Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

‘Abd al-Raḥmān ibn al-Qāsim, le maître (cheikh) de Mālik, et ‘Ubayd Allāh ibn Abī Yazīd (1), ainsi que ‘Amr ibn Dīnār (2). Nous avons exposé leurs notices biographiques dans notre ouvrage “at-Takmīl”.

[Puis survint l’an cent vingt-sept]

Cette année débuta alors qu’Ibrāhīm ibn al-Walīd ibn ‘Abd al-Malik était calife, conformément à la recommandation (waṣiyya) de son frère Yazīd an-Nāqiṣ en sa faveur, ainsi qu’à l’allégeance que lui avaient prêtée les émirs et l’ensemble des habitants du Shām, à l’exception de ceux de Ḥimṣ qui refusèrent de le reconnaître. Il a déjà été rapporté que Marwān ibn Muḥammad, surnommé al-Ḥimār, était gouverneur (‘āmil) d’Azerbaïdjan et d’Arménie, fonctions qu’il tenait de son père. Il en voulait à Yazīd ibn al-Walīd pour l’exécution d’al-Walīd ibn Yazīd et marcha pour venger le sang de ce dernier. Lorsqu’il arriva à Ḥarrān, il revint sur sa position et prêta allégeance à Yazīd ibn al-Walīd. Peu de temps après, la mort de Yazīd lui parvint, et il se dirigea avec les gens de la Jazīra (région de Mésopotamie) jusqu’à atteindre Qinnasrīn, dont il assiégea les habitants, qui finirent par se soumettre à son autorité. Il se rendit ensuite à Ḥimṣ, sous l’autorité d’‘Abd al-‘Azīz ibn al-Ḥajjāj, représentant du commandeur des croyants Ibrāhīm ibn al-Walīd. Il assiégea la ville afin qu’elle prête allégeance à Ibrāhīm ibn al-Walīd, mais ses habitants persistèrent à s’y refuser. Lorsque ‘Abd al-‘Azīz apprit que Marwān ibn Muḥammad approchait, il quitta Ḥimṣ. Marwān y entra, y reçut l’allégeance des habitants, puis partit avec eux en direction de Damas, accompagné de l’armée de la Jazīra et de Qinnasrīn.

Marwān marcha donc vers Damas à la tête de quatre-vingt mille hommes, tandis qu’Ibrāhīm ibn al-Walīd envoya Sulaymān (3) ibn Hishām ibn ‘Abd al-Malik à la tête de cent vingt mille soldats. Les deux armées se rencontrèrent à ‘Ayn al-Jarr (4) dans le Biqā‘. Marwān les appela à cesser le combat et à renoncer aux deux fils d’al-Walīd ibn Yazīd, al-Ḥakam et ‘Uthmān, pour lesquels il avait déjà exigé l’engagement, Yazīd les ayant enfermés à Damas. Mais ils refusèrent. Un violent combat s’engagea depuis la fin de la matinée jusqu’à l’après-midi. Marwān envoya alors un détachement qui prit l’armée de Sulaymān ibn Hishām à revers, réalisant l’objectif recherché, tandis que de front, les troupes de Marwān lancèrent l’assaut, infligeant la déroute à l’armée de Sulaymān. Les gens de Ḥimṣ tuèrent nombre de leurs ennemis et s’emparèrent de leur camp. Au total, en ce jour, environ dix-sept ou dix-huit mille habitants de Damas furent tués, et un nombre équivalent furent faits prisonniers. Marwān exigea alors qu’ils prêtent allégeance aux deux jeunes fils d’al-Walīd, al-Ḥakam

