Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Ils retournent à leur vaste et profonde ignorance, tandis que le Très-Grand, le Doux et le Tout-Puissant leur accorde un délai sans précipiter Son châtiment. Il les fait patienter et lance déjà Ses menaces contre eux; puis, après leur avoir établi la preuve et adressé l’avertissement, Il les saisit d’une saisie puissante et Implacable. Ainsi, Il les transforma en exemple et en châtiment exemplaire, et en prédécesseurs (1) pour ceux des mécréants qui leur ressemblent, et un modèle pour ceux de Ses serviteurs croyants qui veulent en tirer leçon. Comme Il – le plus véridique des orateurs – le mentionne dans la sourate « Hâ-Mîm (1) et le Livre explicite » :

« En vérité, Nous avons envoyé Moïse avec Nos signes à Pharaon et à ses notables. Il leur dit : “Je suis le Messager du Seigneur de l’univers.” (43:46) Lorsqu’il leur apporta Nos signes, voilà qu’ils s’en moquaient. (43:47) Et Nous ne leur montrions pas un signe qui ne fût plus grand que le précédent. Nous les avons donc saisis par le châtiment afin qu’ils reviennent (sur leur faute). (43:48) Et ils dirent : “Ô magicien, invoque pour nous ton Seigneur en vertu de l’engagement qu’Il t’a donné, et nous suivrons sûrement la bonne voie.” (43:49) Puis, après que Nous eûmes écarté d’eux le châtiment, les voilà qui rompent leur promesse. (43:50) Et Pharaon proclama à son peuple, en disant : “Ô mon peuple, le royaume d’Égypte ne m’appartient-il pas ? Et ces fleuves ne coulent-ils pas sous mes pieds ? Ne voyez-vous donc pas ? (43:51) Ne suis-je pas meilleur que cet individu vil et à peine capable de s’exprimer ? (43:52) Pourquoi ne lui a-t-on pas jeté des bracelets d’or ? Ou pourquoi les anges ne l’ont-ils pas accompagné en groupe ?” (43:53) Ainsi Pharaon égara son peuple et ils lui obéirent, car c’étaient des gens pervers. (43:54) Puis, lorsque Notre colère fut excitée contre eux, Nous Nous sommes vengés d’eux et Nous les avons tous noyés. (43:55) Nous en avons fait des devanciers et un exemple pour la postérité. (43:56) » [Az-Zukhruf, 43 : 46-56].

Dieu – Exalté soit-Il – rappelle ici l’envoi de Son serviteur, le noble et honorable Moïse, à Pharaon, ce tyran ignoble et méprisable. Il rapporte qu’Il a soutenu Son Messager par des signes clairs et évidents qui méritaient d’être reçus avec honneur et de provoquer la foi, afin qu’ils délaissent leur mécréance et reviennent à la vérité et à la voie droite. Pourtant, ceux-ci n’y répondirent que par la dérision et la moquerie et s’employèrent à détourner les gens du chemin de Dieu et de la vérité. Dieu leur a donc envoyé des signes successifs, chacun étant plus grand que le précédent, car la confirmation devient plus explicite que ce qui la précède : « Nous les avons saisis par le châtiment afin qu’ils reviennent (sur leur faute). (43:48) Et ils dirent : “Ô magicien, invoque pour nous ton Seigneur en vertu de l’engagement qu’Il t’a donné, et nous suivrons sûrement la bonne voie.” »

À leur époque, le terme « magicien » ne constituait pas une insulte ni un reproche, car leurs savants d’alors étaient les magiciens. C’est ainsi qu’ils interpellèrent Moïse par ce titre, lorsqu’ils se trouvaient dans le besoin et recouraient à lui suppliants. Puis Dieu – Exalté soit-Il – dit : « Puis, après que Nous eûmes écarté d’eux le châtiment, les voilà qui rompent leur promesse. » (43:50)

Ensuite, Il relate la vantardise de Pharaon à propos de son royaume, de la grandeur de son pays et de la beauté de ses terres, agrémentées de fleuves dont il dirigeait le cours en creusant des canaux pour canaliser la crue du Nil. Pharaon se glorifiait aussi de sa propre personne et de ses ornements, tandis qu’il méprisait et rabaissait le Messager de Dieu, Moïse (que la paix soit sur lui), au motif que « son élocution était difficile » (43:52), en raison de la légère difficulté de langage qui, en réalité, était pour Moïse un honneur, une perfection et une beauté. Elle ne l’empêcha pas d’être Celui à qui Dieu parla directement, auquel Il révéla Sa parole et à qui Il fit ensuite descendre la Tora.

Pharaon – que Dieu le maudisse – dénigra aussi Moïse pour l’absence de bracelets ou d’ornements à ses bras (3), alors même que ce genre d’ornements est plutôt réservé aux femmes et ne convient pas à la dignité des hommes, et a fortiori aux Messagers d’une telle envergure.

