ثم روى المدائني عن العباس، عن هارون، عن جَدِّه، قال: كان أبو حمزةَ الخارجي قد أحسن
(١) في (ق): "مصابيح الحق طمست" والمثبت من (ب، ح). (٢) أخرج الخبر الطبري في تاريخه (٤/ ٣٣٠).

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies