Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Et la tribu de Kalb vint alors à leur secours avec chevaux et équipements, casques et cuirasses, puis les bras. Honorez donc ces vivants, défenseurs de la Sunna (1), eux qui protégèrent ses sanctuaires de toute attaque de mécréant. Puis arrivèrent Shaybân et al-Azd en grand nombre, ainsi que ‘Abs et Lakhm, tantôt pour défendre tantôt pour secourir, suivis de Ghassân, des deux clans Ḥayyân, de Qays et de Taghlib, tandis que tout hésitant et tout indifférent se détourna. Ils ne furent au matin que les maîtres de ce royaume, après avoir repris la situation en main contre tout rebelle et tout insoumis (2).

Yazîd ibn al-Walîd envoya alors ‘Abd al-Raḥmân ibn Maṣâd, à la tête de deux cents cavaliers, à Qaṭanâ (Qatana) pour qu’ils ramènent ‘Abd al-Malik ibn Muḥammad ibn al-Ḥajjâj, le vice-gouverneur de Damas, avec la garantie de sa sécurité. Celui-ci s’était retranché dans un palais de la région. Ils entrèrent auprès de lui et découvrirent deux jarres (3), chacune contenant trente mille dinars. Quand ils passèrent par al-Mazza, les compagnons d’ibn Maṣâd déclarèrent : «Prends cet argent, il vaut mieux que Yazîd ibn al-Walîd !» Mais il répondit : «Non, par Dieu, je ne veux pas que les Arabes rapportent que j’ai été le premier à trahir.» Ils l’amenèrent ensuite à Yazîd ibn al-Walîd, qui utilisa cet argent pour lever une force d’environ deux mille cavaliers afin de combattre. Il l’envoya, avec son frère ‘Abd al-‘Azîz ibn al-Walîd ibn ‘Abd al-Malik, à la poursuite d’al-Walîd ibn Yazîd pour le capturer.

L’un des affranchis d’al-Walîd enfourcha un cheval rapide et le poussa jusqu’à rejoindre son maître au cours de la nuit, si bien que la monture mourut d’épuisement. Il l’informa de la situation, mais al-Walîd ne le crut pas et ordonna qu’on le batte. Lorsque des nouvelles concordantes lui parvinrent, certains de ses compagnons lui conseillèrent de quitter sa résidence pour Ḥimṣ (Homs), ville fortifiée. L’homme appelé al-Abrash, Sa‘îd ibn al-Walîd al-Kalbî, lui proposa de se réfugier chez son peuple à Tadmur (Palmyre), mais il refusa toute proposition. Au contraire, il partit avec les deux cents cavaliers qui l’accompagnaient pour se diriger vers les troupes de Yazîd. Ils se heurtèrent en chemin à son convoi et s’en emparèrent.

Al-Walîd arriva ensuite et s’installa dans la forteresse d’al-Bakhra’ (4), qui appartenait autrefois à an-Nu‘mân ibn Bashîr (5). L’émissaire d’al-‘Abbâs ibn al-Walîd — l’un de ses partisans — lui fit savoir qu’il viendrait le rejoindre. Al-Walîd ordonna qu’on lui sortît son trône, s’y assit et s’exclama : «Les hommes oseraient-ils m’assaillir tandis que je me jette sur les lions et que je noue les vipères à ma ceinture ?!»

Puis ‘Abd al-‘Azîz ibn al-Walîd arriva avec les hommes qui lui restaient ; seuls huit cents sur les deux mille cavaliers avaient pu le suivre. Face à face, ils livrèrent un violent combat, au cours duquel plusieurs compagnons d’al-‘Abbâs furent tués. Leurs têtes furent apportées à al-Walîd. Or, al-‘Abbâs ibn al-Walîd était venu soutenir al-Walîd ibn Yazîd, mais son frère ‘Abd al-‘Azîz l’envoya chercher de force et le contraignit à prêter allégeance à son autre frère, Yazîd ibn al-Walîd. Tous se liguèrent alors contre al-Walîd ibn Yazîd. En voyant cette union se former, les gens abandonnèrent al-Walîd pour rallier leurs rangs, si bien qu’il se retrouva dans la détresse et presque sans partisans, contraint de se réfugier dans la forteresse. Ils vinrent donc l’y assiéger de tous côtés.

Al-Walîd s’approcha de la porte de la forteresse et s’écria : «Qu’un homme noble vienne me parler !» Yazîd ibn ‘Anbasa lui répondit alors.