(1) Dieu Tout-Puissant a dit dans la sourate Az-Zukhruf : 55-56 : « Lorsque ceux-là nous ont causé du regret, Nous avons pris vengeance sur eux et les avons tous noyés (55). Et Nous en avons fait des anciens et un exemple pour les derniers (56). » C’est-à-dire que Nous en avons fait des prédécesseurs afin que les derniers prennent exemple sur eux. (2) Dans le manuscrit : « jours ». (3) Dans le manuscrit : « et il n’y a pas d’ornement sur Moïse ».
يعودون إلى جهلهم العريض الطويل، هذا والعظيم الحليم القدير يُنظرهم ولا يُعَجّل عليهم، ويؤخِّرهم ويتقدَّم بالوعيد إليهم، ثم أخذهم بعد إقامة الحجة عليهم والإنذار إليهم أخْذَ عزيز مقتدر، فجعلهم عِبرةً ونَكالًا وسلفًا (١) لمن أشبههم من الكافرين، ومَثَلًا لمن اتّعظ بهم من عباده المؤمنين، كما قال (تعالى) -وهو أصدق القائلين- في سورة ﴿حم (١) وَالْكِتَابِ الْمُبِينِ﴾: ﴿وَلَقَدْ أَرْسَلْنَا مُوسَى بِآيَاتِنَا إِلَى فِرْعَوْنَ وَمَلَئِهِ فَقَالَ إِنِّي رَسُولُ رَبِّ الْعَالَمِينَ (٤٦) فَلَمَّا جَاءَهُمْ بِآيَاتِنَا إِذَا هُمْ مِنْهَا يَضْحَكُونَ (٤٧) وَمَا نُرِيهِمْ مِنْ آيَةٍ إِلَّا هِيَ أَكْبَرُ مِنْ أُخْتِهَا وَأَخَذْنَاهُمْ بِالْعَذَابِ لَعَلَّهُمْ يَرْجِعُونَ (٤٨) وَقَالُوا يَاأَيُّهَ السَّاحِرُ ادْعُ لَنَا رَبَّكَ بِمَا عَهِدَ عِنْدَكَ إِنَّنَا لَمُهْتَدُونَ (٤٩) فَلَمَّا كَشَفْنَا عَنْهُمُ الْعَذَابَ إِذَا هُمْ يَنْكُثُونَ (٥٠) وَنَادَى فِرْعَوْنُ فِي قَوْمِهِ قَالَ يَاقَوْمِ أَلَيْسَ لِي مُلْكُ مِصْرَ وَهَذِهِ الْأَنْهَارُ تَجْرِي مِنْ تَحْتِي أَفَلَا تُبْصِرُونَ (٥١) أَمْ أَنَا خَيْرٌ مِنْ هَذَا الَّذِي هُوَ مَهِينٌ وَلَا يَكَادُ يُبِينُ (٥٢) فَلَوْلَا أُلْقِيَ عَلَيْهِ أَسْوِرَةٌ مِنْ ذَهَبٍ أَوْ جَاءَ مَعَهُ الْمَلَائِكَةُ مُقْتَرِنِينَ (٥٣) فَاسْتَخَفَّ قَوْمَهُ فَأَطَاعُوهُ إِنَّهُمْ كَانُوا قَوْمًا فَاسِقِينَ (٥٤) فَلَمَّا آسَفُونَا انْتَقَمْنَا مِنْهُمْ فَأَغْرَقْنَاهُمْ أَجْمَعِينَ (٥٥) فَجَعَلْنَاهُمْ سَلَفًا وَمَثَلًا لِلْآخِرِينَ﴾ [الزخرف: ٤٦ - ٥٦] . يذكر تعالى إرسالَه عبده الكليم الكريم إلى فرعون الخسيس اللئيم، وأنّه تعالى أيّد رسولَه بآيات بيّنات واضحات تستحق أن تقابَل بالتعظيم والتصديق، وأن يرتدعوا عمّا هم فيه من الكفر ويرجعوا إلى الحقّ والصراط المستقيم، فإذا هم منها يضحكون وبها يستهزؤون، وعن سبيل الله يصدُّون، وعن الحق يصدّون، فأرسل الله عليهم الآيات تَتْرى يتبع بعضُها بعضًا، وكلّ آية أكبر من التي تتلوها، لأن التوكيد أبلغ مما قبله ﴿وَأَخَذْنَاهُمْ بِالْعَذَابِ لَعَلَّهُمْ يَرْجِعُونَ (٤٨) وَقَالُوا يَاأَيُّهَ السَّاحِرُ ادْعُ لَنَا رَبَّكَ بِمَا عَهِدَ عِنْدَكَ إِنَّنَا لَمُهْتَدُونَ﴾. لم يكن لفظ السّاحر في زمنهم نقصًا ولا عيبًا؛ لأن علماءهم في ذلك الوقت هم السَّحَرة، ولهذا خاطبوه به في حال احتياجهم إليه وضراعتهم لديه. قال الله تعالى: ﴿فَلَمَّا كَشَفْنَا عَنْهُمُ الْعَذَابَ إِذَا هُمْ يَنْكُثُونَ﴾. ثم أخبر تعالى عن تبجُّح فرعون بملكه وعظمة بلده وحسنها، وتخرُّق الأنهار فيها، وهي الخلجانات التي يكسرونها أمام (٢) زيادة النيل، ثمّ تبجّح بنفسه وحِلْيته، وأخذ يتنقّص رسولَ الله موسى (عليه السلام) ويزدريه بكونه ﴿وَلَا يَكَادُ يُبِينُ﴾ يعني: كلامه؛ بسبب ما كان في لسانه من بقيّة تلك اللثّغة التي هي شرف له وكمال وجمال، ولم تكن مانعَةً له، أن كلمه الله تعالى، وأوحى إليه، وأنزل بعد ذلك التوراة عليه، وتنقَّصه فرعون -لعنه الله- بكونه لا أساور في يديه ولا زينة عليه (٣) ، إنما ذلك من حلية النّساء لا يليق بشهامة الرجال فكيف بالرسل الذين
(١) قال الله تعالى في سورة الزخرف: ٥٥ - ٥٦: ﴿فَلَمَّا آسَفُونَا انْتَقَمْنَا مِنْهُمْ فَأَغْرَقْنَاهُمْ أَجْمَعِينَ (٥٥) فَجَعَلْنَاهُمْ سَلَفًا وَمَثَلًا لِلْآخِرِينَ﴾ أي: جعلناهم متقدمين ليتعظ بهم الآخِرون. (٢) في ب: أيام. (٣) في ب: ولا زينة على موسى.

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