Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

La succession au califat d’al-Walid ibn Yazid ibn ‘Abd al-Malik

(1)
Al-Waqidi et al-Mada’ini relatent : « On lui prêta serment d’allégeance au califat le jour du décès de son oncle, Hisham ibn ‘Abd al-Malik, un mercredi, six jours après Rabi‘ al-Akhir de l’année 125. »

Hisham ibn al-Kalbi ajoute : « On lui prêta serment d’allégeance un samedi du mois de Rabi‘ al-Akhir. Il avait alors trente-quatre ans. La raison de son investiture est que son père, Yazid ibn ‘Abd al-Malik, avait disposé que le pouvoir reviendrait, après lui, à son frère Hisham, puis, après celui-ci, à son fils al-Walid. Lorsque Hisham accéda au pouvoir, il honora son neveu al-Walid, jusqu’à ce que l’on découvre qu’il s’adonnait à l’alcool en mauvaise compagnie, au sein de cercles de débauche. Hisham voulut alors mettre un terme à ces agissements : il nomma al-Walid responsable du pèlerinage en l’an 116, mais celui-ci emporta subrepticement avec lui ses chiens de chasse, à l’insu de son oncle. On raconte même qu’il les cacha dans des caisses. L’une de ces caisses tomba et laissa s’échapper un chien, dont on entendit le bruit ; l’équipage en imputa la faute au chamelier, qui fut alors puni.

(2)
On raconte aussi qu’al-Walid fit construire un pavillon à l’échelle de la Ka‘ba, avec l’intention de l’ériger au-dessus de celle-ci pour s’y installer avec ses compagnons. Il emporta également du vin, [des instruments de divertissement], et d’autres choses répréhensibles. Cependant, arrivé à ‘Akka, il craignit de réaliser son intention de s’asseoir sur la toiture de la Ka‘ba, redoutant la réaction du peuple et leur désapprobation. Quand son oncle constata qu’il persistait dans sa conduite déplorable et ses actes répréhensibles, il résolut de le destituer du califat – ah, s’il l’avait fait ! – et de nommer à sa place Maslama ibn Hisham. Un certain nombre de dignitaires, parmi les oncles maternels d’al-Walid, des gens de Médine et d’ailleurs, approuvèrent cette décision – si seulement elle avait pu se concrétiser ! – mais elle n’aboutit pas. Un jour, Hisham dit à al-Walid : « Malheur à toi ! Par Dieu, je ne sais si tu appartiens encore à l’islam ou non, car tu n’as laissé rien parmi les interdits sans t’y adonner, et ce, sans même dissimuler tes actes. »

Alors al-Walid ibn Yazid lui écrivit ces vers :
« Ô toi qui t’enquiers de notre religion… Ma religion est celle de mon père, Shakir.
Nous la buvons pure ou bien mêlée, tantôt chaude, tantôt tiède. »

