Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Puis débuta l’année cent vingt-huit (de l’Hégire). En cette année fut tué al-Hârith ibn Suraïj. La cause en fut que Yazîd ibn al-Walîd, dit “al-Nâqiṣ”, lui avait adressé une lettre d’amnistie pour qu’il quittât le pays des Turcs, rejoignît les musulmans et renonçât à soutenir les polythéistes au profit de la cause de l’Islam et de ses fidèles. Il survint toutefois entre lui et Naṣr ibn Sayyâr, gouverneur du Khorasan, une relation entachée de froideur et de multiples rivalités, trop longues à rapporter.

Lorsque la fonction califale revint à Marwân ibn Muḥammad, al-Hârith ibn Suraïj prit peur. Ibn Hubayra reçut la charge de l’Irak, et le serment d’allégeance fut donné à Marwân. Al-Hârith refusa alors de le prêter et parla contre lui. Maslama ibn Aḥwaz, le chef de la police, ainsi qu’un groupe de notables de l’armée et des émirs, vinrent le trouver, le priant de retenir sa langue et sa main et de ne pas diviser la communauté des musulmans. Il refusa, se retira à l’écart et en appela à Naṣr ibn Sayyâr pour qu’il embrassât sa démarche, plaidant pour le Livre et la Sunna. Mais Naṣr ne voulut pas le suivre, et al-Hârith persévéra dans sa rébellion à l’égard de l’autorité musulmane.

Il ordonna à al-Jahm ibn Ṣafwân, affranchi des Banû Râsib — surnommé Abû Maḥraz, l’homme auquel on rattache la secte jahamite (al-jahmiyya) — de réciter en public un document exposant la “ligne de conduite” (sîra) d’al-Hârith. Al-Hârith répétait cette parole : « Je suis celui qui porte les étendards noirs. » Alors Naṣr lui adressa un message : « Si tu es bien celui dont il est question, par ma vie, vous êtes ceux qui démoliront le rempart de Damas et détrôneront les Banû Umayya. Prends donc de moi cinq cents têtes de bétail, deux cents chameaux, et ce que tu voudras en biens. Mais si tu vises autre chose, c’est ta propre tribu que tu détruis. » Al-Hârith lui répondit : « Par ma vie, cette affaire adviendra à coup sûr. »

Naṣr ajouta : « Commence donc par (affronter) al-Karmânî, puis rends-toi à Rayy, et je serai sous ta sujétion lorsque tu y arriveras. » Par la suite, ils débattirent, et ils acceptèrent que Muqâtil ibn Ḥayyân et al-Jahm ibn Ṣafwân statuent entre eux. Leur jugement fut que Naṣr devait être déposé, et que l’affaire revînt à une délibération (shûrâ). Naṣr refusa de s’y soumettre. Al-Jahm ibn Ṣafwân et d’autres persistèrent alors à proclamer la cause d’al-Hârith dans la grande mosquée et dans les rues, si bien qu’un grand nombre de gens lui prêtèrent allégeance. À ce moment, plusieurs troupes furent dépêchées sur ordre de Naṣr ibn Sayyâr pour combattre al-Hârith. Elles marchèrent contre lui, et ses partisans livrèrent une rude bataille, mais beaucoup périrent, parmi lesquels al-Jahm ibn Ṣafwân, qui fut transpercé d’un coup de lance dans la bouche et succomba.

La mort d’al-Jahm ibn Ṣafwân :

On raconte qu’il fut capturé, présenté à Salm ibn Aḥwaz, qui ordonna son exécution. Al-Jahm déclara : « Ton père m’avait accordé la sécurité. » Il lui rétorqua : « Il n’avait pas le droit de t’accorder sa protection, et eût-il fait, je n’y consentirais pas non plus ; eusses-tu rempli ce drap d’étoiles et fait descendre ‘Issâ ibn Maryam… »

