Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Mariam, tu n’as pas pu t’en sortir ; par Dieu, si tu avais été dans mon ventre, je l’aurais éventré pour te tuer. Puis il ordonna à ‘Abd Rabbihi ibn Saysan (1) de le tuer. Par la suite, al-Harith ibn Surayj et al-Karmânî s’allièrent contre Nasr, tout en s’opposant à lui, appelant à se conformer au Livre et à la Sunna, à suivre les imams guidés, à proscrire les actes répréhensibles et à accomplir tout ce qu’ordonne la Loi. Cependant, ils se brouillèrent par la suite et livrèrent un violent combat : al-Karmânî l’emporta et les compagnons d’al-Harith prirent la fuite. Al-Harith, qui montait une mule, passa sur un cheval, mais celui-ci refusa d’avancer. Ses compagnons l’abandonnèrent et il ne resta plus qu’une centaine d’hommes avec lui. Les partisans d’al-Karmânî le rattrapèrent et le tuèrent sous un olivier — selon une autre version, sous un arbre ghibayrâ’ (2) — un dimanche, six jours avant la fin de Rajab de cette année-là. Cent de ses compagnons furent également tués, et al-Karmânî s’empara de ses provisions, de ses biens ainsi que de l’argent de tous ceux qui étaient sortis avec lui. Il ordonna ensuite que la dépouille d’al-Harith soit crucifiée sans tête à la porte de la cité de Marw.

Lorsque Nasr ibn Sayyâr apprit la mort d’al-Harith, il composa ces vers :
« Ô toi qui as infligé l’humiliation à ton peuple… Puisses-tu être exilé et anéanti.
Ton funeste destin a causé la perte de toute la tribu de Mudar… et a abaissé les tiens par la dureté.
Jamais la tribu d’al-Azd et leurs partisans… n’auraient espéré vaincre ‘Amr ni Mâlik.
Ni les Banû Sa‘d lorsqu’ils mettent le frein… à toute guenille aussi sombre qu’une nuit obscure. » (3)

Lui répondit alors ‘Abbâd (4), le fils d’al-Harith ibn Surayj, dans les termes suivants :
« Ô Nasr, le temps du secret est révolu… Le souhait et l’espérance ont duré bien trop.
Désormais, les “nuées” régnant sur la terre de Marw… disposent du jugement à leur guise.
Leur sentence s’impose dans toute décision… visant Mudar, même si elle est inique.
Quant à Himyar, solidement assise au sein de ses assemblées… le sang perle encore sur leur cou.
Si Mudar s’en accommode et s’humilie… elle connaîtra une interminable avilissement et souffrance.
Mais si elle réclame réparation, sinon… c’est la ruine qui fondra sur ses armées. »

