Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

La succession (khilâfa) de Yazîd ibn al-Walîd ibn ‘Abd al-Malik ibn Marwân (1), que l’on surnomme « an-Nâqiṣ » (l’amoindrisseur), doit ce nom au fait qu’il retrancha aux gens une part de leurs soldes que leur avait accordée al-Walîd ibn Yazîd, soit dix (dirhams ou dîners) supplémentaires, les ramenant ainsi à ce qu’ils percevaient durant le règne de Hishâm. On rapporte que le premier à l’avoir affublé de ce surnom fut Marwân ibn Muḥammad. On lui prêta allégeance pour la charge de calife après l’assassinat d’al-Walîd ibn Yazîd, dans la nuit du vendredi, à deux nuits de la fin de Jumâdâ al-Ākhira de cette année, c’est-à-dire l’an 126 de l’Hégire. Avant cela, il possédait de la piété et de la rectitude.

La première mesure qu’il entreprit fut de diminuer la solde de l’armée de ce que leur avait ajouté al-Walîd, soit dix par an. C’est pourquoi il fut surnommé an-Nâqiṣ. On dit dans le proverbe : « al-Ashajj et an-Nâqiṣ furent les plus équitables des califes de Banû Marwân », faisant référence à ‘Umar ibn ‘Abd al-‘Azîz (appelé al-Ashajj) et à Yazîd (appelé an-Nâqiṣ). Cependant, son règne ne fut pas long : il mourut à la fin de cette même année, et les affaires se troublèrent, les discordes se répandirent, et l’unité de Banû Marwân se fissura. Sulaymân ibn Hishâm, qui était détenu dans la prison d’al-Walîd à ‘Umân, s’empara de ses biens et de ses réserves, puis se rendit à Damas, où il se mit à médire d’al-Walîd, le maudire et l’accuser de mécréance. Yazîd l’honora, lui restitua les biens qu’al-Walîd lui avait confisqués et épousa la sœur de Sulaymân, Umm Hishâm bint Hishâm.

Les habitants de Ḥimṣ se rendirent à la demeure d’al-‘Abbâs ibn al-Walîd qui se trouvait chez eux et la détruisirent ; ils emprisonnèrent sa famille et ses fils, tandis que lui s’enfuyait de Ḥimṣ et rejoignait Yazîd ibn al-Walîd à Damas. Les gens de Ḥimṣ réclamaient vengeance pour la mort d’al-Walîd ibn Yazîd, fermèrent les portes de la ville et organisèrent des lamentations et des pleurs en sa mémoire. Ils écrivirent aux différentes armées afin de réclamer réparation de son sang, et une partie importante d’entre elles leur répondirent favorablement. Ils convinrent que le calife serait al-Ḥakam ibn al-Walîd ibn Yazîd, pour qui l’on avait déjà pris l’engagement. Ils destituèrent leur gouverneur, Marwân ibn ‘Abd Allâh ibn ‘Abd al-Malik ibn Marwân, puis le tuèrent, lui et son fils, et ils mirent à leur tête Mu‘âwiya ibn

