Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Contrairement à eux, il commença le prêche par l’évocation (dhikr) et le takbîr, puis le conclut par la récitation (du Coran). Les fidèles se dispersèrent après la prière de l’Aïd, et Abou Muslim leur avait préparé un repas qu’il plaça devant eux.

Ensuite, il adressa une lettre à Nasr ibn Sayyâr, en la commençant par son propre nom, puis déclara : « À Nasr ibn Sayyâr, Au nom de Dieu, le Tout-Miséricordieux, le Très-Miséricordieux. Ceci dit, Dieu a blâmé certains peuples dans Son Livre en disant : “Et ils jurèrent par Dieu, tout en insistant par leurs serments, que si un avertisseur leur venait, ils seraient plus guidés qu’aucune autre communauté…” jusqu’à Sa parole : “pas de changement.” (Fâtir : 42-43). » Il fut pénible pour Nasr de voir qu’Abou Muslim avait placé son nom avant le sien ; il réfléchit longuement et dit : « Voilà une lettre qui aura sa réponse. »

Ibn Jarîr (1) rapporte alors que Nasr ibn Sayyâr envoya une importante troupe de cavalerie pour combattre Abou Muslim, dix-huit mois après que celui-ci se fut proclamé. Abou Muslim dépêcha alors auprès d’eux Mâlik ibn al-Haytham al-Khuzâ‘î ; ils se rencontrèrent, et Mâlik les invita à reconnaître le droit de la Famille du Messager de Dieu (que Dieu lui accorde Sa grâce et Sa paix), mais ils refusèrent. Ils se rangèrent face à face depuis le début de la journée jusqu’à l’heure de la prière de l’après-midi (‘asr), puis des renforts parvinrent à Mâlik, qui gagna en force et l’emporta : Mâlik triompha d’eux. Ce fut le premier affrontement où les partisans des Banû al-‘Abbâs combattirent l’armée des Banû Umayya.

Au mois de Dhû al-Qa‘da de cette même année, Khâzim ibn Khuzayma s’empara de Marw ar-Rûdh et tua son gouverneur, Bishr ibn Ja‘far as-Sa‘dî, qui relevait de Nasr ibn Sayyâr ; il annonça ensuite cette conquête à Abou Muslim. À l’époque, Abou Muslim était un jeune homme choisi par Ibrâhîm pour porter leur appel (da‘wa), du fait de sa bravoure, de sa fermeté, de la force de son intelligence et de la qualité de son esprit. Il était originaire de la région de Kûfa. Ancien affranchi d’Idrîs ibn Ma‘qil al-‘Ijlî, il fut acquis pour quatre cents dirhams par l’un des propagateurs des Banû al-‘Abbâs, puis passa auprès de Muhammad ibn ‘Alî. Son allégeance revint ensuite à la famille al-‘Abbâs. Ibrâhîm al-Imâm le maria à la fille d’Abû an-Najm Ismâ‘îl ibn ‘Imrân, lui versa la dot en son nom et écrivit à ses partisans du Khurâsân et de l’Irak de lui obéir. Ils se conformèrent à cet ordre durant cette période. L’année précédente, ils avaient refusé de se soumettre à lui en raison de sa jeunesse parmi eux. Mais au cours de l’année suivante, l’Imâm réitéra vigoureusement son ordre dans ses missives, leur enjoignant de suivre Abou Muslim ; ce qui s’avéra bénéfique tant pour lui que pour eux, « et l’ordre de Dieu est un décret irrévocable » (Al-Ahzâb : 38).

Lorsque la cause d’Abou Muslim se diffusa au Khurâsân, des groupes parmi les tribus arabes présentes là-bas s’allièrent pour le combattre. Ils ne s’opposèrent toutefois pas au Karmânî et à Shaybân, car ces deux derniers s’étaient déjà dressés contre Nasr, et Abou Muslim était lui aussi en désaccord avec Nasr, en plus d’appeler à démettre Marwân al-Himâr. Nasr avait demandé à Shaybân de le rejoindre pour combattre Abou Muslim ou de rester neutre afin qu’il pût se consacrer entièrement à ce combat, puis, une fois Abou Muslim vaincu, ils reprendraient leur hostilité. Shaybân accepta. Quand Abou Muslim l’apprit, il en informa le Karmânî, qui désapprouva la décision de Shaybân et le dissuada d’agir ainsi.

Abou Muslim envoya ensuite an-Nadr ibn Nu‘aym à Hérât, et celui-ci en chassa le gouverneur, ‘Isâ ibn ‘Aqîl al-Laythî, lui écrivant pour l’informer du succès. Le gouverneur s’enfuit auprès de Nasr. Par la suite, Shaybân conclut avec Nasr ibn Sayyâr une trêve d’un an afin de suspendre les hostilités, contre la volonté du Karmânî. Le fils du Karmânî envoya alors dire à Abou Muslim : « Je suis avec toi pour combattre Nasr. » Abou Muslim se rendit chez le fils du Karmânî, s’installa auprès de lui, et tous deux se rencontrèrent et convinrent de mener la guerre contre Nasr et de contrer son autorité. Abou Muslim se retira ensuite vers un endroit plus vaste.

