Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Lorsque Khalid al-Qasri reçut al-Mughira et ses compagnons, on avait disposé pour lui un siège dans la mosquée. Il s’y assit, puis il ordonna qu’on amène l’un des compagnons d’al-Mughira, dont il fit aussitôt trancher la tête. Il dit alors à al-Mughira ibn Sa‘id : « Fais-le revivre. » En effet, al-Mughira prétendait ressusciter les morts. Celui-ci répondit : « Par Dieu – que Dieu te préserve – je ne ressuscite pas les morts. » Khalid répliqua : « Tu le ressusciteras ou je te ferai trancher la tête. » Al-Mughira répondit : « Par Dieu, je n’en suis pas capable. » Khalid ordonna alors d’apporter un tas de roseaux que l’on enflamma, puis il dit à al-Mughira : « Embrasse-les. » Il refusa, mais l’un de ses compagnons se précipita et les étreignit. Abou Bakr raconte : « Je vis alors le feu le dévorer tandis qu’il gesticulait avec son index. » Khalid déclara : « Par Dieu, celui-là est plus digne que toi de la chefferie. » Puis il fit exécuter les compagnons d’al-Mughira.

Al-Mada’ini raconte : « Un homme qui prétendait à la prophétie à Koufa fut amené devant Khalid ibn ‘Abdallah. On lui demanda : “Quel signe prouve ta prophétie ?” Il répondit : “Un Coran m’a été révélé.” On l’interrogea : “Et quel est ce texte ?” Il récita : “Nous t’avons certes accordé ‘al-jamahir’. Prie donc ton Seigneur sans élever la voix, et n’obéis à aucun mécréant ni aucun pécheur.” Khalid ordonna qu’on le crucifie. Tandis qu’on l’attachait, il proclama : “Nous t’avons certes accordé la poutre. Prie donc ton Seigneur sur cette poutre, et je te garantis que tu n’y reviendras point.” »

D’après al-Mubarrid, Khalid fit amener un jeune homme que l’on avait trouvé dans la demeure d’une famille. On l’accusa de vol ; il avoua, si bien que Khalid ordonna de lui couper la main. Alors s’avança une belle jeune femme qui déclara :

« Ô Khalid, assurément tu marches dans l’obscurité…
Et le pauvre amoureux chez nous n’est pas voleur.
Il a reconnu un délit qu’il n’a point commis,
Car il a trouvé préférable de perdre sa main
Plutôt que de subir la honte d’un amour révélé. »

Khalid convoqua le père de la jeune femme, la lui fit épouser et apporta pour le jeune homme une dot de dix mille dirhams.

Al-Asmâ‘î rapporte qu’un bédouin se présenta devant Khalid et lui dit : « Je t’ai composé deux vers de louange, mais je ne te les réciterai qu’en échange de dix mille dirhams et d’un serviteur. » Khalid répondit : « Soit. » Le bédouin récita alors :

« Tu es demeuré si attaché à “Oui” que l’on croirait
Que tu n’as jamais entendu autre chose que “Oui”.
Tu as tant rejeté “Non” qu’il semble que tu ne l’as point
Entendue depuis les âges anciens et révolus. »

Khalid ordonna de lui verser les dix mille dirhams et de lui accorder un serviteur pour les porter. Puis un autre bédouin entra et Khalid lui dit : « Demande ce que tu veux. » Il répondit : « Cent mille. » Khalid s’exclama : « C’est trop ! Réduis ta requête. »

