Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

On envoya à Qaḥṭaba un renfort d’environ dix mille cavaliers, sous le commandement de ʿAlī ibn Maʿqil. Les deux camps s’affrontèrent et ils tuèrent un grand nombre des compagnons de Naṣr, dont Tamīm ibn Naṣr, puis s’emparèrent de riches butins. Par la suite, Yazīd ibn ʿUmar ibn Hubayra, gouverneur de Marwān sur l’Irak, dépêcha un détachement en renfort à Naṣr ibn Sayyār. Qaḥṭaba les rencontra au début de Dhū al-Ḥijja, un vendredi. Il prit alors la parole devant ses hommes, les exhorta au combat, leur rappela leurs devoirs, leur ordonna de faire preuve de persévérance et leur promit, de la part de l’imam, qu’ils recevraient la victoire ce jour-là. Le combat fut acharné : l’armée des Banū Umayya fut mise en déroute et dix mille hommes du Šām et d’ailleurs trouvèrent la mort, parmi lesquels le chef du renfort, Nubāta ibn Ḥanẓala, gouverneur de Ǧurǧān et de ses alentours pour le compte d’ibn Hubayra. Qaḥṭaba envoya alors sa tête à Abū Muslim.

Mention de l’entrée d’Abū Ḥamza al-Ḫāriǧī à Médine, de sa prise de contrôle de la ville durant trois mois et de son départ ultérieur.

Ibn Ǧarīr a rapporté : « Au cours de cette année, un affrontement se produisit à Qudayd, dans la région du Ḥiǧāz, entre Abū Ḥamza al-Ḫāriǧī — qui était déjà venu l’année précédente pendant la période du pèlerinage — et les habitants de Médine. Il tua un grand nombre de Qurayš et d’autres personnes, puis entra dans la ville. Le gouverneur ʿAbd al-Wāḥid ibn Sulaymān s’enfuit, et le Ḫāriǧite massacra de nombreux habitants. Cela se produisit le dix-neuvième jour de Ṣafar de cette même année. Ensuite, il monta sur la chaire du Messager de Dieu ﷺ, où il réprimanda et admonesta les Médinois.

Parmi les reproches qu’il leur adressa, il leur dit : “Ô gens de Médine, je suis passé parmi vous à l’époque d’al-Aḥwal — c’est-à-dire Hišām ibn ʿAbd al-Malik — alors qu’un fléau avait frappé vos récoltes. Vous lui avez écrit pour lui demander d’alléger l’impôt pesant sur vos fruits, et il s’y est plié, ce qui a enrichi encore plus votre riche et appauvri encore davantage votre pauvre. Vous lui avez alors écrit : ‘Qu’Allāh te récompense en bien’. Qu’Allāh ne le récompense pas en bien !”» Après un long discours, il demeura dans la ville durant trois mois : le reste de Ṣafar, les deux mois de Rabīʿ et une partie de Ǧumādā al-Ūlā, selon al-Wāqidī et d’autres.

Al-Madāʾinī rapporte qu’un jour, Abū Ḥamza monta sur la chaire du Messager de Dieu ﷺ. Après avoir loué Dieu et proclamé Sa gloire, il dit : “Ô gens de Médine, sachez que nous n’avons pas quitté nos demeures et nos familles par ostentation, ni par arrogance, ni pour nous divertir, ni pour l’avènement d’un roi que nous souhaiterions favoriser…”