(1) Dans (Q) : « Il combattit », confirmé par (B, Ḥ). Le terme "jaḥaf" dérive de « tajāḥuf » chez les hommes en combat : cela signifie que certains se frappent mutuellement avec des bâtons et des épées. « al-jaḥāf » désigne la mêlée propre à la guerre. Voir Lisān al-ʿArab (s.v. jaḥaf).
[ثم دخلت سنة ثمان وعشرين ومئة] فيها كان مقتلُ الحارثِ بن سُريج، وكان سببُ ذلك أنَّ يزيدَ بن الوليد الناقص كان قد كتبَ إليه كتابَ أمانٍ حتى خرج من بلادِ التُّرك وصار إلى المسلمين، ورجَعَ عن موالاةِ المشركينَ إلى نُصْرَةِ الإسلامِ وأهلِه، وأنّهُ وقع بينه وبين نصرِ بن سيَّار أميرِ خراسان وَحْشَةٌ ومُنَافسَاتٌ كثيرةٌ يطول ذكرُها، فلما صارتِ الخلافةُ إلى مروانَ بنِ محمد استَوْحَش الحارثُ بن سُريج من ذلك، وتولَّى ابنُ هُبيرة نيابةَ العراق، وجاءتِ البيعةُ لمروان، فامتنع الحارثُ من قَبُولها، وتكلَّمَ في مروان، وجاءهُ مَسْلمةُ بن أحْوَز أميرُ الشرطة، وجماعةٌ من رؤوسِ الأجنادِ والأمراء، وطلبوا منه أن يكفَّ لسانَهُ ويدَه، وأن لا يُفرِّقَ جماعةَ المسلمين، فأبَى وبرَزَ ناحيةً عن الناس، ودعا نصرَ بنَ سيارٍ إلى ما هو عليهِ من الدعوةِ إلى الكتابِ والسنَّة، فامتنع نصرٌ من موافقتِه، واستمرَّ هو على خروجهِ على الإسلام، وأمرَ الجَهْمَ بنَ صفوانَ مولى بني راسب - ويُكنَى بأبي محرز، وهو الذي نُسبَتْ إليه الفرقةُ الجَهْمِيَّة - أن يقرأ كتابًا فيه سيرةُ الحارثِ على الناس، وكان الحارثُ يقول: أنا صاحبُ الرايات السود، فبعث إليه نصرٌ يقول: إنْ كنتَ ذاك فلعمري إنكمُ الذين تُخرِبونَ سُورَ دمشق، وتُزيلون بني أمية، فخُذْ مِني خمسَ مئةِ رأس، ومئتَي بَعِير، وما شئتَ من الأموال، وإنْ كنتَ تُريدُ غيرَه فقد أهلكتَ عشيرتَك. فبعث إليه الحارثُ يقول: لعمري إنَّ هذا الأمرَ لكائن، فقال له نصر: فابدَأْ بالكَرْماني أولًا، ثم سِرْ إلى الرَّيّ وأنا في طاعتِكَ إذا وصلتَها. ثم تناظَرَ نصرٌ والحارثُ ورَضِيَا أنْ يَحْكُمَ بينهما مُقاتِلُ بن حَيَّان، والجَهْمُ بن صَفْوان، فحكمَا أنْ يُعزَلَ نصرٌ ويكونَ الأمرُ شُورَى، فامتنعَ نصرٌ من قَبُول ذلك، ولَزِمَ الجَهْمُ بنُ صفوان وغيرُه قراءةَ سيرةِ الحارثِ على الناس في الجامعِ والطُّرُق، فاستجابَ له خَلْقٌ كَثِير وجمعٌ غفير، فعند ذلك انتدَبَ لقتِالهِ جماعاتٌ من الجيوش عن أمرِ نصرِ بن سَيَّار، فقصَدوه، فجاحَف (١) دونه أصحابُه، فقُتل منهم طائفةٌ كثيرةٌ، منهم الجَهْمُ بن صَفوان، طعنَهُ رجلٌ في فيهِ فقتلَه. مقتل الجَهم بن صَفْوان ويقال: بل أُسرَ الجهمُ، فأوقف بين يدَيْ سَلْم ين أحوَز، فأمرَ بقَتْلِه، فقال: إنَّ لي أمانًا من أبيك. فقال: ما كان له أنْ يؤمِّنَك، ولو فعَل ما أمَّنْتُك، ولو ملأتَ هذهِ الْمُلاءةَ كواكب، وأنزلتَ عيسى ابنَ
(١) في (ق): "فحارب"، والمثبت من (ب، ح)، وجاحف من تَجَاحُف القوم في القِتال: هو تناوُلُ بعضهم بعضًا بالعِصِيّ والسُّيوف. والجحافُ: مُزاحمةُ الحَرْبِ. لسان العرب (جحف).

Entreprise

  • À propos
  • Tarifs
  • Pourquoi traduire ?

Support

  • Contactez-nous
  • Signaler un bug
  • Nous soutenir
  • Faire un don
  • Arène de combat IA

Suivez-nous

© 2026 Kutub. Tous droits réservés.
Conditions d'utilisationPolitique de confidentialitéCookies