(1) Dans (Q) : « ʿuthra » et dans (Ḥ) : « ʿizza », les deux étant des erreurs de copie, la lecture correcte est celle de (B). Cela signifie « il l’a posé maladroitement ». 'ʿAshwa' désigne une chose faite sans direction, on dit : « qui t’a posé maladroitement ? », et « je l’ai posé » signifie que je l’ai piétiné. Quant à « waṭʾa », c’est l’emplacement du pied. Ils disent dans le proverbe « awṭāhu al-ʿashwa » : quand une personne est soumise à une situation confuse qui l’égare, car celui qui marche dans l’obscurité foule ce qu’il ne peut voir, risquant de tomber dans un précipice ou de poser le pied sur un sommet. Voir Al-Fāʾiq de Al-Zamakhsharī (1/86) et Al-Lisān (sous l’entrée « waṭaʾ »). (2) Ce rapport et les deux vers se trouvent dans Tārīkh Dimashq (16/150) et dans Al-Muṣṭaraf d’Ibn Ḥujja al-Ḥamawī (1/453).
خالدًا القَسْريَّ حين أُتِيَ بالمغيرة وأصحابِه، وقد وُضع له سريرٌ في المسجد، فجلس عليه ثم أمر برجلٍ من أصحابه فضُربَتْ عُنقه، ثم قال للمغيرة بن سعيد: أحْيِه - وكان المغيرةُ يزعمُ أنَّهُ يُحْيي الموتى - فقال له: واللهِ - أصلحك الله - ما أحيي الموتى. قال: لتُحيينَّهُ أو لأضربن عنقك. قال: والله ما أقدِرُ على ذلك. ثم أمَرَ بِطنِّ قَصَبٍ فأضرموا فيه نارًا، ثم قال للمغيرة: اعتَنِقْهُ. فأبَى، فعدا رجلٌ من أصحابِهِ فاعتنَقَه، قال أبو بكر: فرأيتُ النارَ تأكلُهُ وهو يُثِيرُ بالسَّبَّابة. قال خالد: هذا واللهِ أحَقُّ بالرِّياسةِ منك. وقتلَ أصحابَه. وقال المدائني: أُتِي خالدُ بنُ عبدِ الله برجلٍ تنَبَّأ بالكوفة، فقيل له: ما علامةُ نُبُوَّتِك؟ قال: قد أُنْزِلَ عليَّ قرآن. قيل: ما هو؟ قال: إنَّا أعطيناكَ الجماهر، فصلِّ لرَبكَ ولا تُجَاهِرْ، ولا تُطِعْ كلَّ كافرٍ وفاجر. فأمَرَ به فصُلب، فقالَ وهو يُصْلَب: إنا أعطيناكَ العَمُود، فصل لِرَبِّكَ على عُود، فأنا ضامِنٌ لكَ ألَّا تَعُود. وقال المبرِّد: أُتِيَ خالدٌ بشابٍّ قد وُجد في دارِ قَوْم، وادُّعِيَ عليه السرقة، فسألَهُ، فاعترَف، فأمرَ بقطعِ يدِه، فتقدَّمَتْ حَسْناءُ فقالت: أخالدُ قد أُوطِئتَ واللهِ عَشْوَةً (١) … وما العاشقُ المسكينُ فينا بسَارِقِ أقرَّ بِما لم يَجْنِهِ غيرَ أنَّهُ … رأى القَطْعَ أولَى من فَضِيحِة عاشِق (٢) فأمر خالدٌ بإحضارِ أبيها، فزَوَّجَها من ذلك الغلام، وأمهَرها عنه عشرةَ آلافِ درهم. وقال الأصمعي: دخل أعرابيٌّ على خالدٍ فقال: إني قد مدَحْتُكَ ببيتَيْن، ولستُ أُنشِدُهما إلَّا بعشرةِ آلاف وخادِم. فقال: نعَمْ. فأنشأ يقول: لَزِمْتَ نَعَمْ حتى كأنَّكَ لم تَكُنْ … سمعتَ من الأشياءَ شيئًا سوى نَعَمْ وأنكرتَ لا حتى كأنَّكَ لم تكنْ … سمعتَ بها في سالفِ الدَّهْرِ والأُمَمْ قال: فأمرَ له بعشرةِ آلاف درهم وخادمٍ يَحمِلُها. قال: ودخل عليه أعرابيٌّ فقالَ له: سَلْ حاجَتَك. فقال: مئةَ ألف. فقال: أكثَرْتَ، حُطَّ منها.
(١) في (ق): "عثرة" وفي (ح): "عزة"، وكلاهما تصحيف، والمثبت من (ب)، ومعناه مِنْ أَوطأَه العَشوةَ وعَشْوةً: أي أَرْكَبَه على غير هُدىً. يقال: مَنْ أَوطاْكَ عَشْوةً؟ وأَوطَأْتُه الشيء فوَطِئَه. والوَطْأَةُ: موضع القَدَم. وقالوا في المثل "أوْطاتَه العَشْوة": إذا سامه أمرًا ملتبسًا يَغْترُّ به، لأن مَنْ وطِئَ الظلمةَ يطأُ ما لا يُبْصره، فربما تردَّى في هُوَّة أو وضع قدمه على هامَّة. الفائق للزمخشري (١/ ٨٦)، واللسان (وطأ). (٢) الخبر والبيتان في تاريخ دمشق (١٦/ ١٥٠) المستطرف لابن حجة الحموي (١/ ٤٥٣).

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