Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Lorsque la nouvelle de leurs agissements parvint à Yazid ibn al-Walid, celui-ci leur fit parvenir une lettre, transmise par Ya‘qoub ibn Hani’, dans laquelle il les invitait à instituer la consultation (choura) pour trancher leurs affaires. C’est alors que ‘Amr ibn Qays déclara : « Eh bien, si tel est le cas, nous sommes satisfaits de notre héritier, al-Hakam ibn al-Walid. » Mais Ya‘qoub le saisit par la barbe en répliquant : « Malheur à toi ! Si celui que tu appelles à gouverner n’était qu’un orphelin sous ta tutelle, il ne serait pas permis de lui confier ses biens, comment donc s’agirait-il de la direction de la communauté ?! »

À ces mots, les habitants de Homs s’emportèrent contre les émissaires de Yazid ibn al-Walid, les chassèrent et les expulsèrent de leur cité. Abou Muhammad al-Soufyani leur dit alors : « Si j’arrive à Damas, pas deux d’entre eux ne s’opposeront à moi. » Ils partirent donc en sa compagnie, en direction de Damas, et ils le désignèrent comme leur chef. C’est alors que Souleiman ibn Hisham vint à leur rencontre avec une puissante armée préparée par Yazid ibn al-Walid. Ce dernier avait également dépêché ‘Abd al-‘Aziz ibn al-Hajjaj à la tête de trois mille hommes pour se poster près du col de al-‘Uqab (1), tandis que Hisham ibn Misad al-Mizzi, à la tête de mille cinq cents hommes, devait occuper la passe d’as-Salamiyya (2).

Les troupes de Homs se mirent en marche, laissant sur leur gauche l’armée de Souleiman ibn Hisham et la dépassant. Lorsque Souleiman apprit leur manœuvre, il se lança à leur poursuite et les rattrapa à as-Souleimaniya (3), où ils prirent position en plaçant l’oliveraie à leur droite, la montagne à leur gauche et les Jabab derrière eux, ne laissant qu’une seule issue par laquelle ils pouvaient être attaqués. Là, ils s’engagèrent dans un violent combat à proximité du pont, faisant de nombreuses victimes dans les deux camps. Pendant que les affrontements se poursuivaient, ‘Abd al-‘Aziz ibn al-Hajjaj survint avec ses hommes, chargea les troupes de Homs et traversa leurs rangs jusqu’à atteindre la colline située au centre. La défaite s’ensuivit : les hommes de Homs prirent la fuite et se dispersèrent, tandis que leurs poursuivants en tuaient et capturaient un grand nombre. Ils finirent par demander grâce en promettant de prêter serment d’allégeance à Yazid ibn al-Walid.

Un groupe d’entre eux fut fait prisonnier, parmi lesquels Abou Muhammad al-Soufyani et Yazid ibn Khalid ibn Yazid ibn Mou‘awiya. Puis Souleiman et ‘Abd al-‘Aziz se rendirent à ‘Adhraa’ avec leurs armées et la noblesse, ainsi que les notables de Homs faits prisonniers, de même que ceux qui s’étaient rendus sans être capturés, après qu’environ trois cents d’entre eux eurent été tués. Ils amenèrent ces prisonniers auprès de Yazid ibn al-Walid, qui les accueillit avec bienveillance, leur pardonna et distribua de multiples gratifications, en particulier aux notables. Il leur confia le gouverneur de leur choix, Mou‘awiya ibn Yazid ibn al-Housayn, et ils s’en trouvèrent satisfaits. Ils restèrent alors auprès de lui à Damas, l’écoutant et lui obéissant sans résistance.

