Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Nous avons déjà abordé, dans le « Tafsîr » (1), ce qui a été rapporté à son sujet en termes d’ahadith et d’avis. Le propos, ici, est que cette calamité a dévoré toute leur verdure, ne leur laissant ni cultures, ni fruits, ni « sabad » (3), ni « labad » (3).

Quant aux « qummal » (4), Ibn ‘Abbâs a déclaré qu’il s’agissait des vers (ou charançons) qui sortent du blé. Il a également rapporté qu’il s’agissait des petites sauterelles dépourvues d’ailes, propos retenu par Mujâhid, ‘Ikrima et Qatâda. Sa‘îd ibn Jubayr et Al-Hasan affirmaient, de leur côté, qu’il s’agissait de petits insectes noirs. D’après ‘Abd Ar-Rahmân ibn Zayd ibn Aslam, ce sont les puces. Ibn Jarîr (5) a rapporté, de la part de linguistes arabes, qu’il s’agit des « hamnân », c’est-à-dire de petites tiques légèrement plus grandes que la « qamqâma ». Elles envahirent leurs maisons et leurs lits, au point qu’ils ne pouvaient plus trouver ni repos ni même fermer l’œil. ‘Atâ’ ibn As-Sâ’ib les a identifiées à ces poux bien connus, et Al-Hasan Al-Basrî a également lu ce terme avec allègement de la prononciation.

Pour ce qui est des grenouilles, leur nombre était si considérable qu’elles tombaient dans leurs aliments (6) et dans leurs récipients. Si l’un d’eux ouvrait la bouche pour manger ou boire, il lui arrivait qu’une grenouille y tombe aussitôt.

Quant au sang, il avait imprégné toute leur eau (7). Ainsi, dès qu’ils puisaient de l’eau du Nil, ils la trouvaient transformée en sang pur et frais (8). Et il en allait de même pour tout ce qu’ils prenaient à la rivière, au puits ou ailleurs : cela devenait du sang sur-le-champ.

Au milieu de tout cela, les fils d’Israël ne furent nullement touchés, pas même en partie. Cela constitue l’une des preuves les plus éclatantes du miracle manifeste et du signe irréfutable : car tout cela advint sous l’effet de l’action de Moïse (– paix sur lui –), frappant la totalité des Égyptiens et n’atteignant aucun des fils d’Israël. Dans tout cela réside la preuve la plus évidente.

Muḥammad ibn Isḥāq a dit : « Après que les magiciens eurent cru, l’ennemi de Dieu, Pharaon, s’en retourna vaincu, en pleine déroute. Pourtant, il persista à demeurer dans l’impiété et s’obstina dans le mal. Alors Dieu le poursuivit par des signes successifs et l’éprouva (9) par des années de disette, puis Il lui envoya le déluge, ensuite les sauterelles, puis les “qummal”, puis les grenouilles et enfin le sang ; autant de signes manifestes. »