(1) Dans (B, H) : « Ansar Sayyid ». (2) Les versets et le récit dans l’Histoire de Ṭabarī (4/241). (3) Dans (B, Q) : « Kharjīn », confirmé dans (H). (4) Al-Bukhra : terre en al-Shām, nommée ainsi en raison de la corruption de sa terre et de sa puanteur. Voir Maʿajim Mā Istaʿjam (1/230). (5) Dans (B, H) : « celui qui appartenait à Ḍaḥḥāk ibn Qays ».
وكلبٌ فجاؤوهم بخيلٍ وعُدَّةٍ … من البيضِ والأبدانِ ثم السواعِدِ فأكْرِمْ بها أحياءَ أنصار سنَّةٍ (١) هُمُ مَنَعُوا حُرْماتِها كُلَّ جاحِدِ وجاءَتْهُمُ شيبانُ والأزْدُ شُرَّعًا … وَعَبْسٌ وَلَخْمٌ بينَ حامٍ وذائدِ وغَسَّانُ والحيَّانِ قيسٌ وتَغْلبٌ … وأحْجمَ عنها كلُّ وانٍ وزاهِدِ فما أصبحوا إلَّا وهُمْ أهلُ مُلْكِها … قدِ استَوْثَقُوا من كُلِّ عاتٍ ومارِدِ (٢) وبعث يزيدُ بن الوليد عبدَ الرحمنِ بن مصَاد في مئتي فارس إلى قَطَنا، ليأتُوهُ بعبدِ الملك بن محمد بن الحجَّاج نائبِ دمشق، وله الأمان، وكان قد تحصَّنَ في قصرٍ هناك، فدخلوا عليه، فوجدوا عنده جرَّتَيْن (٣) ، في كلِّ واحدةٍ منهما ثلاثون ألفَ دينار، فلما مرُّوا بالمزَّة قال أصحابُ ابنِ مصَاد خُذْ هذا المالَ فهو خيرٌ من يزيدَ بنِ الوليد. فقال: لا والله لا تُحدِّثُ العرب أنِّي أوَّلُ مَنْ خان. ثم أتَوْا بهِ يزيدَ بنِ الوليد، فاستخدَمَ من ذلك المال جندًا للقتال قريبًا من ألفَيْ فارس، وبعثَ بهِ مع أخيه عبدِ العزيز بنِ الوليد بن عبد الملك خَلْفَ الوليدِ بن يزيد ليأتوا به، وركب بعضُ موالي الوليد فرسًا سابقًا، فساق به حتى انتهى إلى مولاهُ من الليل، وقد نَفَقَ الفرسُ من السَّوْق، فأخبرَهُ الخبر، فلم يُصدِّقْهُ وأمرَ بضَرْبِه، ثم تواترتْ عليه الأخبار، فأشارَ عليه بعضُ أصحابِهِ أن يتحوَّلَ من مَنْزلهِ ذاكَ إلى حِمص، فإنها حَصينة، وقال الأبرش سعيدُ بن الوليد الكلبي: انزِلْ على قومي بتَدْمُر. فأبَى أن يقبَلَ شيئًا من ذلك، بل ركب بمَنْ معهُ وهو في مئتي فارس، وقصد أصحابَ يزيد، فالتقَوْا بِثَقَلِهِ في أثناءِ الطريقِ فأخذوه، وجاء الوليدُ فنزَلَ حِصْنَ البَخْراء (٤) الذي كان للنعمانِ بن بَشير (٥) ، وجاءه رسولُ العباسِ بنِ الوليد أنِّي آتيك - كان من أنصاره - فأمر الوليدُ بإبرازِ سريرِه، فجلس عليه وقال: أعلى يتوثَّبُ الرِّجال وأنا أثِبُ على الأسدِ وأتخصَّرُ الأفاعي؟! وقَدِمَ عبدُ العزيزِ بن الوليد بمَنْ معه، وإنما كان قد خَلَصَ معه من الألفَيْ فارس ثمانُ مئةِ فارس، فتصافُّوا فاقتتلوا قتالًا شديدًا، فقُتل من أصحاب العباس جماعةٌ حُملتْ رؤوسُهم إلى الوليد، وقد كان جاء العباسُ بن الوليد لِنُصْرَةِ الوليدِ بن يزيد، فبعث إليه أخوهُ عبدَ العزيز، فجيء به قهرًا حتى بايع لأخيه يزيدَ بنِ الوليد، واجتمعوا على حرب الوليد بن يزيد، فلما رأى الناسُ اجتماعَهم فرُّوا من الوليد إليهم، وبقي الوليدُ في ذُلٍّ وقُلٍّ من الناس، فلجأ إلى الحِصْن، فجاؤوا إليه وأحاطوا بهِ من كلِّ جانبٍ يحاصرونَه، فدَنَا الوليدُ من باب الحِصْن فنادَى: لِيُكَلِّمْني رجلٌ شريف. فكلَّمَهُ يزيدُ بن عَنْبَسَة
(١) في (ب، ح): "أنصار سيد". (٢) الأبيات والخبر في تاريخ الطبري (٤/ ٢٤١). (٣) في (ب، ق): "خرجين" والمثبت من (ح). (٤) البخراء: أرض بالشام، سميت بذلك لعفونةٍ في تربتها ونَتْنها. معجم ما استعجم (١/ ٢٣٠). (٥) في (ب، ح): "الذي كان للضحاك بن قيس".

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