(1) Sa biographie se trouve dans al-Tārīkh al-Kabīr (5/403), Siyar Aʿlām al-Nubalāʾ (5/242). (2) Sa biographie se trouve dans al-Tārīkh al-Kabīr (6/328), al-Jarḥ wa al-Taʿdīl (6/231), Siyar Aʿlām al-Nubalāʾ (5/300). (3) Le mot « Sulaymān » est absent dans la copie (Q), ce qui constitue une altération grave ; je l’ai rétabli d’après (B, Ḥ), et le récit détaillé est rapporté dans Tārīkh al-Ṭabarī (4/274). (4) Al-Jarr, avec une ouverture et une shadda : à l’origine, cela signifie « la montagne ». 'Ayn al-Jarr : une montagne au Sham, dans la région de Baalbek. Voir Muʿjam al-Buldān (2/124).
وعبد الرحمن بن قاسم شيخ مالك. وعبيد الله بن أبي يزيد (١) . وعمرو بن دينار (٢) . وقد ذكرنا تراجِمَهم في كتاب "التكميل" . [ثم دخلت سنة سبع وعشرين ومئة] استُهلَّت هذه السنةُ والخليفةُ إبراهيم بن الوليدِ بن عبدِ الملك بوَصِيَّةِ أخيه يزيدَ الناقصِ إليه، ومبايَعَةِ الأمراءَ له بذلك، وجميعِ أهل الشام، إلَّا أهلَ حِمص فلم يُبايعوه، وقد تقدَّمَ أنَّ مروانَ بن محمد الملقَّبَ بالحِمار كان نائبًا بأذْرَبِيجَانَ وإرْمِينيَة، وتلك كانتْ لأبيه من قبلِه، وكان نَقَمَ على يزيدَ بن الوليد في قَتْلِهِ الوليدَ بن يزيد، وأقبل في طلبِ دَم الوليد، فلما انتهَى إلى حَرَّان أنابَ وبايَعَ يزيدَ بنَ الوليد، فلم يلبَثْ إلَّا قليلًا حتى بلغَهُ موتهُ، فأقبل في أهَلِ الجزيرة، حتى وصل قِنَّسْرِين، فحاصرَ أهلَها فنَزَلوا على طاعته، ثم أقبلَ إلى حمص وعليها عبدُ العزيز بن الحجَّاج من جهةِ أميرِ المؤمنين إبراهيمَ بنِ الوليد، فحاصرهم حتى يبايعوا لإبراهيم بنِ الوليد، وقد أصرُّوا على عدَمِ مُبايعته، فلما بلغ عبدَ العزيز قربُ مروانَ بنِ محمد ترحَّلَ عنها، وقدم مروانُ إليها، فبايعوه وساروا معَهُ قاصِدينَ دمشق، ومعهم جندُ الجزيرة وجُندُ قِنَسْرِين، فتوجَّهَ مروانُ إلى دمشقَ في ثمانينَ ألفًا وقد بعث إبراهيمُ بن الوليد سليمان (٣) بنَ هشام بن عبد الملك في مئةٍ وعشرينَ ألفًا، فالتقى الجيشان عندَ عَيْنِ الجَرّ (٤) من البِقَاع، فدعاهُمْ مروانُ إلى الكفِّ عن القتال، وأن يتخلَّوْا عنِ ابنَيِ الوليد بن يزيد، وهما الحكم وعثمان اللذان قد أخذَ العهدَ لهما، وكان يزيدُ قد سجنَهما بدمشق، فأبَوْا عليه ذلك. فاقتتلوا قِتالًا شديدًا، من حين ارتفاعِ النهار إلى العصر، وبعثَ مروانُ سريةً تأتي جيشَ سليمان بن هشام من ورائهم، فتمَّ لهم ما أرادوه، وأقبلوا من ورائهم يُكَبِّرون، وحَمَلَ الآخرون من تلقائهم عليهم، فكانتِ الهزيمةُ في اْصحابِ سليمان، فقتَلَ منهم أهلُ حمصَ خلقًا كثيرًا، واستُبيح عسكرُهم، وكان مقدارُ ما قُتل من أهلِ دمشقَ في ذلك اليوم قريبًا من سبعة عشر ألفًا أو ثمانيةَ عَشرَ ألفًا، وأُسر منهم مثلُهم، فأخذ عليهم مروانُ البيعة للغلامَيْنِ ابنَيِ الوليد الحكمِ
(١) ترجمته في التاريخ الكبير (٥/ ٤٠٣)، سير أعلام النبلاء (٥/ ٢٤٢). (٢) ترجمته في التاريخ الكبير (٦/ ٣٢٨)، الجرح والتعديل (٦/ ٢٣١)، سير أعلام النبلاء (٥/ ٣٠٠). (٣) سقطت كلمة "سليمان" من نسخة (ق)، وهو تحريف شنيع، وأثبتُّها من (ب، ح)، وروي الخبر مفصلًا في تاريخ الطبري (٤/ ٢٧٤). (٤) الجَرّ، بالفتح والتشديد: وهو في الأصل الجبل، وعين الجر: جبلٌ بالشام، من ناحية بَعْلَبَكّ. معجم البلدان (٢/ ١٢٤).

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