(1) Il s'agit de al-Ṭabarī dans son Histoire (4/308).
خلافًا لهم، وابتدأ الخطبةَ بالذِّكْرِ والتكبير، وختمها بالقراءة. وانصرفَ الناسُ من صلاةِ العيد وقد أعدَّ لهم أبو مسلمٍ طعامًا، فوضعهُ بين يدي الناس، وكتب إلى نصر بن سيار كتابًا بدأ فيه بنفسه ثم قال: إلى نصرِ بنِ سَيَّار، بسم الله الرحمن الرحيم، أما بعد، فإن الله عَيَّرَ أقوامًا في كتابهِ فقال: ﴿وَأَقْسَمُوا بِاللَّهِ جَهْدَ أَيْمَانِهِمْ لَئِنْ جَاءَهُمْ نَذِيرٌ لَيَكُونُنَّ أَهْدَى مِنْ إِحْدَى الْأُمَمِ﴾ إلى قوله: ﴿تَحْوِيلًا﴾ [فاطر: ٤٢ - ٤٣] . فعَظُمَ على نصر أنْ قَدَّمَ اسمَهُ على اسمِه، وأطال الفِكْرَ وقال: هذا كتابٌ لهُ جواب. قال ابنُ جرير (١) : ثم بعث نصرُ بن سيار خيلًا عظيمةً لمحاربةِ أبي مسلم، وذلك بعد ظهورِهِ بثمانيةَ عشرَ شهرًا، فأرسل أبو مسلم إليهم مالكَ بن الهيثم الخُزَاعي، فالتقَوْا، فدعاهُمْ مالكٌ إلى الرِّضا عن آلِ رسولِ الله ﷺ ، فأبوْا ذلك، فتصافُّوا من أوَّلِ النَّهار إلى العصر، فجاء إلى مالكٍ مدَد، فقَوي عليهم واستظهر، فظَفِرَ بهم مالك، وكان هذا أولُ موقفٍ اقتتَلَ فيه دعاةُ بني العباس وجندُ بني أمية. وفي ذي القعْدةِ من هذه السنة غلَبَ خازمُ بن خزيمة على مَرْوِ الرُّوذ، وقَتَلَ عاملَها من جهةِ نصرِ بن سَيَّار، وهو بِشْرُ بن جعفر السَّعدي، وكتب بالفَتْحِ إلى أبي مسلم، وكان أبو مسلم إذْ ذاك شابًّا قد اختاره إبراهيمُ لدعوتِهم، وذلك لشهامتِهِ وصرَامتِه، وقوةِ فهْمهِ وجَوْدةِ ذِهْنه، وأصلُهُ من سوادِ الكُوفة؛ وكان مولًى لإدريسَ بنِ مَعْقل العِجْلي، فاشتراهُ بعضُ دعاةِ بني العباس بأربع مئةِ دِرْهم، ثم أخذه محمدُ بن علي، ثم آلَ وَلاؤهُ لآلِ العباس، وزوَّجهُ إبراهيمُ الإمامُ بابنةِ أبي النَّجْم إسماعيلَ بنِ عمران، وأصدَقَها عنه، وكتب إلى دُعاتِهم بخراسان والعراق، أنْ يسمعوا له. فامتثلوا أمرَهُ في هذه المدَّة، وقد كانوا في السَّنة الماضية قبلَ هذه السنة ردُّوا عليه أمرَهُ لِصِغَرِهِ فيهم؛ فلمَّا كانتْ هذه السنةُ أكَّدَ الإمام كتابهُ إليهم في الوصاةِ به وطاعته، وكان في ذلك الخيرُ له ولهم، ﴿وَكَانَ أَمْرُ اللَّهِ قَدَرًا مَقْدُورًا﴾ [الأحزاب: ٣٨] . ولمَّا فَشَا أمرُ أبي مسلم بخراسان تعاقدَتْ طوائفُ من أحياءَ العربِ الذين بها على حَرْبِه ومُقاتلته، ولم يُكرَهِ الكرماني وشيبان لأنهما خرجا على نصر، وأبو مسلم مخالفٌ لنصر كحالِهما، وهو مع ذلك يَدْعو إلى خَلع مروانَ الحمار، وقد طلب نصرٌ من شيبانَ أنْ يكونَ معهُ على حَرْب أبي مسلم أو يكفَّ عنه حتى يتفرغَ لحَرْبِه، فإذا قتلَ أبا مسلم عادا إلى عداوتِهما؛ فأجابه إلى ذلك فبلغَ ذلك أبا مسلم، فبعث إلى الكَرْمانيِّ يُعلمُه بذلك، فلام الكرمانيِّ شيبانَ على ذلك وثناه عن ذلك، وبعث أبو مسلم إلى هَرَاة النضرَ بنَ نُعيم، فأخذها من عاملها عيسى بن عقيل الليثى، وكتب إلى أبي مسلم بذلك، وجاء عاملُها إلى نصرٍ هاربًا، ثم إنَّ شيبانَ وادَعَ نصرَ بن سيَّارٍ سنةً على تَرْك الحرب بينه وبينه، وذلك عن كُرْهٍ من الكَرْمانيّ، فبعث ابنُ الكرماني إلى أبي مسلم: إني معك على قتالِ نصر، ورَكِبَ أبو مسلم في خدمةِ ابنِ الكَرْمانيّ، فنَزلَ عنده، واجتمعا فاتفقا على حربِ نصرٍ ومخالفتِه، وتحول أبو مسلمٍ إلى موضعٍ فسيح،
(١) هو الطبري في تاريخه (٤/ ٣٠٨).

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