(1) Sa biographie se trouve dans le « Tārīkh Khalīfa » (p. 368), le « Tārīkh al-Yaʿqūbī » (3/74), le « Tārīkh al-Ṭabarī » aux événements de l'année (126), le « al-Kāmil fī al-Tārīkh » d'Ibn al-Athīr, le « Tārīkh Ibn Khaldūn » (3/106), « al-Nujūm al-Zāhira » (1/126), et le « Tārīkh al-Khamīs » (2/321-322). (2) Il en est de même dans les « Uṣūl » (principes), où le comparatif de supériorité est ajouté de la même manière qu'on ajoute un complément, par exemple : on dit « il est le meilleur des deux hommes », « le meilleur du groupe », et on dit aussi « c’est l’homme le meilleur », « ce sont les deux hommes les meilleurs », « ce sont les hommes les meilleurs ». Le sens ici est d’attribuer la supériorité aux hommes, qu’ils soient un, deux ou plusieurs. Il existe deux sens : le premier est que cette supériorité est ajoutée à ce qu’elle complète dans la qualité, et ils en sont participants ; le second est qu’on la considère en absolu avec cette supériorité, puis elle est liée pour marquer la comparaison par rapport à ce qui est complément, mais seulement pour la spécification, comme on ajoute « mā » sans comparaison, par exemple dans « al-naqṣu wa al-ashajju aʿdalā banī Marwān » (les déficients et les épineux sont plus justes parmi les Banū Marwān). Ce serait comme dire « justes des Banū Marwān », donc dans le premier sens, on peut unifier la forme à la fois au duel et au pluriel, tandis que dans le second, on ne peut que dualiser, pluraliser et féminiser. Ces deux interprétations se rencontrent dans le verset : « Ne dois-je pas vous informer de ceux que je préfère parmi vous et qui sont les plus proches de moi le jour du Jugement ? Ce sont les meilleurs d’entre vous par leur bonne conduite, ceux qui marchent humblement et s’affectent mutuellement » (fin). Extrait de « al-Mufaṣṣal fī Ṣanʿat al-Iʿrāb » d’al-Zamakhsharī, p. 120.
خلافةُ يَزيدَ بنِ الوليد بنِ عبدِ الملك بن مَرْوان (١) وهو الملقَّبُ بالنَّاقِصِ لِنَقْصِهِ الناسَ من أُعطياتِهم ما كان زادَهُ الوليدُ بن يزيد في أُعْطياتِهم وهي عشرة عشرة، ورَدِّهِ إياهم إلى ما كانوا عليه في زَمَنِ هشام. ويقال: إن أوَّلَ منْ لَقَّبَهُ بذلك مروانُ بن محمد. بُويع له بالخِلافة بعدَ مقتَلِ الوليدِ بنِ يزيد، وذلك ليلةَ الجمعة لِلَيْلتَيْنِ بَقِيتَا من جُمادَى الآخرة من هذه السنة، أعني سنةَ ستٍّ وعشرين ومئة. وكان فيه صلاحٌ ووَرَعٌ قبل ذلك، فأولُ ما عَمِلَ انَتَقصَ من أرزاق الجُنْد ما كان الوليدُ زادَهُمْ وذلك في كلِّ سنةٍ عشرةً عشرةً، فسُمِّيَ الناقصَ لذلك، ويقال في المثل: الأشجُّ والناقِصُ أعْدَلا (٢) خلفاءِ بني مروان، يعني عمرَ بنَ عبدِ العزيز، وهذا، ولكنْ لم تَطُلْ أيامُه، فإنه تُوفِّيَ من آخِرِ هذه السنة، واضطرَبَتْ عليه الأمور، وانتشرَتِ الفِتَن، واختلفَتْ كلمةُ بني مروان، فنهض سليمانُ بن هشام وكان معتَقَلًا في سِجْنِ الوليد بعُمان، فاستحوزَ على أموالِها وحَوَاصلِها، وأقبلَ إلى دمشق، فجعل يَلْعنُ الوليدَ ويَعيبُه، ويَرْميهِ بالكُفْر، فأكرَمَهُ يزيدُ وردَّ عليه أموالَهُ التي كان أخذها منه الوليد، وتزوَّج يزيدُ أختَ سليمان، وهي أُمُّ هشام بنتُ هشام. ونهض أهلُ حمصَ إلى دارِ العباسِ بن الوليد التي عندَهم فهدموها، وحبسوا أهلَهُ وبَنيه، وهربَ هو من حمصَ، فلَحِقَ بيزيدَ بنِ الوليد إلى دمشق، وأظهر أهلُ حمْصَ الأخذَ بدَمِ الوليدِ بنِ يزيد، وأغلقوا أبوابَ البلد، وأقاموا النوائحَ والبواكي على الوليد، وكاتبوا الأجنادَ في طلَبِ الأخذِ بالثأر، فأجابَهم إلى ذلك طائفةٌ كبيرةٌ منهم على أن يكونَ الحكَمُ بنُ الوليد بن يزيد الذي أُخذ له العهد هو الخليفةَ، وخلعوا نائبَهم وهو مروانُ بنُ عبد الله بن عبد الملك بن مروان، ثم قتلوهُ وقتلوا ابنَه. وأمَّروا عليهم معاويةَ بنِ
(١) ترجمته في تاريخ خليفة (٣٦٨)، تاريخ اليعقوبي (٣/ ٧٤)، تاريخ الطبري حوادث سنة (١٢٦)، الكامل في التاريخ لابن الأثير، تاريخ ابن خلدون (٣/ ١٠٦)، النجوم الزاهرة (١/ ١٢٦)، تاريخ الخميس (٢/ ٣٢١، ٣٢٢). (٢) كذا في الأصول، وأفعل التفضيل يضاف إلى نحو ما يضاف إليه، أي تقول: هو أفضل الرجلين، وأفضل القوم، وتقول: هو أفضل رجل، وهما أفضل رجلين، وهم أفضل رجال، والمعنى في هذا إثبات الفضل على الرجال إذا فضلوا رجلًا رجلا واثنين اثنين وجماعةً جماعةً. وله معنيان: أحدُهما أنْ يُرادَ أنه زائدٌ على المضاف إليهم في الخصلة، هو وهم فيها شركاء، والثاني أن يؤخذ مطلِقًا له الزيادةَ فيها إطلاقًا، ثم يضاف لا للتفضيل على المضاف إليهم، لكنْ لمُجرَّدِ التخصيص، كما يُضاف ما لا تفضيلَ فيه، وذلك نحو قولك: الناقصُ والأشجُّ أعْدَلا بني مروان. كأنك قلت: عادِلا بني مروان، فأنت على الأول يجوزُ لك توحيدُه في التثنية والجمع، وعلى الثاني ليس لك إلّا أن تثنيه وتجمعه وتؤنثه. وقد اجتمع الوجهان في قوله (عليه السلام) : "ألا أخبركم بأحبِّكم إلي وأقربكم مني مجالس يومَ القيامة أحاسنُكم أخلاقًا الموطؤون أكنافًا الذين يألفون ويؤلفون". اهـ المفصل في صنعة الإعراب للزمخشري ص (١٢٠).

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