(1) Dans (Q) : « Ibn Maysar ordonna et le fit tuer ». Cette version est confirmée par (B, H) ainsi que par l’Histoire de Ṭabarī (4/295). (2) Dans (Q) : « ʿAbīrā », dans (H) : « ʿAtbarā », confirmé par (B). Al-Ghubairā est une plante sahélienne ; il est dit que al-Ghabrā est son arbre et al-Ghubairā son fruit, une sorte de fruit, ou bien que al-Ghubairā est l’arbre et al-Ghabrā son fruit, l’un et l’autre étant interchangeables sous cette forme. Quant à ce fruit appelé al-Ghubairā, il est emprunté dans la langue arabe. Abū Ḥanīfa dit : « Al-Ghubairā est un arbre connu, appelé ainsi à cause de la couleur de ses feuilles et de ses fruits lorsqu’ils apparaissent, puis ils deviennent d’un rouge intense. » Il ajoute : « Cette dérivation n’est pas connue. » Il dit aussi que le fruit s’appelle al-Ghubairā et qu’on ne le mentionne qu’au diminutif. (Lisan al-ʿArab, s.v. ghabr). (3) Le récit détaillé et les vers se trouvent dans l’Histoire de Ṭabarī (4/298-299) et dans al-Kāmil d’Ibn al-Athīr (5/20). (4) Dans (B, H) : « Ghiyāth ibn al-Ḥārith », confirmé par (Q) et l’Histoire de Ṭabarī (4/299).
مريم ما نجَوْت؛ والله لو كنتَ في بطني لشقَقْتُ بَطْني حتى أقتُلَك. وأمرَ عبد ربه بنَ سيسن (١) فقتله، ثم اتفق الحارثُ بن سُريج والكَرْماني على نصر ومخالفتِه، والدعوةِ إلى الكتاب والسنَّة، واتباعِ أئمةِ الهدى، وتحريم المنكرات، إلى غير ذلك مما جاءتْ به الشريعة، ثم اختلفا فيما بينهما، واقتتلا قتالًا شديدًا، فغلب الكَرْمانيُّ وانهزَم أصحابُ الحارث، وكان راكبًا على بغل، فتحوَّل إلى فرس، فحرنَتْ أنْ تمشي، وهربَ عنه أصحابُه، ولم يبقَ معهُ منهم سوى مئة، فأدركه أصحابُ الكَرْماني فقتلوه تحتَ شجرةِ زيتون، وقيل: تحت شجرة غُبَيْراء (٢) ، وذلك يوم الأحد لستٍّ بَقينَ من رجب من هذه السنة، وقُتل معه مئةٌ من أصحابه، واحتاط الكرمانيُّ على حواصِلِه وأموالِه، وأخذ أموالَ منْ خرجَ معَه أيضًا؛ وأمر بصَلْبِ الحارث بلا رأس على بابِ مدينة مَرْو. ولما بلغ نصرَ بنَ سيَّار مقتلُ الحارثِ قال في ذلك: يا مُدْخلَ الذُّلِّ على قومِهِ … بُعْدًا وسُحْقًا لكَ منْ هالِكِ شؤمُكَ أرْدَى مُضَرًا كُلَّها … وغَضَّ منْ قَومِكَ بالحارِكِ ما كانتِ الأزْدُ وأشياعُها … تطمعُ في عَمْرٍو ولا مالِكِ ولا بني سَعْدٍ إذا ألْجَمُوا … كُلَّ طِمِرٍّ لَوْنُهُ حالِكِ (٣) وقد أجابهُ عبَّاد (٤) بن الحارث بن سُريج فيما قال: ألا يا نصرُ قد بَرِحَ الخَفَاءُ … وقد طالَ التمَنِّي والرجاءُ وأصبحتِ المزونُ بأرضِ مَرْوٍ … تُقضِّي في الحكومةِ ما تشاءُ يجوزُ قضاؤها في كلِّ حُكْمٍ … على مُضَرٍ وإنْ جارَ القضاءُ وحِمْيَرُ في مجالسها قُعودٌ … تَرقْرَقُ في رقابِهمُ الدِّماءُ فإنْ مُضَرٌ بذا رَضِيتْ وذَلَّتْ … فطال لها المذلَّةُ والشَّقاءُ وإنْ هي أعتَبَتْ فيها وإلَّا … فحل على عساكرِها العَفَاءُ
(١) في (ق): "وأمر ابن ميسر فقتله". والمثبت من (ب، ح) وتاريخ الطبري (٤/ ٢٩٥). (٢) في (ق): "عبيرا"، وفي (ح): "عتبرا"، والمثبت من (ب)، والغبيراء: نباتٌ سُهْليّ، وقيل: الغَبراء شجرته، والغُبيراء ثمرته؛ وهي فاكهة، وقيل: الغُبيراء شجرته، والغَبراء ثمرته، بقلب ذلك، الواحدُ والجمعُ فيه سواء. وأما هذا الثمر الذي يقال له الغُبيراء فدخيلٌ في كلام العرب. قال أبو حنيفة: الغُبيراء شجرةٌ معروفة، سُمِّيتْ غُبيراء لِلَوْن ورَقِها وثمرتِها إذا بدَتْ، ثم تحمرُّ حمرةً شديدة. قال: وليس هذا الاشتقاق بمعروف. قال: ويُقال لثمرتِها الغُبيراء. قال: ولا تُذكر إلا مصغَّرة. لسان العرب (غبر). (٣) الخبر مفصلًا والأبيات في تاريخ الطبري (٤/ ٢٩٨، ٢٩٩)، والكامل لابن الأثير (٥/ ٢٠). (٤) في (ب، ح): "غياث بن الحارث"، والمثبت من (ق) وتاريخ الطبري (٤/ ٢٩٩).

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