(1) Thaniyyat al-‘Uqāb : avec un dhamma, c'est un col en surplomb sur la Ghouta de Damas, que traverse celui qui se rend de Damas à Homs. On dit qu'il a été nommé Thaniyyat al-‘Uqāb à cause d’un rapace (ʿuqāb) qui y avait son nid avec ses petits. Khalid ibn al-Walid partit de l’Irak jusqu’à y arriver, puis y fit halte un moment en déployant sa bannière, qui était celle du Messager de Dieu ﷺ. Voir Mu‘jam al-Buldan (2/85). Parmi le peuple aujourd’hui, il est connu sous le nom de « Ṭulūʿ al-Tanāyā ». (2) Salmiyya : avec une fatḥa sur la première et la deuxième lettres, un sukūn sur le mīm, et un yā’ doublé sous forme légère, ainsi que présenté par al-Mutanabbī dans son poème. C’est un petit village dans la région de al-Bariyya, dans la province de Hama, à deux jours de marche, et elle faisait partie des territoires d’Homs. Les habitants du Sham prononcent Salmiyya avec une fatḥa sur les première et deuxième lettres, un kasra sur le mīm, et un yā’ de nisba. Voir Mu‘jam al-Buldan (3/240, 241). Dans une copie, on trouve « Maqbatu al-Salāma ». (3) Al-Sulaymāniyya : une ferme appartenant à Sulaymān ibn ‘Abd al-Malik, située derrière ‘Adhrā de Damas à environ quatorze milles. Voir Tārīkh al-Ṭabarī (4/253), dont le récit est détaillé.
يزيدَ بنِ حُصين، فلما أنتهى خبَرُهم إلى يزيدَ بنِ الوليد كتب إليهم كتابًا مع يعقوب بن هانئ، ومضمونُ الكتاب أن يدعو إلى أن يكونَ الأمرُ شُورَى، فقال عمرو بن قيس: فإذا كان الأمرُ كذلك، فقد رَضِيتا بوليِّ عهدِنا الحكمِ بنِ الوليد، فأخذ يعقوبُ بلِحْيَته وقال: ويحك! لو كان هذا الذي تدعو إليه يتيمًا تحتَ حجرِك لم يَحِلَّ لك أن تدفعَ إليه مالَهُ، فكيف أمرُ الأمَّة؟! فوثَبَ أهلُ حمص على رُسلِ يزيدَ بنِ الوليد فطرَدُوهُمْ عنهم، وأخرجوهم من بين أظْهرِهم، وقال لهم أبو محمد السُّفياني: لو قَدِمتُ دمشق لم يختلف عليَّ عنهمُ اثنان، فركبوا معه وساروا نحو دمشق، وقد أمَّروا عليهم السفياني، فتلقَّاهم سليمانُ بن هشام في جيشٍ كثيف، قد جَهَّزَهم معَه يزيدُ بن الوليد، وجهز أيضًا عبدَ العزيزِ بن الحجاج في ثلاثةِ آلاف يكونون عندَ ثنيَّةِ العُقَابِ (١) وجهز هشام بن مصَاد المِزِّى في ألفٍ وخمسِ مئة، ليكونوا على عَقَبَةِ السَّلَميَّة (٢) ، فخرج أهلُ حمصَ فساروا وتركوا جيشَ سليمان بن هشام ذاتَ اليسار وتعَدَّوْه، فلما سمع بهم سُليمانُ ساقَ في طلَبِهم، فلَحِقَهُمْ عند السُّلَيمانية (٣) ، فجعلوا الزيتون عن أيمانِهم، والجبلَ عن شمائِلهم، والجباب من خلفِهم، ولم يبقَ تخلُّصٌ إليهم إلا من جهةٍ واحدة، فاقتتلوا هنالك في قبالةِ الجِسر قتالًا شديدًا، فقُتل طائفة كبيرةَ من الفريقَيْن، فبينما هم كذلك إذْ جاء عبدُ العزيز بنُ الحجاج بمن معه، فحمل على أهلِ حِمص فاخترق جيشَهُم حتى ركب التلَّ الذي في وسطِهم، وكانتِ الهزيمة، فهرب أهلُ حِمص وتفرَّقوا، فاتَّبَعَهُمُ الناسُ يقتلونَ ويأسِرون، ثم تنادَوْا بالكفِّ عنهم على أنْ يُبَايعوا ليزيدَ بنِ الوليد. وأسروا منهم جماعةً، عنهم أبو محمد السفياني، ويزيد بن خالد بن يزيد بن معاوية، ثم ارتحلَ سليمانُ وعبدُ العزيز فنَزلا عَذراء، ومعهمُ الجيوشُ وأشرافُ الناس وأشرافُ أهلِ حمص من الأسارَى، ومنِ استجابَ من غيرِ أسْر، بعدَما قُتل منهم ثلاث مئة نفس، فدخلوا بهم على يزيدَ ينِ الوليد فأقبل عليهم، وأحسن إليهم وصفَحَ عهم، وأطلق الأُعطياتِ لهم، لا سيما لأشرافِهم، وولَّى عليهم الذي اختاروه، وهو معاويةُ بن يزيدَ بنِ الحُصَين، وطابَتْ عليه أنفسُهم، وأقاموا عندَهُ في دمشق، سامِعين مُطيعين له.
(١) ثَنيَّةُ العُقَاب: بالضم، وهي ثنيةٌ مشرفةٌ على غوطةِ دِمشق، يَطَؤها القاصدُ من دمشقَ إلى حمص. ويقال: إنما سُمِّيتْ ثنية العُقاب بعُقَابٍ من الطير كان ساقطًا عليها بعُشِّهِ وفراخِه. سار خالد بن الوليد من العراق حتى أتى إليها، فوقف عليها ساعةً ناشرًا رايته وهي رايةٌ كانتْ لرسولِ الله ﷺ . معجم البلدان (٢/ ٨٥). وتُعرف عند العامَّةِ اليوم بـ "طلوع التنايا". (٢) سَلَمْيَة: بفتح أوله وثانيه وسكون الميم وياء مثناة من تحت خفيفة، كذا جاء به المتنبي في شعره، وهي بُليدة في ناحية البرية من أعمال حماة بينهما مسيرة يومين، وكانت تُعدُّ من أعمال حمص. وأهلُ الشام يقولون: سَلَميَّة - بفتِح أوله وثانيه وكسر الميم وياء النسبة. معجم البلدان (٣/ ٢٤٠، ٢٤١). وفي نسخة "مقبة السلامة". (٣) السُّليمانية: مزرعة كانت لسليمان بن عبد الملك خلف عذراء من دمشق على أربعة عشر ميلا. تاريخ الطبري (٤/ ٢٥٣)، والخبر فيه مفصلًا.

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