(1) Sa biographie se trouve dans Taʾrīkh al-Yaʿqūbī (2/331), Taʾrīkh al-Ṭabarī (4/222), Murūj al-Dhahab (2/145), al-Aghānī (7/951), al-Kāmil d’Ibn al-Athīr (5/264), Siyar Aʿlām al-Nubalāʾ (5/370), Taʾrīkh al-Islām (5/173, 179), Taʾrīkh Ibn Khaldūn (3/106), al-Wuzarāʾ wa al-Kuttāb, p. 68, Taʾrīkh al-Khamīs (3/320), Khizānat al-Adab (1/328). Voir également sa biographie dans cet ouvrage, plus loin p. 216, en tête des événements de l'année 126, où est relatée la nouvelle de son assassinat. (2) Dans (B, Ḥ) : « wa-l-khulāṭāʾ » sans le mot « al-sūʾ », alors que c’est attesté dans (Q).
خلافة الوليد بن يزيد بن عبد الملك (١) قال الواقدي والمدائني: بُويع له بالخلافةِ يومَ ماتَ عمُّهُ هشام بن عبد الملك يوم الأربعاء لستٍّ خلَوْنَ من ربيعِ الآخر سنهَّ خمسٍ وعشرينَ ومئة. وقال هشام بن الكلبي: بُويع له يومَ السبت في ربيع الآخر، وكان عُمرُه إذْ ذاكَ أربعًا وثلاثين سنة، وكان سببُ ولايتِهِ أنَّ أباه يَزيد بن عبد الملك كان قد جعلَ الأمرَ من بعدِهِ لأخيه هشام، ثم من بعدِهِ لولَدِهِ الوليد هذا، فلمَّا وَليَ هشامٌ أكرمَ ابنَ أخيه الوليد حتى ظهرَ عليه أمرُ الشرابِ وخُلَطَاءِ السَّوْء (٢) ، ومجالسِ اللَّهْو، فأراد هشامٌ أن يقطعَ ذلك عنه، فأمَّره على الحجِّ سنةَ ستَّ عشرةَ ومئة، فأخذَ معهُ كلابَ الصَّيد خُفْيةً من عمِّه، حتى يُقال إنه جعلَها في صناديق، فسقطَ منها صندون فيه كلب، فسُمع صَوْت، فأحالوا ذلك على الجمَّال فضُرب على ذلك. قالوا: واصطنَعَ الوليدُ قُبَّةً على قَدْر الكعية، ومن عزمه أن ينصبَها فوقها، ويجلس هو وأصحابُه هنالك، واستصحَبَ معه الخمورَ [وآلاتِ الملاهي] وغيرَ ذلك عن المنكرات، فلما وصل إلى عكة هابَ أنْ يفعلَ ما كان قد عزمَ عليه عن الجلوسِ فوقَ ظهرِ الكعبة خوفًا من الناس ومن إنكارِهم عليه ذلك؛ فلما تحقَّق عمُّهُ ذلك منه نهاهُ مِرارًا فلم ينتهِ، واستمرَّ على حاله القبيحة، وعلى فعلهِ الرَّديء، فعزَم عمُّه على خَلْعِهِ مغ الخِلافة - [وليتَهُ فعَل] - وأن يولِّيَ بعدَه مَسْلمة بن هشام، وأجابَهُ إلى ذلك جماعةٌ من الأمراء، ومنْ أخوالهِ، وعن أهلِ المدينة ومن غيرِهم - وليتَ ذلك تمَّ - ولكنْ لم ينتظِمْ حتى قال هشامٌ يومًا للوليد: ويحك! واللهِ ما أدري أعَلى الإسلام أنتَ أم لا؟ فإنك لم تدعْ شيئًا عن المنكراتِ إلَّا أتَيْتَه، غيرَ مُتحاشٍ ولا مُستَتِر. فكتبَ إليه الوليدُ بن يزيد: يا أيُّها السائلُ عن دِيننا … ديني على دينِ أبي شاكِرِ نشْرَبُها صِرْفًا وممزوجةً … بالسُّخْنِ أحيانًا وبالفاترِ
(١) ترجمته في تاريخ اليعقوبي (٢/ ٣٣١)، تاريخ الطبري (٤/ ٢٢٢)، مروج الذهب (٢/ ١٤٥)، الأغاني (٧/ ٩٥١)، الكامل لابن الأثير (٥/ ٢٦٤)، سير أعلام النبلاء (٥/ ٣٧٠)، تاريخ الإسلام (٥/ ١٧٣، ١٧٩)، تاريخ ابن خلدون (٣/ ١٠٦)، الوزراء والكتاب ص (٦٨)، تاريخ الخميس (٣/ ٣٢٠)، خزانة الأدب (١/ ٣٢٨). وانظر ترجمته في هذا الكتاب ما سيأتي ص (٢١٦) في مطلع حوادث سنة ست وعشرين ومئة، وفيها نبأ مقتله. (٢) في (ب، ح): "والخلطاء" من غير كلمة "السوء"، والمثبت من (ق).

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