Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Othmân les libéra tous, à l’exception de deux hommes : Yazîd ibn al-‘Aqqâr et al-Walîd ibn Miṣâd al-Kalbiyy. Il les fit fouetter devant lui et les emprisonna, et ils moururent en prison parce qu’ils avaient participé au meurtre d’al-Walîd ibn Yazîd lorsqu’il fut tué. Quant à Sulaymân ibn Hishâm et au reste de ses compagnons, ils continuèrent leur fuite. À l’aube, ils arrivèrent à Damas et informèrent le commandeur des croyants, Ibrâhîm ibn al-Walîd, de ce qui s’était passé. Ils se réunirent alors avec les principaux émirs de l’époque : ‘Abd al-‘Azîz ibn al-Ḥajjâj, Yazîd ibn Khâlid ibn ‘Abd Allâh al-Qasrî, Abû ‘Alâqa al-Saksakî, al-Aṣbagh ibn Dhu’âla al-Kalbî et d’autres, et convinrent de tuer les deux fils d’al-Walîd, al-Ḥakam et ‘Uthmân, de peur qu’ils n’accèdent au califat et ne se vengent de ceux qui les avaient combattus et avaient tué leur père. Ils dépêchèrent donc Yazîd ibn Khâlid ibn ‘Abd Allâh al-Qasrî auprès des deux fils d’al-Walîd, al-Ḥakam et ‘Uthmân, incarcérés et déjà adultes — on raconte même que l’un d’eux avait un enfant. Il les abattit à coups de barres de fer, et tua également Yûsuf ibn ‘Umar, détenu avec eux. Se trouvait aussi en prison Abû Muḥammad al-Sufyânî, qui s’enfuit et se réfugia dans une pièce intérieure, puis obstrua la porte avec des gravats. Ils l’assiégèrent et il résista. Ils apportèrent du feu pour incendier la porte, mais durent y renoncer lorsque Marwân ibn Muḥammad arriva avec ses compagnons à Damas à la poursuite des fuyards.

Mention de l’entrée de Marwân « al-Ḥimâr » à Damas, de son accession au califat et de la déposition d’Ibrâhîm ibn al-Walîd

Lorsque Marwân arriva avec ses troupes depuis ‘Ayn al-Jarr et se rapprocha de Damas — alors même que ses habitants avaient déjà fui la veille — Ibrâhîm ibn al-Walîd prit la fuite. Sulaymân ibn Hishâm se précipita vers le Trésor, l’ouvrit et distribua son contenu à ses partisans et aux soldats qui l’avaient suivi. Les affranchis d’al-Walîd ibn Yazîd se révoltèrent et se rendirent chez ‘Abd al-‘Azîz ibn al-Ḥajjâj, le tuèrent sur place et pillèrent sa demeure. Ils déterrèrent le corps de Yazîd ibn al-Walîd et le crucifièrent à la porte al-Jâbiya. Puis Marwân ibn Muḥammad fit son entrée à Damas, s’installa dans la partie haute de la ville et reçut les dépouilles des deux fils d’al-Walîd, al-Ḥakam et ‘Uthmân, ainsi que celle de Yûsuf ibn ‘Umar. Il ordonna qu’on les enterrât. On lui amena alors Abû Muḥammad al-Sufyânî, toujours enchaîné, qui le salua en l’appelant « commandeur des croyants ».

Marwân lui dit : « Assez ! » Et Abû Muḥammad répondit : « Ces deux jeunes gens (al-Ḥakam et ‘Uthmân) ont fait de toi leur successeur après eux. » Il récita ensuite un poème qu’al-Ḥakam avait composé en prison, où il disait notamment :
« N’est-il pas un messager pour informer Marwân, ainsi que mon oncle al-Ghamr, que trop de souffrances ont déjà coulé ?
J’ai été opprimé, et mon peuple s’est allié pour tuer al-Walîd.
Si je viens à périr, moi comme mon héritier, alors Marwân sera l’émir des croyants. »

Abû Muḥammad al-Sufyânî ajouta ensuite à l’adresse de Marwân : « Tends ta main. » Il fut ainsi le premier à lui prêter serment d’allégeance au califat, après quoi suivit Mu‘âwiya (1) ibn Yazîd ibn

