Il naquit et se proclama calife en l’an quatre-vingt-sept, et son autorité ne cessa de se renforcer jusqu’à son décès en cette même année—d’autres assurent qu’il mourut l’année précédente, d’autres encore l’année suivante—à l’âge de soixante-trois ans. Il comptait parmi les hommes les plus beaux. Il désigna après lui son fils Ibrâhîm pour lui succéder, mais le pouvoir ne fut finalement établi qu’en faveur de son fils As-Saffâh, lequel s’empara du pouvoir des Banû Umayya en l’an cent trente-deux, comme nous le verrons plus en détail.
Quant à Yahyâ ibn Zayd (1) ibn ‘Alî ibn al-Husayn ibn ‘Alî ibn Abî Tâlib, lorsque son père Zayd fut tué en l’an cent vingt-et-un, il demeura caché au Khurâsân auprès de al-Harîsh ibn ‘Amr ibn Dâwûd à Balkh, jusqu’à la mort de Hishâm. Alors, Yûsuf ibn ‘Umar écrivit à Nasr ibn Sayyâr pour l’informer de l’affaire de Yahyâ ibn Zayd. Nasr ibn Sayyâr envoya une missive à son lieutenant de Balkh par l’intermédiaire de ‘Aqîl ibn Ma‘qal al-‘Ijlî, qui convoqua al-Harîsh et le punit de six cents coups de fouet afin de lui faire avouer la cachette de Yahyâ, mais il ne parla pas. Puis les fils d’al-Harîsh vinrent et révélèrent sa cachette, si bien qu’on l’emprisonna. Nasr ibn Sayyâr écrivit alors à Yûsuf à ce sujet, et celui-ci informa à son tour al-Walîd ibn Yazîd de l’affaire. Al-Walîd écrivit à Nasr ibn Sayyâr pour accorder à Yahyâ la sûreté et le faire sortir de prison, lui et ses compagnons, puis leur fournir ce dont ils avaient besoin pour voyager. Nasr les libéra et leur fournit de quoi partir, et ils se mirent en route vers Damas. En chemin, toutefois, Nasr suspecta Yahyâ de trahison et lui envoya une armée de dix mille hommes. Yahyâ ibn Zayd, avec seulement soixante-dix hommes, les mit en déroute, tua leur chef et leur prit un butin considérable. Mais une autre armée arriva ensuite, le tua, lui coupa la tête et massacra tous ses compagnons.
[Ensuite arriva l’année cent vingt-six]
Cette année-là, al-Walîd ibn Yazîd ibn ‘Abd al-Malik fut assassiné. Voici sa biographie (2) : Il s’agit d’al-Walîd ibn Yazîd ibn ‘Abd al-Malik ibn Marwân ibn al-Hakam ibn al-‘Âs ibn Umayya ibn ‘Abd Shams, Abû al-‘Abbâs al-Umawî al-Dimachqî, commandeur des croyants. Il fut désigné calife après son oncle Hishâm ibn ‘Abd al-Malik l’année précédente, selon la recommandation de son père, comme nous l’avons déjà mentionné. Sa mère était Umm al-Hajjâj, fille de Muhammad ibn Yûsuf al-Thaqafî. On rapporte qu’il naquit en l’an quatre-vingt-dix, ou quatre-vingt-douze, ou encore quatre-vingt-sept. Il fut tué un jeudi, deux nuits avant la fin de Jumâdâ al-Âkhira de l’an cent vingt-six. Son assassinat, alors qu’il était calife, provoqua une immense discorde parmi les gens. Il ne fut tué qu’en raison de sa dépravation, et certains disent même de son impiété. L’imam Ahmad a dit : « Nous raconta Abû al-Mughîra, qui raconta : Ibn ‘Ayâsh me raconta, d’après al-Awzâ‘î et d’autres… »