(1) Tafsir Ibn Kathir (tome 2, pp. 240‑242). (2) Dans la version Tasâq. Estaf : il détruisit. (3) As-Sabad : ce qui sort au sommet des plantes avant de se répandre, et as-sabad : la bourre, et il a été dit : les poils. Les Arabes disent : « il n’a ni sabad ni labad », c’est-à-dire : il n’a ni poils ni laine serrée, utilisé pour désigner les chameaux et les moutons. Il a aussi été dit : cela signifie qu’il a peu ou beaucoup. Lisan al-‘Arab (Sabad). (4) Son exégèse (tome 9, p. 22), où sont rassemblés différents avis sur l’interprétation des poux. (5) Al-Qurad est au début, c’est un petit insecte presque invisible à cause de sa petite taille, appelé alors qummāqmā, puis il devient ḥamnānah, puis qurād, puis ḥulmah. Lisan al-‘Arab (Ḥamn). (6) Le pluriel de ṭa‘ām : aṭ‘imah, et le pluriel de al-jam‘ : aṭ‘imāt. (7) Dans la version Tasâq : « Tout leur mélange est avec lui ». (8) Dam ‘Abīṭ : humide, frais. (9) C’est ainsi dans la version tas. Dans les versions a et b : fawākhidhahu. Ibn Manzur dit : « ākhidhahu », comme « akhdhahu ». Dans al-Tanzil : « وَلوْ يُؤاخِذُ اللّهُ النّاسَ بِما كَسَبُوا » (Et si Allah retenait aux hommes ce qu’ils ont acquis). Le langage commun dit : wākhdhahu. Lisan al-‘Arab (Akhadha).
وقد تكلّمنا على ما ورد فيه من الأحاديث والآراء في "التفسير" (١) والمقصود أنه استاف (٢) خضراءهم فلم يترك لهم زروعًا ولا ثمارًا ولا سَبَدًا (٣) ولا لَبَدًا. وأما القُمَّل (٤) : فعن ابن عباس: هو السوس الذي يخرج من الحنطة. وعنه: أنّه الجرادُ الصغار الذي لا أجنحة له. وبه قال مجاهد وعكرمة وقتادة. وقال سعيد بن جبير، والحسن: هو دوابٌّ سودٌ صغار. وقال عبد الرحمن بن زيد بن أسلم: هي البراغيث. وحكى ابن جَرير (٥) عن أهل العربية أنها الحَمْنان، وهو صغار القِرْدان، فوق القَمْقَامة، فدخل معهم البيوت والفُرش، فلم يَقِرَّ لهم قرارٌ، ولم يُمكنْهم معه الغمض ولا العيش. وفسَّره عطاء بن السائب بهذا القَمْل المعروف. وقرأها الحسن البصري كذلك بالتخفيف. وأمَّا الضفادع: فمعروفة، لبستهم حتى كانت تسقط في أطعماتهم (٦) وأوانيهم، حتى إن أحدهم إذا فتح فمه لطعامٍ أو شرابٍ سقطت في فيه ضفدعة من تلك الضفادع. وأمّا الدم: فكان قد مَزج ماءهم كلّه (٧) ، فلا يستَقُون من النيل شيئًا إلا وجدوه دمًا عَبِيطًا (٨) ، ولا من نهرٍ ولا بئرٍ ولا شيء إلا كان دمًا في الساعة الراهنة. هذا كله، ولم ينل بني إسرائيل من ذلك شيء بالكلّية. وهذا من تمام المعجزة الباهرة والحجّة القاطعة، أن هذا كلّه يحصل لهم من فعل موسى (عليه السلام) ، فينالهم عن آخرهم ولا يحصل هذا لأحدٍ من بني إسرائيل، وفي هذا أدل دليل. قال محمد بن إسحاق: فَرَجع عدوُّ الله فرعونُ حين آمنت السّحرة مغلوبًا مفلولًا، ثمّ أبى إلا الإقامة على الكفر والتمادي في الشر، فتابع الله عليه بالآيات، فأخذه (٩) بالسنين، فأرسل عليه الطوفان، ثُمَّ الجراد، ثم القُمَّل، ثُمَّ الضفادع، ثمّ الدم، آيات مفصلات.
(١) تفسير ابن كثير (٢/ ٢٤٠ - ٢٤٢). (٢) في ط استاق. واستاف: أهلك. (٣) السبد: ما يطلع من رؤوس النبات قبل أن ينتشر، والسبد: الوبر، وقيل: الشعر. والعرب تقول: ماله سَبَد ولا لَبَد؛ أي: ماله وبر ولا صوف متلبد، يكنى بهما عن الإبل والغنم. وقيل: أي ماله قليل ولا كثير. اللسان (سبد). (٤) تفسيره (٩/ ٢٢)، وقد أورد مختلف الأراء في تفسير القمل. (٥) القُراد أول ما يكون وهو صغير لا يكاد يرى من صِغره يقال له: قمقامة، ثم يصير حمنانة، ثم قرادًا، ثم حلمة. اللسان (حمن). (٦) جمع طعام: أطعمة، وجمع الجمع: أطعمات. (٧) في ط: مُزج ماؤهم كله به. (٨) دم عبيط: طري. (٩) كذا في ط. وفي أ وب: فواخذه. قال ابن منظور: آخذه، كأخذه. وفي التنزيل: ﴿وَلَوْ يُؤَاخِذُ اللَّهُ النَّاسَ بِمَا كَسَبُوا﴾. والعامة تقول: واخَذَه. اللسان (أخذ).

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