(1) C'est al-Tabarî dans son Histoire (4/328). (2) Al-Kharṣ : c'est l'estimation du nombre de dattes sur le palmier, que ce soit des dattes fraîches (rutab) ou sèches (tamr). On dit : « j'ai kharaṣt le palmier et la vigne », cela signifie que j'ai estimé la quantité de dattes ou de raisins secs qu'ils portent. Cette estimation est fondée sur une conjecture, car la khazar (estimation) est une évaluation basée sur une supposition. On dit aussi : « kharasa al-ʿadad » (il a estimé le nombre), avec les variantes « yakhruṣu » et « yakhrisu », formes verbales liées à cette action. Certains affirment que « al-kharṣ » et « al-khirṣ » (avec une kasra) sont des noms provenant du même processus. On demande : « Combien est le khirṣ de ta terre ? Combien est le khirṣ de tes palmiers ? », avec une kasra sous la lettre khâ. L'agent de ce verbe est l'« khāriṣ ». Le Prophète envoyait les khurrāṣ aux palmiers de Khaïbar au moment où les fruits mûrissaient afin qu'ils puissent en estimer le nombre entre rutab et tamr, puis ils prélevaient une mesure spécifique de dattes destinée au Prophète et aux nécessiteux. (Lisan al-ʿArab, s.v. Kharṣ). (3) Voir le récit d'al-Wāqidī dans l'Histoire d'al-Tabarî (4/330).
بعث إلى قحطبةَ مددًا نحَو عشرةِ آلاف فارس، عليهم على بنُ مَعْقِل، فاقتتلوا، فقتلوا من أصحابِ نصرٍ خلقًا كثيرًا، وقتلوا تميمَ بنَ نَصْر، وغَنِموا أموالًا جَزِيلة جدًّا، ثم إنَّ يزيدَ بنَ عمر بنِ هُبيرةَ نائبَ مروانَ على العراق، بعث بسَريَّةٍ مددًا لنصرِ بنِ سيَّار، فالتقى معهم قحطبةُ في مُستهَلِّ ذي الحِجَّة، وذلك يوم الجُمعة، فقام قحطبةُ في الناس خطيبًا، فحثَّهم على الجهادِ والقتال، وذكَّرهم، وأمرهم بالمصابَرَة، ووعدَهم عن الإمام أنهم يُنصَرون في هذا اليوم، فاقتتلوا قتالًا شديدًا، فانهزم جندُ بني أمية، وقُتل من أهل الشام وغيرِهم عشرةُ آلاف، منهم أميرُ المدد نُبَاتَةُ بن حنظلة عاملُ جُرْجان ورساتيقها لابن هُبيرة، فبعث قحطبةُ برأسِهِ إلى أبي مسلم. ذكرُ دخولِ أبي حمزةَ الخارجي المدينةَ النبويَّةَ واستيلائِهِ عليها مدة ثلاثة أشهر حتى ارتحل منها قال ابنُ جرير (١) : وفي هذه السنةِ كانت وقعةٌ بقُدَيد من أرض الحجاز، بين أبي حمزةَ الخارجي الذي كان عامَ أول في أيامِ الموسم، فقتل من أهلِ المدينة من قريش وغيرهم خلقًا كثيرًا، ثم دخل المدينةَ وهرَبَ نائبُها عبدُ الواحد بنُ سليمان، فقتل الخارجيُّ من أهلِها خلقًا، وذلك لتسعَ عشرةَ ليلةً خلَتْ من صفرَ من هذه السنة، ثم خطبَ على مِنبرِ رسولِ الله ﷺ ، فوبَّخَ أهلَ المدينة وأنَّبَهمْ، وكان فيما وبَّخهمْ به أنْ قال: يا أهل المدينة، إني مررتُ بكمْ أيامَ الأحول - يعني هشامَ بنَ عبدِ الملك - وقد أصابَتْكُمْ عاهةٌ في ثمارِكم فكتبتُمْ إليه تسألونَهُ أنْ يضَعَ الخَرْص (٢) عن ثمارِكم فوضعه، فزاد غَنِيَّكم غِنىً، وزاد فقيرَكم فقرًا، فكتبتم إليه: جزاكَ الله خيرًا، فلا جَزَاهُ الله خيرًا. في كلام طويل. فأقام عندَهم ثلاثةَ أشهر بقيةَ صفر وشهرَيْ ربيع، وبعض جُمَادَى الأولى فيما قال الواقدي وغيرُه (٣) . وقد روى المدائني، أنَّ أبا حمزةَ رَقِي يومًا منبرَ رسولِ الله ﷺ فحمد الله ثم أثنى عليه، ثم قال: تعلمون يا أهل المدينة أنَّا لم نخرُجْ من ديارِنا وأبنائنا بطَرًا ولا أشَرًا، ولا عبثًا، ولا لِدَوْلةِ مَلِكٍ نُريد أن
(١) هو الطبري في تاريخه (٤/ ٣٢٨). (٢) الخَرْصُ: حَزْرُ ما على النَّخْل من الرُّطَب تمرًا، وقد خَرَصْت النخلَ والكرْمَ أخْرُصُه خَرْصًا، إذا حَزَرَ ما عليها من الرُّطب تمرًا، ومن العِنَبِ زبيبًا، وهو مَن الظنّ لأن الحَزْر إنما هو تقديرٌ بظَنٍ، وخرَصَ العدَدَ يَخْرُصُه ويَخْرِصُه خَرْصًا وخِرْصًا: حَزَرَه، وقيل: الخَرْصُ المصدرُ والخِرْصُ، بالكسر، الاسمُ. يقال: كم خِرْصُ أرْضِك وكم خِرْصُ نَخْلِكَ؟ بكسر الخاء، وفاعلُ ذلك الخارِصُ، وكان النبيّ يبعَث الخُرَّاص على نَخِيل خَيْبَر عند إدْراك ثَمرِها، فَيحزِروُنه رُطبًا كذا وتَمرًا كذا، ثم يأخذهم بمَكِيلة ذلك من التمر الذي يجب له وللمساكين. لسان العرب (خرص). (٣) انظر قول الواقدي في تاريخ الطبري (٤/ ٣٣٠).

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