Dans cette même période, Ibrâhîm ibn Muḥammad ibn ʿAlî ibn ʿAbd Allâh ibn al-ʿAbbâs envoya Abû Hâshim Bakr ibn Mâhân en terre de Khorasan. Celui-ci rencontra un groupe d’habitants du Khorasan à Marw. Il leur lut la lettre qu’Ibrâhîm ibn Muḥammad, l’imâm, lui avait adressée ainsi qu’à eux, ainsi que son testament. Ils accueillirent ce message favorablement et lui confièrent ce qu’ils avaient comme provisions.
C’est à la fin de Dhu al-Qaʿda – et selon d’autres à la fin de Dhu al-Ḥijja, d’autres encore disent dix jours après son commencement, ou bien juste après la fête du sacrifice de ce même mois – que survint la mort du commandeur des croyants : Yazîd ibn al-Walîd ibn ʿAbd al-Malik ibn Marwân.
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Yazîd ibn al-Walîd ibn ʿAbd al-Malik ibn Marwân ibn al-Ḥakam ibn Abî al-ʿĀṣ ibn Umayya ibn ʿAbd Shams ibn ʿAbd Manâf ibn Quṣayy, surnommé Abû Khâlid al-Umawî, fut le commandeur des croyants. On lui prêta allégeance pour la première fois dans le village d’al-Mizza, l’un des villages de Damas. Puis il entra à Damas et en prit le contrôle, avant d’envoyer des armées contre son cousin al-Walîd ibn Yazîd ; il le tua et s’empara du califat à la fin de Jumâdâ al-Âkhira de cette même année. Il fut surnommé « an-Nâqiṣ » (le Réducteur) parce qu’il retrancha les parts supplémentaires que le peuple avait reçues de la part d’al-Walîd ibn Yazîd.
On raconte que c’est Marwân al-Ḥimâr qui l’affubla de ce surnom. Il disait : « An-Nâqiṣ est le fils d’al-Walîd. » Sa mère était Shâhfarand, fille de Fîrûz ibn Yazdajird ibn Kisrâ Kisrawayh.
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Quant à Ibn Jarîr (3), il rapporte que sa mère se nommait Shâh Âfrîd, fille de Fîrûz ibn Yazdajird ibn (Shîrawayh ibn) (4) Shahriyâr ibn Kisrâ. C’est à lui que l’on attribue la parole : « Je suis le fils de Kisrâ et mon père est Marwân ; César est mon aïeul, tout comme le Khâqân. » Il disait cela parce que son grand-père Fîrûz, par sa grand-mère maternelle, descendait de la fille de César, et la mère de Shîrawayh était la fille du Khâqân, roi des Turcs. Qutayba ibn Muslim les avait capturées, elle et sa sœur, puis les envoya à al-Ḥajjâj, lequel dépêcha celle-ci au calife al-Walîd et garda l’autre auprès de lui. Celle envoyée au calife mit au monde pour lui Yazîd an-Nâqiṣ, tandis que celle que conserva al-Ḥajjâj demeura en Irak. Yazîd naquit en l’an 90 de l’Hégire – ou selon une autre version en l’an 96. Al-Awzâʿî a rapporté de lui une question relative au s‐salam (contrat de vente à terme). Nous avons déjà évoqué la façon dont il assuma son pouvoir au cours de cette même année, ainsi que le fait qu’il avait la réputation d’être un souverain équitable, pieux, aimant le bien et détestant le mal, se préoccupant de la justice.
Le jour de la fête de la rupture du jeûne de cette année-là, il se rendit à la prière de l’Aïd dans une procession encadrée de deux rangées de cavaliers, épées dégainées à sa droite et à sa gauche. Puis il retourna du lieu de prière jusqu’à la citadelle (al-khaḍrāʾ) de la même manière. C’était un homme vertueux dont on disait, par exemple : « al-Ashajj. »