(1) Dans (Q) : « alors Muʿāwiya », ce qui implique que le Sufyānide fut le premier à lui prêter allégeance. Cependant, la conjonction « fa » n’apparaît pas dans (B, Ḥ) ni dans l’Histoire de Ṭabarī (t. 4, p. 280), où il est formulé ainsi : « Il fut le premier à se lever contre Muʿāwiya... ». Le rapport et le poème y figurent dans leur intégralité.
وعثمان، وأطلقَهم كلَّهم سوى رجلَيْن، وهما يزيدُ بن العقار، والوليد بن مصَاد الكلبيَّان، فضربَهما بين يديه بالسياط وحبسهما، فماتا في السجن، لأنهما كانا مِمَّنْ باشرَ قتلَ الوليد بن يزيد حين قُتل. وأمَّا سليمان بن هشام وبقيةُ أصحابه فإنهم استمرُّوا منهزِمين، فما أصبحَ لهم الصبحُ إلا بدمشق فأخبروا أميرَ المؤمنين إبراهيم بن الوليد بما وقع، فاجتمع معهم رؤوس الأمراء في ذلك الوقت وهم عبد العزيز بن الحجَّاج، ويزيد بن خالد بن عبد الله القَسْري وأبو علاقة السَّكْسَكي، والأصبغ بن ذؤالة الكلبي، ونظراؤهم، على أن يَعمِدوا إلى قتل ابني الوليد الحكم وعثمان خشيةَ أن يَلِيَا الخلافةَ فيُهْلِكا مَنْ عاداهما وقَتَل أباهما، فبعثوا إليهما يزيدَ بن خالد بن عبد الله القسري فعمد إلى السجن وفيه الحكم وعثمان ابنا الوليد وقد بَلَغا، ويقال: ولد لأحدِهما ولد، فشدَخَهما بالعُمُد، وقتَلَ يوسفَ بن عُمر وكان مسجونًا معَهما، وكان في سجنِهما أيضًا أبو محمد السفياني، فهرب فدخل في بيتٍ داخلَ السجن، وجعل وراء البابِ رَدْمًا فحاصروه، فامتَنع، فأتَوْا بنارٍ ليحرقوا الباب، ثم اشتغلوا عن ذلك بقُدومِ مروانَ بنِ محمد وأصحابِه إلى دمشق في طلب المنهزمين. ذكرُ دخولِ مروانَ الحمار دمشقَ وولايَتِه الخلافةَ وعزلِهِ إبراهيمَ بنِ الوليدِ عنها لما أقبل مروانُ بِمَنْ معَه من الجُنود من عينِ الجَرّ، وافتربَ من دمشق وقد انهزمَ أهلُها بين يديه بالأمس، هرَبَ إبراهيمُ بن الوليد، وعمَدَ سليمانُ بن هشام إلى بيت المال ففتحه وأنفَقَ ما فيه على أصحابِه ومَنِ اتَّبَعَهُ من الجيوش، وثار موالي الوليدِ بن يزيد إلى دارِ عبد العزيز بن الحجَّاج فقتلوه فيها وانتهبوها، ونبَشوا قبرَ يزيدَ بنِ الوليد وصلبوه على بابِ الجابية، ودخل مروانُ بن محمد دمشق فنَزَل في أعاليها، وأُتِي بالغلامَيْن الحكم وعثمان وهما مقتولان، وكذلك يوسف بن عمر، فأمرَ بهم فدُفنوا، وأُتِيَ بأبي محمد السُّفياني وهو في كُبوله، فسلَّمَ على مروانَ بالخلافة، فقال مروان: مَهْ. فقال: إنَّ هذَيْنِ الغلامَيْنِ جعَلاها لك من بعدِهما. ثم أنشد قصيدة قالها الحكَمُ في السِّجْن، وهي طويلة منها قوله: ألا مَنْ مُبِلغٌ مروانَ عَنِّي … وعَمِّي الغَمْرَ طالَ بِذا حَنِينَا بأنِّي قد ظُلمتُ وصارَ قومي … على قَتْلِ الوليد متابعينا فإنْ أهْلِكْ أنا ووليّ عَهْدِي … فمَروان أميرُ المؤمنينا ثم قال أبو محمد السُّفياني لمروان: ابْسُطْ يدَك. فكان أولَ مَنْ بايَعَهُ بالخِلافة معاوية (١) بن يزيد بن
(١) في (ق): "فمعاوية"، فعلى هذا يكون السفياني أول من بايعه، ولكنْ ليست الفاء في (ب، ح) ولا في تاريخ الطبري (٤/ ٢٨٠)، ولفظه: "فكان أول من نهض معاوية … "والخبر والقصيدة فيه بتمامها.

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